BPCO : risque d'insuffisance respiratoire aiguë avec les antipsychotiques

mercredi 11 janvier 2017

WASHINGTON, 11 janvier 2017 (APM) - L'usage d'antipsychotiques semble augmenter le risque d'insuffisance respiratoire aiguë chez les patients atteints de bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), selon une étude chinoise.

De précédentes études décrivent des cas de patients ayant une extrême difficulté à respirer, correspondant à une détresse respiratoire aiguë ou une insuffisance respiratoire aiguë, et nécessitant une intubation ou une ventilation mécanique, après la prise d'antipsychotiques, rappellent Meng-Ting Wang du National Defense Medical Center à Taipei et ses collègues dans JAMA Psychiatry.

Ces cas survenaient le plus souvent à des doses thérapeutiques d'antipsychotiques typiques ou atypiques, dans la moitié des cas avec la prise concomitante de médicaments affectant le système nerveux central (SNC), comme des benzodiazépines ou des antidépresseurs.

Les chercheurs se sont intéressés à la prise d'antipsychotiques chez les patients atteints de BPCO car dans cette population, l'insuffisance respiratoire aiguë est une complication grave fréquente et potentiellement mortelle.

Pour cela, ils ont réalisé une étude cas-croisés à partir d'une base de données de l'assurance maladie de Taiwan, recherchant tous les patients atteints de BPCO, avec une insuffisance respiratoire aiguë nouvellement diagnostiquée à l'hôpital ou dans un contexte d'urgences, nécessitant une intubation ou une ventilation mécanique, entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2011.

Ils ont identifié 5.032 cas incidents (70,2% d'hommes, 74,7 ans en moyenne) ayant développé une insuffisance respiratoire aiguë parmi 61.620 avec une BPCO. Pour chacun, la prise d'antipsychotiques a été examinée au cours des 14 jours précédant l'épisode d'insuffisance respiratoire aiguë et les jours 75 à 88 après, comme période contrôle.

Parmi ces 5.032 patients, 11,7% ont reçu une ordonnance d'au moins un antipsychotique au cours de la période précédant l'épisode d'insuffisance respiratoire aiguë, contre 8,8% au cours de la période contrôle, soit une différence statistiquement significative.

Globalement, la prise d'antipsychotiques était associée à un risque relatif rapproché (OR) d'insuffisance respiratoire aiguë de 1,7, indépendamment de la classe du médicament et du mode d'administration.

Le risque d'insuffisance respiratoire aiguë associé aux antipsychotiques était dose-dépendant, avec un OR de 1,52 pour une faible dose quotidienne (inférieure ou égale à 0,25 de dose définie journalière -DDJ) et de 3,74 pour une dose élevée (supérieure à 1 DDJ).

Les chercheurs ont conduit deux autres types d'analyse des données, confirmant le lien entre antipsychotiques et insuffisance respiratoire aiguë chez les patients atteints de BPCO.

D'autres études sont nécessaires pour confirmer ces résultats mais d'ici là, les médecins doivent être particulièrement attentifs s'ils prescrivent des antipsychotiques à des patients atteints de BPCO et, dans la mesure du possible, éviter les fortes doses, concluent-ils.

(JAMA Psychiatry, édition en ligne du 4 janvier)

 

Source : APM International