13e Congrès de l'Encéphale : félicitations aux lauréats !

Prix du congrès

À la recherche d'un marqueur physiologique de l'autisme :intérêt de l'eye-tracking et de la pupillométrie

M. Bon-Saint-Come

BON-SAINT-COME M.(1)(2), AGUILLON-HERNANDEZ N.(3), LEMAIRE M.(3)(1), BARTHELEMY C.(3), ELIAN J.C.(4), MALVY J.(1), SABY A.(1), HOUY-DURAND E.(1), BONNET-BRILHAULT F.(3)(1), MARTINEAU J.(3)

(1) Centre de Pédopsychiatrie, CHRU de Tours, TOURS, FRANCE; (2) Groupe de Recherche sur l'Analyse Multimodale de la Fonction Cérébrale, Gramfc U 1105, CHU, Université de Picardie Jules Verne, AMIENS, FRANCE; (3) UMR Inserm U930-Université François Rabelais de Tours, TOURS, FRANCE; (4) Centre Pédiatrique Paris Nord, SARCELLES, FRANCE

Les Troubles du Spectre Autistique (TSA) sont des troubles neurodéveloppementaux sévères, marqués par des difficultés importantes dans les interactions sociales et la communication, souvent diagnostiqués avant trois ans. De nombreuses études confirment le manque de réciprocité sociale et émotionnelle, associé à des particularités de perception et de traitement cognitif des visages (Falck-Ytter et von Hofsten, 2011) et du mouvement (Gepner et al., 2004). Ces déficits fonctionnels sont attestés dans différents champs d’étude, en imagerie fonctionnelle, en potentiels évoqués et en eye-tracking. Ces dernières études, toujours plus nombreuses, montrent que le comportement exploratoire oculaire est atypique, avec un temps de fixation sur les yeux nettement inférieur chez les personnes atteintes de TSA comparés aux personnes de développement typique. Il existe également un déficit de réactivité pupillaire avec un diamètre basal inférieur et une diminution de réactivité phasique (Martineau et al., 2011). Nous avons évalué l’exploration visuelle sociale et la réactivité pupillaire en conditions plus écologiques via l’aspect dynamique facial, encore peu étudié. Nous avons présenté des photos et des vidéos de visages émotionnels à 44 enfants TSA âgés de 3 à 12 ans et à 88 enfants témoins appariés. Aucun sujet n’était sous traitement affectant la réactivité pupillaire.

Nos résultats confirment des fixations visuelles moins longues sur les régions d’intérêt (yeux, bouche) et appuient notre hypothèse d’un déficit d’attention visuelle que le mouvement corrige partiellement pour la perception des stimuli sociaux. Si le réflexe photomoteur présente une réactivité similaire dans les deux groupes, le diamètre basal inférieur des pupilles des enfants TSA témoigne d’un plus faible niveau d’activité tonique du système Locus Coeruleus-Norepinéphrine (LC-NE). La dilatation pupillaire aux stimuli présentés reste elle-aussi inférieure chez les TSA, quelle que soit l’émotion, suggérant également une faible activité phasique du système LC-NE. L’étude du comportement oculaire et des variations pupillaires ouvre des nouvelles perspectives pour le diagnostic de l’autisme.

 

Prix du Comité Scientifique

Comment augmenter la motivation pour arrêter de fumer chez les patients suivis dans les services de santé mentale : évaluation du programme « Journée parenthèse » (24 heures sans cigarettes) en ambulatoire

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KEIZER I.(1), WAHL C.(2), CROQUETTE P.(1), KHAN A.N.(1), SENTISSI EL IDRISSI O.(1)

(1) HUG Hôpitaux universitaires de Genève / Département de santé mentale et psychiatrie, GENÈVE, SUISSE; (2) CIPRET-Genève / Centre d'information et de prévention du tabagisme, GENÈVE, SUISSE

Introduction : Ces dernières années une prise de conscience se fait jour par rapport aux méfaits du tabagisme, mais l’arrêt de la cigarette reste particulièrement compliqué pour les patients psychiatriques. Les résultats probants du programme de sensibilisation et d’incitation à l’arrêt proposé depuis 2010 dans les unités hospitalières du service de psychiatrie générale nous ont conduits à l’étendre dans les unités ambulatoires et de consultations.

Méthode : Le programme « Journée parenthèses » consiste en 24h d’abstinence tabagique avec une participation active des patients induisant une expérience positive. Cette intervention groupale multimodale inclut, outre des séances de discussion et d’information sur le tabagisme, des mesures du monoxyde expiré, de l’exercice physique/détente (bains thermaux, marche, tai chi) et des substituts nicotiniques.

