Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Étude du traitement inférentiel de l'information visuelle dans la schizophrénie

Mis à jour le mardi 14 août 2018

Auteurs

M. Eck1, P. Leptourgos1,  S. Deneve1,  R. Jardri1

1 CHRU Lille, Lille FRANCE

Résumé

Introduction

La perception visuelle n’est pas la simple copie des caractéristiques physiques de l’objet qui nous est présenté, mais le résultat d’un traitement inférentiel inconscient. C’est l’inférence, qui en combinant les connaissances a priori aux informations sensorielles, créerait le percept final. Sur la base de cette idée, le modèle computationnel des inférences circulaires propose d’aborder les symptômes positifs de la schizophrénie comme étant le résultat d’inférences aberrantes. L’objectif de ce travail était d’étudier expérimentalement comment patients (SCZ) et sujets sains (CTL) combinaient les informations sensorielles d’une part et les connaissances a priori d’autre part au moyen d’une tâche probabiliste sensorielle pure : le cube de Necker. Le cube de Necker est une figure ambiguë et bistable qui n’admet que deux interprétations possibles : interprétation droite et gauche.

Méthode

Nous avons présenté au groupe SCZ (n = 8) et au groupe CTL (n = 8) plusieurs cubes indicés graphiquement par une méthode d’ombrage afin d’évaluer l’effet de la modulation des informations sensorielles sur la perception. La procédure expérimentale consistait en la présentation successive de 3 cubes : présentation ambiguë (absence d’indiçage graphique), gauche et droite (indiçages graphiques gauche et droite, respectivement). Les participants indiquaient la perception en cours (i.e., interprétation droite ou gauche) par une méthode de choix forcée. Le critère de jugement principal était la prédominance relative (PR) d’une interprétation sur l’autre. Compte tenu de la distribution du critère de jugement, la PR des participants au sein de chaque groupe et pour chaque présentation graphique du cube a été comparée via des tests de Kruskal-Wallis.

Résultats

Au sein du groupe CTL, une différence significative a été retrouvée entre la PR obtenue aux 3 présentations graphiques du cube (p = 0,0007), suggérant une nette influence de l’indiçage graphique chez les sujets CTL. Aucune différence significative n’a été retrouvée au sein du groupe SCZ (p = 0,443). Conclusion. Ces résultats, quoique préliminaires, soulignent l’intérêt de l’utilisation du cube de Necker dans l’étude du traitement inférentiel de l’information visuelle, et semblent confirmer l’hypothèse d’inférences aberrantes dans la schizophrénie. Ce travail s’inscrit dans le cadre plus large des neurosciences computationnelles et son objectif ultime est la validation expérimentale du modèle de l’Inférence circulaire tel que proposé par Jardri & Denève (2013). A ce stade, nos premiers résultats expérimentaux semblent être conformes aux prédictions du modèle

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Étude du traitement inférentiel de l'information visuelle dans la schizophrénie

 

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