Intérêts de l'échelle d'auto-évaluation des symptômes négatifs: la SNS

Auteurs

Delouche C.1, Rotharmel M.2, Mach C.1, Morello R.1, Guillin O.2, Dollfus S.1

1 CHU de Caen, Caen FRANCE
2 CH du Rouvray, Rouen FRANCE

Résumé

Introduction

L’intrication fréquente des symptômes négatifs avec d’autres dimensions telles que la dépression, rend leur évaluation clinique difficile. L’objectif principal de l’étude était la poursuite des explorations concernant l’échelle SNS (Self evaluation of negative symptoms) avec l’établissement d’un cut-off à partir duquel on pourrait évoquer l’existence de symptômes négatifs pathologiques relevant de la schizophrénie. Les objectifs secondaires étaient de mettre en évidence des différences de scores totaux et pour chacune des cinq dimensions de la SNS, entre les patients souffrant de schizophrénie et les patients souffrant de dépression.

Matériel et méthodes

Nous avons comparé les résultats obtenus à l’échelle SNS dans trois groupes: un de patients souffrant de schizophrénie (DSM-5), un de patients souffrant de dépression (DSM-5), et un de témoins sains. Les critères d’exclusion étaient : être mineur, consommer du cannabis, et pour le groupe témoin : présenter des symptômes dépressifs. Puis l'évaluation des paramètres diagnostiques a été faite après la recherche d'un cut-off, en utilisant une courbe Receiver Operating Characteristic (ROC).

Résultats

Au total, 109 patients souffrant de schizophrénie (SCZ) et 50 patients souffrant de dépression, ont été évalués avec la SNS et une échelle d’évaluation des symptômes dépressifs : la Calgary Depression Scale for Schizophrenia (CDSS), et 99 témoins ont été évalués avec la SNS. Le seuil de significativité retrouvé en comparant les scores totaux obtenus à la SNS dans le groupe SCZ par rapport aux résultats obtenus dans le groupe témoins, se situait entre 8 et 9, avec une sensibilité de 81,7% et une spécificité de 90.9%. Concernant les scores obtenus à chaque dimension, ceux-ci étaient significativement plus élevés dans le groupe de patients dépressifs par rapport au groupe SCZ, excepté pour la dimension « diminution du ressenti émotionnel », où la différence n’était pas significative. L’analyse factorielle a révélé que cette dimension était indépendante des autres dimensions négatives de l’échelle seulement dans le groupe SCZ. Pour l’échelle CDSS, les moyennes des scores totaux obtenus dans le groupe SCZ, étaient significativement  plus basses que les moyennes obtenues par les patients souffrant de dépression, de plus, dans le groupe SCZ, les scores totaux étaient tous <7.

Conclusion

Ce travail sur l’échelle SNS nous a permis d’évoquer l’existence de symptômes négatifs chez des patients présentant un score total supérieur ou égal à 9, avec des paramètres de performance satisfaisants. Nous avons également observé que les patients souffrant de schizophrénie, ne présentaient pas de dépression associée, ceci nous a permis de montrer que le niveau de sévérité des symptômes négatifs n’était pas dû à la présence de symptômes dépressifs. Enfin, ce travail nous a permis de confirmer l’existence d’une dimension plus spécifique à la schizophrénie : la diminution du ressenti émotionnel.

Le poster

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