Le psychiatre en éclaireur du syndrome démentiel

Publié le 20 mars 2017

Philippe Fossati
Pr. Philippe Fossati

De nombreuses affections neuro-dégénératives comme les démences fronto-temporales, la maladie d’Alzheimer ou la démence à corps de lewy diffus, peuvent être inaugurées par des troubles émotionnels, cognitifs ou comportementaux interrogeant les frontières cliniques entre la neurologie et la psychiatrie.

Pour mieux identifier la place de la psychiatrie dans ces affections, le comité scientifique a consacré une session plénière à la question du rôle de sentinelle du psychiatre dans les démences. Le sujet a visiblement intéressé nos collègues et cette session s’est tenue dans une salle pleine, intéressée et rassemblant des psychiatres et des neurologues.

Le Dr Carole Azuar a dans un premier temps rappelé la richesse des présentations phénotypiques de la maladie d’Alzheimer, soulignant la possibilité actuelle d’un diagnostic précoce préclinique basé sur la mise en évidence de marqueurs biologiques dans le LCR et des marqueurs neuroradiologiques.

Le Pr C. Arbus et le Dr A. Claret ont montré l’importance d’une analyse précise du comportement, des réactions émotionnelles et de la sémiologie inter-subjective pour dépister une pathologie organique lors de tableaux dépressifs ou persécutifs d’apparence banale.

Finalement notre collègue suisse, le Dr A. Von Gunten a fait un inventaire exhaustif et très systématisé des stratégies thérapeutiques de prise en charge actuelles médicamenteuses ou psychothérapeutiques des patients avec un syndrome démentiel.

Cette session plénière du congrès de l’Encéphale a démontré de nouveau le dynamisme de la clinique psychiatrique, et la nécessité d’interagir avec nos collègues neurologues et gériatres pour le service de patients souffrant de graves affections cérébrales.

Revoir la conférence sur les maladies neurodégénératives au Congrès 2017