Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Suicide dans la Police nationale française : trajectoires de vie et facteurs associés

Mis à jour le jeudi 8 février 2018

dans

Suicide among the French National Police forces: Implication of life events and life trajectories

G. Encrenaz a,b, A. Miras a, B. Contrand a, M. Séguin c, M. Moulki d, R. Queinec e, J.-S. René a, A. Fériot a, M. Mougin a, M. Bonfils f, P. Marien g, G. Michel g, E. Lagarde a

a Équipe « prévention et prise en charge des traumatismes », centre Inserm U897, université de Bordeaux, 33000 Bordeaux, France
b COMPTRASEC UMR 5114 CNRS, université de Bordeaux, avenue Léon-Duguit, 33608 Pessac, France
c Université du Québec en Outaouais et groupe McGill d’étude sur le suicide, institut universitaire Douglas, Canada
d Pôle 347, unité Régis, centre hospitalier Charles-Perrens, 33000 Bordeaux, France
e Centre hospitalier de Cadillac, 33410 Cadillac, France
f Association Entr’Actes, 92700 Colombes, France
g Laboratoire EA psychologie, santé et qualité de vie, université de Bordeaux, 33000 Bordeaux, France

Résumé

Les taux de suicide sont généralement plus élevés dans les forces de l’ordre qu’au sein d’autres professions. Pour en comprendre les raisons, les objectifs de cette étude réalisée à partir d’un échantillon de policiers décédés par suicide étaient : de déterminer les facteurs impliqués dans le passage à l’acte suicidaire ; de décrire leur trajectoire de vie. Des autopsies psychologiques ont été conduites autour des 49 situations de suicide de policiers survenues en 2008. Le supérieur hiérarchique, un collègue de travail et un proche ont été interrogés par des psychologues formés, en utilisant des outils standardisés. Chaque dossier a ensuite été évalué par un panel d’experts. L’analyse a montré que tous les policiers ayant mis fin à leurs jours présentaient les symptômes d’un trouble mental, le plus souvent de type dépressif. Après les difficultés d’ordre psychologique, les principaux facteurs de vulnérabilité concernaient la sphère affective. La sphère professionnelle était source de vulnérabilité dans une moindre mesure, mais était également source de protection. Quatre types de trajectoires de vie impliquées dans la suicidalité ont été mis en évidence. L’ensemble de ces résultats confirme que la prévention ne peut reposer que sur le dépistage de la souffrance psychologique et sa prise en charge, qui doit inclure une approche globale, en tenant compte de l’ensemble des sources de vulnérabilités.
© L’Encéphale, Paris, 2015.

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