Evaluation : la participation au programme est facultative. L’évaluation s’effectue en «pré» (1 semaine avant), «pendant», «post» (à 1 semaine) et «suivi» (à 6 mois).

Résultats : Depuis 2012, 10 «Journées parenthèse» ont été proposées en ambulatoire. Sur 57 participants, l’âge moyen est 43 ans, 40% hommes, 33% troubles psychotiques et 53% troubles de l’humeur. Consommation tabagique : moy 21 cig/jour, la plupart (65%) stade précontemplation. Pendant la journée parenthèse, 35% réussissent l’abstinence tabagique pendant 9h et 65% pendant 24 heures. Diminution significative des affects négatifs (anxiété-STAI: p=.002 et dépression-BDI: p=.03) et augmentation du bien-être (WHO-5: p=.002). Après le programme: 37% précontemplatifs (p=.005), augmentation du sentiment d’autoefficacité pour s’abstenir de fumer (p<.004). Indice de satisfaction élevé : moy 7/8.

Discussion : Paradoxalement, pendant une journée d’abstinence tabagique proposée à des fumeurs avec des problèmes de santé mentale, cette expérience se révèle hautement positive sur le plan du vécu et de l’humeur. La fréquentation du centre cantonal de tabacologie facilite le recours ultérieur à ce service et favorise l’intégration des patients psychiatriques dans un dispositif non psychiatrique.

 

Prix Poster

Sécuriser la prise en charge médicamenteuse : mise en place d'une collaboration étroite clinicien-pharmacien en service de psychiatrie adulte

M. Perin-Dureau

PERIN-DUREAU M., MOULSMA A., GODET P.F.

CHS St Cyr au Mont d'Or, ST CYR AU MONT D'OR, FRANCE

Contexte : Suite à un Evènement Iatrogène Grave (EIG) au sein de notre établissement, il a été nécessaire de mettre en place une nouvelle organisation dans le parcours médicamenteux. L’analyse pharmaceutique habituelle s’est révélée insuffisante. Il a été décidé de renforcer la mise en commun des compétences complémentaires entre cliniciens et pharmacien. Nous avons eu pour objectifs de sécuriser les prescriptions.

Méthode : Mise en place d’une revue pluridisciplinaire des ordonnances pour les patients hospitalisés, sous la forme d’une réunion commune de 90 minutes par semaine avec l’ensemble des prescripteurs de l’unité et du pharmacien hospitalier. Le médecin référent expose l’anamnèse clinique et médicamenteuse, puis les objectifs cliniques attendus et l’évaluation de la réponse initiale. Les autres praticiens apportent une coopération concernant les schémas thérapeutiques de potentialisation. Le pharmacien répond aux questions pharmacocinétiques et pharmacodynamiques soulevées, et repère les interactions médicamenteuses.

Résultats : 847 ordonnances ont été analysées du 10/09/13 au 28/08/14 au sein du pôle 69G28. Aucun EIG concernant les psychotropes n’a été déclaré. Un EIG lié aux anticoagulants a été repéré, et suivi de la mise en place d’un fonctionnement similaire par les somaticiens. Ce travail pluridisciplinaire régulier a renforcé la synergie entre les professionnels. Les différents participants acquièrent un raisonnement commun concernant    l’utilisation des psychotropes.

Discussion : Cette organisation est pilote au sein de l’établissement, il en ressort une faisabilité et une satisfaction des participants. L’impact de cette action sur l’amélioration des pratiques professionnelles ne pourra être évalué que progressivement. Cette organisation nécessite une volonté forte de collaboration entre praticiens. Sur notre établissement, ce type de travail pluridisciplinaire se développe progressivement sur l’ensemble des pôles.

Conclusion : Afin d’améliorer la sécurité de l’utilisation des médicaments, il est indispensable de renforcer le travail de collaboration pluri-professionnelle. L’organisation mise en place au sein du pôle permet une coopération effective entre les différents partenaires et enrichit l’équipe par la complémentarité de chacun.

 

Prix de l'Institut de psychiatrie de la Fondation Pierre Deniker

PRIX ORGANISATION

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Conscience Visuelle et Psychiatrie
Delphine PINS

PRIX RECHERCHE TRANSLATIONNELLE

Applying optogenetics to deep-brain stimulation therapy?
Bill GODSIL

PRIX RECHERCHE CLINIQUE

Les enfants avec autisme regardent-ils spontanément un écran présentant un visage ou un objet ?
Marie GUIMARD-BRUNAULT