Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Polypharmacy with antidepressants, or benzodiazepines and mortality in schizophrenia

Sélectionné dans Archives of General Psychiatry par Jean-Pierre OLIÉ

Mis à jour le lundi 2 juillet 2012

Auteurs : J. Tihonen, JT. Svokas, JM. Suvisaari et al
Référence : Arch. Gen. Psychiatry, 2012, 69, 5, 476-483
Date de publication : May 2012
Lire le résumé de l'article

Le commentaire de Jean-Pierre OLIÉ

En 2010 une méthode danoise (L. Baantrup et al, J. Clin. Psychiatry) avait attiré l’attention sur le fait que la prescription de benzodiazépines pourrait augmenter la mortalité des sujets atteints de schizophrénie, le même constat n’ayant pas lieu pour une co-prescription de 2 ou plusieurs antipsychotiques.

L’étude publiée dans Archives pose à nouveau cette question.

Méthode

2 588 patients hospitalisés en Finlande entre 2000 et 2007 ayant fait l’objet d’un diagnostic de schizophrénie ont été suivis pendant 4 ans et 2 mois. L’âge moyen de cette population était de 37.8 ans (écart type : 13.7 ans).

Résultats

Il a été comptabilisé 160 décès. Trois constats sont rapportés :

  • Moindre mortalité pour les sujets recevant un antidépresseur avec en particulier une moindre mortalité par suicide ;
  • Pas d’augmentation de la mortalité lorsque co-prescription de 2 (ou davantage) antipsychotiques comparativement au statut monothérapie antipsychotique ;
  • Augmentation du taux de mortalité dans le groupe recevant une benzodiazépine au moment du décès comparativement au groupe sans benzodiazépine. Le taux de suicides était en particulier plus élevé.

Commentaires

  • Une telle étude observationnelle comporte inévitablement beaucoup de biais : rien n’est dit sur le type d’antipsychotiques prescrits.
  • Etaient exclus les patients qui avaient déjà reçu un antipsychotique dans les 6 mois précédant l’hospitalisation index de l’étude.
  • Les patients n’avaient manifestement pas respecté les posologies recommandées de benzodiazépines (surconsommation).

Beaucoup de questions demeurent

  • Un tel résultat est-il de nature à autoriser le recours à 2 antipsychotiques plutôt qu’une monothérapie ?
  • Quelle place à l’association antipsychotique-thymorégulateur ? Cet aspect n’a pas été pris en compte par Tihonen et al.
  • Quelle est la nature de l’action de l’antidépresseur ? A quelle posologie ? Face à quels symptômes ?
  • Faut-il « interdire » la co-prescription antipsychotique-benzodiazépine ? On connait déjà le risque de mort subite en cas d’association clozapine-benzodiazépine.

Résumé

 

Article suivant

Subcallosal cingulate deep brain stimulation for treatment-resistant unipolar and bipolar depression

0 commentaire — Identifiez-vous pour laisser un commentaire

Dernières actualités

Les démences, des maladies psychiatriques ?

Dans cette session de l'Encéphale 2021, Philipe ROBERT et ses invités nous proposent de parcourir...

Virer le virus

Nabil HALLOUCHE et d'autres spécialistes nous exposent leurs connaissances sur l'Hépatite C et so...

Dépression résistante : dossier thématique

Il y sera question de la définition de la dépression résistante et des algorithmes thérapeutiques...

La violence est-elle une maladie mentale ?

Dans cette session des Talks de l’Encéphale, Mathieu Lacambre aborde le thème de la violence sous...