Intérêt de la stimulation transcrânienne pour améliorer le contrôle de l'inhibition

mercredi 18 janvier 2017

PARIS, 18 janvier 2017 (APM) - La stimulation transcrânienne par bruit aléatoire ou tRNS (transcranial random noise stimulation) semble augmenter le contrôle de l'inhibition, suggère une étude préliminaire chez des personnes en bonne santé, présentée mercredi au congrès de L'Encéphale, à Paris.

Le contrôle de l'inhibition est une fonction cognitive qui joue un rôle important dans l'impulsivité. Un défaut de ce contrôle a été rapporté dans de nombreuses pathologies psychiatriques. Ce déficit conduirait à des comportements inappropriés tels que les tentatives de suicide, rappellent Charlotte Brevet du CH Le Vinatier à Bron (métropole de Lyon) et ses collègues dans le résumé de leur communication orale.

La stimulation cérébrale non invasive appliquée au niveau du cortex préfrontal dorsolatéral peut améliorer transitoirement le contrôle de l'inhibition mais la durée de ces effets bénéfiques est encore peu étudiée.

Dans cette étude, les chercheurs ont évalué l'effet d'une ou de trois sessions de tRNS par rapport à un "placebo" (stimulation simulée) sur le contrôle de l'inhibition de 32 personnes en bonne santé, immédiatement après les séances, le lendemain et une semaine après.

Chaque session durait 20 minutes et les séances étaient espacées de 30 minutes.

Le contrôle de l'inhibition était mesuré par le temps de réaction au test du go/no go, qui consiste à apprendre à réagir de manière appropriée lors d'une épreuve, sous la pression du temps, tout en inhibant simultanément les réponses inadéquates sous l'effet de stimulations correctes ou incorrectes.

Immédiatement après les trois séances, les tests montrent une amélioration statistiquement significative du contrôle de l'inhibition, avec une baisse du score de 8,2% pour les volontaires ayant eu les trois sessions de tRNS et de 8,9% ayant une seule session (une active et deux factices), contre -0,3% pour le groupe contrôle. La différence n'était pas significative entre les deux groupes de stimulation active.

Le lendemain des séances de stimulation, il existait une différence significative entre les groupes de stimulation active, avec une baisse de -13,2% avec les trois séances et de -10,5% avec une seule, contre une baisse de -3,15% avec la stimulation simulée.

Une semaine après la fin des sessions, la différence significative sur le contrôle de l'inhibition ne se maintenait plus qu'entre les volontaires ayant eu les trois stimulations actives (-13,2%) par rapport au groupe contrôle (-4,4%).

Cette étude montre que trois stimulations tRNS appliquées au niveau du cortex préfrontal semblent augmenter le contrôle de l'inhibition pendant au moins une semaine. Ces résultats suggèrent que la tRNS répétée pourrait augmenter le contrôle de l'inhibition chez des patients avec des pathologies psychiatriques et pourrait être une autre solution dans la prise en charge des comportements impulsifs, concluent les auteurs.

Source : APM International