Une psychothérapie spécifique plus efficace sur la dépression chronique

mercredi 1 mars 2017

WASHINGTON, 1er mars 2017 - La psychothérapie par système d'analyse comportementale et cognitive (CBASP, pour Cognitive Behavioral Analysis System of Psychotherapy), approche développée spécifiquement pour la dépression chronique, est plus efficace qu'une psychothérapie non spécifique au début de la maladie, suggère une étude allemande.

Jusqu'à un tiers des personnes en épisode dépressif vont développer une dépression chronique (plus de deux ans). Ces personnes présentent davantage de comorbidités, font plus de tentatives de suicide et sont plus hospitalisées par rapport aux patients souffrant de dépression aiguë. Elles répondent aussi moins bien aux traitements, rappellent Elisabeth Schramm de l'université de Fribourg-en-Brisgau et ses collègues dans JAMA Psychiatry.

Une psychothérapie spécifique a été développée pour les patients souffrant de dépression chronique, avec des résultats contradictoires issus d'études menées sur des durées probablement trop courtes.

Dans l'essai clinique allemand, les chercheurs ont voulu évaluer l'approche CBASP en première ligne par rapport à une psychothérapie classique sur une période plus longue.

Ils ont inclus 268 patients adultes (45 ans en moyenne), présentant une dépression chronique survenue précocement (avant leurs 21 ans, à 13 ans en moyenne dans la cohorte) et ne prenant pas de traitement médicamenteux, puis les ont randomisés entre 24 séances de CBASP et de psychothérapie générale sur 20 semaines puis 8 sessions d'entretien réparties sur 28 semaines.

Les résultats pour le critère principal d'évaluation montrent une réduction de la sévérité des symptômes de dépression sur l'échelle de Hamilton dans les deux groupes à l'issue des 20 semaines de la phase initiale de traitement: le score HRSD-24 est passé de 27,15 points à 17,19 points chez les patients traités par psychothérapie spécifique et de 27,05 à 20,39 points dans le groupe contrôle, soit une différence ajustée statistiquement significative de 2,51 points en faveur de l'approche CBASP.

A 48 semaines de suivi, la sévérité de la dépression a continué de baisser, avec un score HRSD-24 de 14 points avec la psychothérapie spécifique et de 16,49 points avec la psychothérapie classique, soit une différence ajustée de 3,13 points en faveur toujours de l'approche CBASP.

Les patients suivant la psychothérapie spécifique avaient des chances de répondre au traitement qui étaient doublées par rapport à la psychothérapie classique et de rémission qui étaient multipliées par 3,55 après la phase initiale de traitement de 20 semaines.

Ces résultats suggèrent qu'une psychothérapie spécifique structurée est modérément plus efficace qu'une psychothérapie générale chez des patients en dépression chronique de début précoce, sans traitement pharmacologique, et qu'il semble utile d'ajouter des séances d'entretien à la phase d'initiation, concluent les chercheurs.

(JAMA Psychiatry, édition en ligne du 1er février)

Source: APM International