Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Connectivité fonctionnelle cérébrale et trait impulsif : étude par IRMf de repos

Publié le mardi 13 février 2018

dans

Auteurs

J. Bernard1, B. Gohier1, M. Orsat2, A. Ter Minassian1

1 CHU Angers, Angers FRANCE
2 EPSM de la Sarthe, Le Mans FRANCE

Résumé

Introduction

La connectivité fonctionnelle est l’analyse en IRMf de repos -en l’absence de tout stimulus- des oscillations neuronales synchrones dans les ultrabasses fréquences (<0,1 Hz). Il existerait une activité cérébrale intrinsèque, organisée en réseau reflétant les états émotionnels et comportementaux comme la personnalité. L’objectif de notre étude est de démontrer une corrélation entre le score clinique de l’échelle d’impulsivité de Barratt (BIS-10) et des structures fonctionnelles cérébrales, en IRMf de repos.

Méthodes

L’étude incluait tout volontaire indemne de pathologie psychiatrique connue. Chaque participant remplissait la BIS-10 qui évaluait l’impulsivité motrice et cognitive. Une IRMf de repos était effectuée à la suite. L’analyse de la connectivité fonctionnelle s’effectuait par la méthode Multi-Voxel Pattern Analysis (MVPA) adaptée aux régressions multiples avec une variable clinique sans hypothèse sur le réseau impliqué dans la modulation de cette variable. Cela permettait d’observer la force de connectivité entre différents réseaux en fonction de la BIS-10.
Résultats : 74 sujets étaient inclus ; la moyenne d’âge était de 26 ans et 24 volontaires présentaient un trait impulsif. La connectivité entre les structures du réseau du mode par défaut (DMN) était corrélée positivement au trait impulsif (r=0,62,p<0,0001) : plus les éléments du DMN étaient connectés entre eux (connectivité intra-réseau) plus le sujet était impulsif (score de la BIS-10 élevé).
Il existait une corrélation positive entre les structures du réseau sensori-moteur (SMN) et le trait impulsif (r=0,56,p<0,0001) : plus la force de connectivité intra SMN était importante, plus le sujet était impulsif. Il n’existait pas de corrélation négative.

Discussion

Plus la connectivité intra DMN et intra SMN était important, plus le sujet était impulsif. Fonctionnellement, le DMN est activé lorsque le sujet est au repos, centré sur des activités internes (sur Soi, récupération de souvenirs, etc.). Il se désactive lors de tâches cognitives  avec une désactivation plus forte lorsque les demandes attentionnelles sont importantes. Il est connu que l’absence de désactivation du DMN est associée à des défauts attentionnels et à une majoration d’erreurs lors de tâches. La plus grande connectivité intra DMN chez les impulsifs expliquerait la difficulté à maintenir leur attention. Le SMN est impliqué dans la coordination entre l’activité motrice et les informations provenant de l’environnement. Chez le sujet sain, le SMN est sous le contrôle du réseau de contrôle fronto-pariétal. La plus grande connectivité intra SMN chez les impulsifs peut se traduire par un échange accru entre l’environnement et les conséquences comportementales sans aucun contrôle cognitif.

Conclusion

Il existerait des structures fonctionnelles corrélées au trait impulsif. Grâce à cette méthodologie, nous pourrions observer les conséquences fonctionnelles des traitements mis en place pour traiter l’impulsivité.   

Le poster

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Connectivité fonctionnelle cérébrale et trait impulsif : étude par IRMf de repos

 

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