Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Quand le cerveau parle par la psyché : un neurocytome intraventriculaire à révélation psychiatrique

Mis à jour le mercredi 10 juin 2026

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Auteurs

HAJJI S. (1), ELJABIRY S. (1), BENDOUDOUH A. (1), ONEIB B. (1)

(1) Hôpital de psychiatrie CHU Mohammed VI d’Oujda université mohamed première oujda, Oujda, MAROC

Résumé

Introduction

Le neurocytome central est une tumeur neuroépithéliale rare, représentant moins de 1 % des tumeurs intracrâniennes. Il siège le plus souvent dans les ventricules latéraux, en particulier autour du foramen de Monro. Généralement bénin et d’évolution lente, il se manifeste habituellement par des signes d’hypertension intracrânienne ou des troubles visuels. La révélation psychiatrique est exceptionnelle et peut retarder le diagnostic, posant ainsi un véritable défi clinique entre neurologie et psychiatrie.

Observation

Il s’agit d’un patient de 34 ans, sans antécédents médicaux notables, adressé en psychiatrie pour des troubles du comportement récents : agitation psychomotrice, désinhibition, logorrhée et idées de toute-puissance, évoquant un épisode maniaque inaugural. L’évolution défavorable sous traitement thymorégulateur a motivé des explorations complémentaires.

L’IRM cérébrale a mis en évidence une masse intraventriculaire gauche, bien circonscrite, mesurant 3,5 cm, en isosignal T1 et hypersignal T2, avec rehaussement hétérogène après injection de gadolinium. La chirurgie d’exérèse a permis une exérèse complète. L’étude histopathologique a conclu à un neurocytome central. L’évolution post-opératoire a été marquée par la disparition des symptômes psychiatriques et une récupération cognitive progressive.

Discussion

Le neurocytome intraventriculaire, bien que bénin, peut entraîner des symptômes psychiatriques lorsqu’il interfère avec les circuits fronto-sous-corticaux impliqués dans la régulation du comportement et de l’humeur. Ces présentations atypiques posent un défi diagnostique, pouvant conduire à une prise en charge initialement purement psychiatrique.
Ce cas illustre l’importance de considérer une étiologie organique devant tout tableau psychiatrique atypique d’installation récente, surtout chez un adulte jeune sans antécédents psychiatriques. L’imagerie cérébrale doit être systématiquement envisagée. Le pronostic est généralement favorable après exérèse chirurgicale complète.

Conclusion

Cette observation souligne la frontière étroite entre les manifestations psychiatriques et neurologiques. Le neurocytome intraventriculaire, bien que rare, doit être intégré dans le diagnostic différentiel des troubles du comportement inexpliqués. Une approche multidisciplinaire neuropsychiatrique demeure essentielle pour un diagnostic et une prise en charge précoces.

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