Non traitée, la dépression chez les victimes d'infarctus est associée à un plus grand risque de décès

jeudi 2 mars 2017

WASHINGTON, 2 mars 2017 - La dépression chez les patients ayant eu un infarctus est associée à un risque de mortalité plus élevé que chez les patients non dépressifs, lorsqu'elle n'est pas traitée, montre une étude américaine publiée dans Circulation.

La dépression est reconnue comme un facteur de risque de mauvais pronostic pour les patients ayant un syndrome coronaire aigu (SCA). Mais, malgré des recommandations de certaines organisations américaines en faveur d'un dépistage de la dépression après un tel évènement, on ne sait pas si cette intervention et l'initiation d'un traitement antidépresseur améliore le pronostic des patients, soulignent Kim Smolderen du Saint Luke's Mid America Heart Institute à Kansas City (Missouri) et ses collègues.

Ils ont comparé au sein de l'étude de cohorte observationnelle TRIUMPH le pronostic des patients traités et non traités pour une dépression. Cette cohorte est constituée de 4.062 patients ayant eu un infarctus aigu entre 2005 et 2008, dans 24 hôpitaux américains.

Parmi ces patients, 759 (18,7%) présentaient une dépression, selon les critères du PHQ-9. Au sein de ce groupe, 231 patients (30,4%) étaient traités pour leur dépression.

La mortalité à 1 an des patients traités pour dépression était de 6,7%, contre 6,1% pour les patients n'ayant pas de dépression, la différence n'étant pas statistiquement significative.

En revanche, chez les patients dépressifs non traités, la mortalité à 1 an était de 10,8%, le risque relatif étant significativement plus élevé de 91% par rapport aux patients n'ayant pas de dépression.

Bien que ces résultats ne prouvent pas une relation causale entre le traitement de la dépression et l'amélioration du pronostic des patients, ils soutiennent les recommandations actuelles de mettre en place un dépistage de la dépression lors de la prise en charge de l'infarctus aigu, et invitent à évaluer l'impact de protocoles de dépistage de la dépression dans le cadre de l'infarctus aigu, concluent les auteurs.

(Circulation, publication en ligne du 16 février)

Source : APM International