Soins somatiques en ambulatoire : regards croisés professionnels/usagers du CMP 75G14

À l'occasion de la journée infirmière organisée dans le cadre du 15e Congrès de l'Encéphale, plusieurs posters ont été soumis. Agnès Aune-Petiot nous présente ses travaux et son retour d’expérience sur cette rencontre...

Agnès AUNE PETIOT
Agnès AUNE-PETIOT

Soins somatiques en ambulatoire : regards croisés professionnels/usagers du CMP 75G14 

A. AUNE PETIOT, I. ANDREU, A. ROLLAND, T. GUERNION

Centre Hospitalier Sainte-Anne, Paris FRANCE

Intérêt pour le sujet traité

Dès mes études infirmières j’ai été interpelée par la problématique du soin somatique en psychiatrie. Par exemple l’obésité pour certains de nos patients est un sujet que j’ai voulu approfondir.
J’ai fait des recherches et une question a émergé pour mon travail de fin d’étude sur la place et le rôle de l’infirmier dans la prise en charge somatique et notamment celle du syndrome métabolique. J’interrogeais l’interdisciplinarité sur le sujet.
En intra hospitalier et en ambulatoire les choses évoluent, les lois ont fait évoluer la prise de conscience des professionnels infirmiers. J’ai voulu continuer ma démarche, continuer le questionnement et me placer aussi du point de vue de l’usager.

Travailler en équipe paramédicale permet de questionner notre pratique, dégager les freins et les leviers pour l’améliorer ainsi que notre prise en charge du soin somatique dans l’idée d’une prise en charge globale. Cela nous permet aussi de mieux travailler avec l’institution.

Améliorer l’espérance de vie des patients psychiatriques, leur qualité de vie, reconnaitre leur droit à l’accès aux soins somatiques a du mal à être entendu parfois.

Les atouts et les contraintes

Le statut hospitalo-universitaire du service facilite beaucoup les choses. Les contraintes sont plutôt les limites financières et le temps. L’investissement personnel est indispensable.

Applications concrètes, suites à donner

Ce travail est d’abord un état des lieux. On peut ensuite interpeler les équipes en utilisant des données chiffrées, partir d’un constat objectif permet aussi d’objectiver les ressentis.
Dans le même temps il y a une opportunité dans le contexte d’une relocalisation des trois C.M.P du pôle. Cela permet de s’interroger, d’alimenter les discussions, dégager des idées de travail de façon concrète, faire un constat plus global, plus général. Ensuite nous pourrions engager une recherche plus précise sur la coopération hôpital/ville, infirmiers/médecins.

Difficultés pour la réalisation

Je n’ai pas eu de difficulté particulière, je connais l’outil informatique, c’est plutôt le temps qui est une contrainte.

Impressions congrès

C’est une grande satisfaction d’avoir été sélectionnée, c’est une forme de reconnaissance aussi d’un travail fourni, d’un questionnement. Valoriser la profession passe par ce genre de travail.

Conseils aux collègues

Si vous avez des intérêts particuliers dans votre pratique professionnelle, il faut s’y accrocher, se documenter, on a plus de crédit quand on peut s’appuyer sur un travail de recherche écrit. Il faut de la curiosité intellectuelle sur un métier qui reste de l’ordre de l’opérationnel et du pratique, solliciter la curiosité scientifique, lire.

Interview : Christine Colson, Cadre supérieure de santé

Découvrez sans attendre la prochaine journée des infirmières qui se tiendra le mercredi 24 janvier 2018 de 10h à 16h lors du 16e Congrès de l'Encéphale !

 

LE POSTER

Alors que les études internationales mettent en évidence depuis plus de vingt ans la vulnérabilité somatique des personnes souffrant de troubles psychiques sévères et chroniques, en France, l’organisation des soins et les pratiques professionnelles, fortement marquées par un clivage historique entre psyché et soma, peinent à intégrer cette problématique. Sous l’impulsion des différentes lois de santé publique et plans de santé mentale ainsi que des requêtes des usagers en santé mentale, les pratiques, notamment à l’hôpital psychiatrique ou général, commencent à évoluer et à intégrer le risque somatique dans un exercice professionnel quotidien. Qu’en est-il de l’ambulatoire et plus particulièrement de la place et du rôle du CMP, entité pivot de la prise en charge de secteur ?

Par l’analyse conjointe des pratiques professionnelles de l’équipe pluridisciplinaire et des besoins des usagers du CMP du secteur 75G14 au moyen de deux enquêtes quantitatives, cette étude met en évidence certains freins et leviers à la prise en charge des soins somatiques en ambulatoire. Ainsi, si comme le préconise l’OMS depuis 1978, le recours aux soins primaires en première ligne est le garant d’une prise en charge globale intégrée et décloisonnée au cœur de la cité, la pratique montre que le travail partenarial entre soins primaires et soins spécialisés ne va pas de soi.

Tandis que les usagers entretiennent un lien évident avec les équipes de secteur et identifient les soins primaires comme ressource pour leur santé physique, les professionnels, eux, peinent à s’inscrire dans un travail, organisé et coordonné, au sein du territoire du 15ème arrondissement. Consolider le travail en partenariat, avec toute la coordination et la formalisation qu’il nécessite, permettrait ainsi aux professionnels, individuellement et à l’échelle de l’institution, de repenser les pratiques en vue d’optimiser l’accompagnement des usagers dans leurs parcours de vie. Que ce soit dans un rôle de proximité (patients, partenaires) ou de coordination (institutions, communauté), l’infirmier dispose des compétences pour investir ces missions.

Cliquez sur l'image pour agrandir le poster

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