Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Prescription et surveillance d’antipsychotiques chez les patients âgés souffrant de schizophrénie : pratiques des psychiatres et leurs déterminants

Mis à jour le jeudi 8 février 2018

Psychiatrists’ decision making and monitoring of antipsychotic prescription for elderly schizophrenia patients

I. Jalenques a b c d, V. Ortega a b, G. Legrand a b c, C. Auclair e f

 a Service de psychiatrie de l’adulte A et psychologie médicale, pôle de psychiatrie, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand, France 
b UFR médecine, Clermont université, université d’Auvergne Clermont 1, 63001 Clermont-Ferrand, France
c Équipe d’accueil 7280, UFR médecine, Clermont université, université d’Auvergne Clermont 1, 63001 Clermont-Ferrand, France 
d GDR 3557 en psychiatrie, institut de psychiatrie, 7, rue Cabanis, 75014 Paris, France 
e Service de santé publique, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand, France 
f EA 4681, PEPRADE, Clermont université, université d’Auvergne, 63000 Clermont-Ferrand, France

Résumé

Objectif

Évaluer les pratiques de prescription et de surveillance d’antipsychotiques (AP) en psychiatrie générale chez les patients schizophrènes âgés et les facteurs susceptibles d’influer sur elles.

Méthode

Ont été contactés par courrier 190 psychiatres pour participer à une étude observationnelle de leurs pratiques de prescription d’AP chez des patients schizophrènes de 65ans et plus.

Résultats

Le taux de réponse est de 44,2 % ; 75 % des psychiatres ayant répondu traitent des schizophrènes âgés. Ils utilisent à 87,7 % un AP de seconde génération en première ligne ; 64,9 % prescrivent en monothérapie ; 54,4 % utilisent des AP à action prolongée. La tolérance constitue le critère de choix principal de l’AP pour 3,5 % et secondaire pour 29,8 % des psychiatres. Les surveillances du périmètre abdominal, de la prolactinémie, cardiologique avec électrocardiogramme et ophtalmologique ne sont qu’en partie conformes aux recommandations professionnelles. Lors de la surveillance au long cours, les psychiatres ayant une utilisation courante des recommandations de prise en charge mesurent significativement plus souvent le pouls et la tension artérielle (74,3 % vs 41,2 %, p=0,03) ainsi que le périmètre abdominal (22,9 % vs 0 %, p=0,04) comparés aux psychiatres qui n’utilisent pas couramment des recommandations de prise en charge.

Conclusions

Cette étude démontrant un respect inégal en psychiatrie générale des recommandations de prise en charge concernant la prescription et la surveillance des AP chez les patients schizophrènes âgés, précise les pratiques à améliorer : choix de l’AP d’abord en fonction de la tolérance, surveillances du périmètre abdominal, de la prolactinémie, cardiologique avec électrocardiogramme et ophtalmologique.

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