Victimes d'attentat : Juliette Méadel annonce l'expérimentation d'un "centre national de ressources et de résilience" et de centres territoriaux

mardi 7 mars 2017

PARIS, 7 mars 2017 (APMnews) - La secrétaire d'Etat chargée de l'aide aux victimes, Juliette Méadel, a annoncé mardi l'expérimentation d'un "centre national de ressources et de résilience" et de quatre centres territoriaux, dans le cadre de la présentation de 24 propositions pour améliorer la prise en charge des victimes.

Juliette Méadel s'exprimait lors de la dernière table ronde d'un cycle qu'elle a engagé en décembre 2016, associant professionnels de l'intervention d'urgence, psychiatres, pédopsychiatres, psychologues, professionnels du secourisme, travailleurs sociaux, intervenants associatifs, représentants de victimes et chercheurs.

Lors de la table ronde conclusive, mardi, la secrétaire d'Etat a présenté 24 propositions "pour améliorer l'accompagnement psychologique des victimes", ainsi qu'elles sont résumées dans un document transmis à APMnews. Ce sont des propositions de modalités de prise en charge et d'organisation du système de santé, plus ou moins précises, dont certaines sont à la charge des agences régionales de santé (ARS).

Elles s'organisent autour de six objectifs, dont l'amélioration de la formation initiale et continue des professionnels, l'enrichissement de la connaissance avec davantage de recherche et d'échanges de pratiques et la mobilisation accrue des proches des victimes et du grand public.

Des centres territoriaux à Paris, Nice, Toulon et Lyon

Juliette Méadel souhaite "renforcer les échanges de techniques et pratiques entre médecine hospitalière civile et médecine de ville" et surtout soutenir "la recherche clinique, fondamentale, en santé publique, en sciences humaines sur les conséquences du terrorisme sur les individus, les groupes, la société et les moyens de les atténuer ".

Elle annonce l'expérimentation d'un "centre national de ressources et de résilience" et de centres territoriaux, spécialisés sur le trauma, "adossés à une structure existante". C'était un souhait des professionnels. Ces centres seraient "tous dotés d'un département 'pédopsychiatrie'", souhaite-t-elle.

Lors d'un point presse à l'issue de son discours, la secrétaire d'Etat a indiqué qu'elle avait demandé un rapport à deux inspecteurs de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF) pour travailler sur l'organisation administrative et financière de cette expérimentation. Ce rapport lui sera remis "avant la fin du quinquennat", a-t-elle précisé.

"Je saurai d'ici à la fin du quinquennat quelle forme ce centre va prendre, mais ce qui est certain, c'est que cela sera une tête de réseau des centres territoriaux et un lieu de recherche et de ressources pour la résilience", a-t-elle expliqué.

Cette "tête de réseau [...] va permettre de fédérer et d'organiser le travail des centres territoriaux", a-t-elle ajouté. "Ces centres territoriaux seront installés à Paris, à Nice, à Toulon et à Lyon où nous avons déjà des structures existantes, que nous allons transformer en centre territorial de la résilience". "Nous commençons par quatre, pour l'instant, pour expérimenter", a-t-elle précisé.

"Dans ces centres de soins et d'accueil, il y aura des spécialistes du psycho-trauma et des spécialistes de pédopsychiatrie traumatique", a complété la secrétaire d'Etat.

Elle demande aussi à ce que soit "engag[ée] une recherche clinique sur une cohorte d'enfants victimes (ou impliqués) de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice". En fait, la pédopsychiatre Florence Askenazy, cheffe du service psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CHU Lenval à Nice, avait demandé à lancer cette recherche lors de la deuxième table ronde.

La formation des médecins généralistes à améliorer

La secrétaire d'Etat appelle aussi à la formation en santé mentale des professionnels de santé libéraux, notamment les médecins généralistes, afin d'améliorer le dépistage, et aussi à ce que les étudiants psychiatres et psychologues aient accès "à des connaissances solides sur les principales techniques de soin utiles dans le domaine des psycho-traumatismes", peut-on lire dans le document de présentation des mesures.

"Le nombre de pédopsychiatres a diminué de 50% en 10 ans. Et ceux formés au psycho-traumatisme sont encore trop rares. Nous devons impérativement former plus de personnels de santé capables de prendre en charge ces traumatismes psychologiques", a-t-elle insisté lors son discours, mardi. La démographie des pédopsychiatres est effectivement très défavorable, note-t-on.

Elle veut aussi que soient conçus des "modules de formation sur le psycho-trauma, à plusieurs niveaux avec une gradation dans l'expertise (initiation jusqu'à un niveau expert)", "comme le fait l'AP-HP [Assistance publique-hôpitaux de Paris]", a-t-elle assuré dans son discours.

Une mission confiée à Patrick Pelloux et Eric Faure sur une formation grand public obligatoire

Juliette Méadel compte également "étudier la faisabilité" d'une formation grand public "obligatoire" aux gestes et comportements qui sauvent en cas d'événement grave.

Cette mission de faisabilité a été confiée à l'urgentiste Patrick Pelloux et le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Eric Faure, a-t-elle annoncé mardi lors de son discours. "Leur rapport me sera remis à la fin du mois", a-t-elle ajouté.

Source : APM International