Analyse pharmaceutique des prescriptions en psychiatrie : étude de pertinence

Auteurs

Longuefosse J-L.1, Rhodes P.1, Foucher B.1

1 Centre Hospitalier Maurice Despinoy, Le Lamentin MARTINIQUE

Résumé

Introduction

Dans le cadre de la sécurisation de la prise en charge médicamenteuse des patients, les pharmaciens assurent depuis 5 ans l'analyse exhaustive des prescriptions de l'établissement. Au cours de la validation, chaque intervention pharmaceutique (IP) est enregistrée sur le site Act-IP créé par la SFPC. Nous avons intégré cet outil à notre analyse pharmaceutique en avril 2017. L'objectif de cette étude est d'identifier les principaux problèmes de prescription et de mesurer la pertinence et l'impact des interventions pharmaceutiques.

Méthodologie

Une étude rétrospective a été réalisée sur cinq mois, d'avril à septembre 2017, afin de faire un bilan des IP saisies par les pharmaciens sur le site Act-IP. Dans cet outil, les items suivants sont enregistrés : nom du patient, service, nom du médecin, date de l'IP, médicament concerné, type de problème, classe, devenir de l'IP. Les réponses des prescripteurs ont permis de définit les pourcentages d'IP acceptées, refusées et non renseignées.

Résultats

Un total de 9455 lignes de prescription ont été analysées avec en moyenne 9.8 lignes par ordonnances. 27% des 965 ordonnances ont fait l'objet d'une IP, soit en moyenne une intervention pharmaceutique pour 36 lignes de prescription. Les problèmes rencontrés concernent des interactions médicamenteuses (41%), des surdosages (34%), des non-conformités aux référentiels (10%), des sous-dosages (9%), des médicaments non indiqués (3%), des voies d'administration inappropriées (2%), des indications non traitées (1%). 79% des médicaments concernés sont des psychotropes, principalement des neuroleptiques (90%) dont 74% de neuroleptiques conventionnels. Le taux moyen d'acceptation des interventions pharmaceutiques est de 34%. Ce taux faible s'explique par le peu de retour des prescripteurs sur 38% des IP concernant la surveillance cardiaque recommandée en cas d'association de médicaments torsadogènes (13% d'acceptation). Si l'on exclut ce type d'intervention, le taux moyen d'acceptation passe à 46%, avec une meilleure pertinence clinique de nos interventions. La cotation de l'impact clinique des IP a mis en évidence 1.5% d'IP d'impact vital, 8.4% d'impact majeur, 78% d'impact moyen. Les 3/4 des IP ont un impact économique favorable.

Conclusion

La mise en place d'un suivi des interventions pharmaceutiques permet de mettre en lumière les médicaments les plus impliqués pour les différents types d'intervention, de répertorier les IP ayant eu le moins d'impact auprès des prescripteurs. Une revue régulière des IP permettra d'optimiser la pertinence des futures interventions et de valoriser notre activité de pharmacie clinique auprès du corps médical.

Le poster

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