Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Exposition aux antidépresseurs in utero et risque de troubles du spectre autistique : revue de la littérature et méta-analyse

Sélectionné dans JAMA Pediatrics par Florence GRESSIER

Mis à jour le jeudi 15 février 2018

Auteurs : Mezzacappa A, Lasica PA, Gianfagna F, Cazas O, Hardy P, Falissard B, Sutter-Dallay AL, Gressier F
Référence : JAMA Pediatr. 2017 Apr 17 [Epub ahead of print]
Date de publication : Avril 2017
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Le commentaire de Florence GRESSIER

Plusieurs études récentes ont suggéré un lien entre l’exposition aux antidépresseurs in utero et le risque de troubles du spectre autistique (TSA) chez l’enfant.

Nous avons réalisé une revue de la littérature ainsi qu’une meta-analyse des études publiées pour évaluer l'association entre TSA et exposition fœtale aux antidépresseurs (AD) pendant la grossesse, pour chaque trimestre de grossesse, mais également concernant l’exposition en période pré-conceptionnelle.

Notre revue systématique de la littérature et nos méta-analyses suggèrent une association significative entre le risque accru de TSA et l'utilisation maternelle d'antidépresseurs pendant la grossesse. Les résultats étaient globalement similaires, quelque soit le trimestre.

L’association était moindre lorsque les antécédents de dépression maternelle étaient pris en compte. De plus, la prise d’antidépresseur en période pré-conceptionnelle augmentait significativement le risque de TSA.

Ainsi, la pathologie psychiatrique maternelle pourrait jouer un rôle dans la survenue d’un TSA, plutôt que l’exposition aux AD. 

Les précédentes études, rapportant une association entre l'exposition fœtale aux AD et les TSA, ne sont pas suffisantes pour donner des recommandations certaines quant à l'arrêt ou l'évitement de l'introduction d'AD aux femmes enceintes, si nécessaire.

Les différences précédemment rapportées peuvent venir de fluctuations statistiques, des critères différents d'évaluation et des modélisations différentes, dont les facteurs de confusion. Les études futures devraient inclure une évaluation diagnostique, la sévérité de la dépression, l’observance du traitement, la dose d’antidépresseur, les co-médications ainsi que la consommation de substance associée.

La dépression en période périnatale est relativement fréquente et peut avoir des conséquences potentiellement graves. Le risque de ne pas traiter la dépression pendant la grossesse est considérable. Chaque prescription doit donner lieu à une balance bénéfice-risque individuelle. 

Les symptômes dépressifs devraient être évalués chez toutes les femmes durant la période périnatale. Les professionnels de la santé doivent être sensibilisés et formés afin de dépister les femmes à risque de dépression périnatale. Différentes approches doivent aider les femmes présentant une dépression en période périnatale, incluant un soutien, des interventions psychologiques et sociales et, le cas échéant, pour certains, des antidépresseurs.

Florence Gressier 
Inserm UMR1178 
service de Psychiatrie 
CHU de Bicêtre 
Le Kremlin Bicêtre 

 

1 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire

AKIM BOUSSAIDI mardi 23 mai 2017, 22:55

la règle d'or classique du premier trimestre de la "non prescription " d'une manière générale de tout psychotrope semble ne plus tenir la route ...le risque plutot elevé apres utilisation en phase PRE-CONCEPTUELLE complique vraiment les données

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