REYNAUD C. (1), COUDERT C. (1)
(1) CHLC la Chartreuse, Dijon, FRANCE
Introduction
Le Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) et le Trouble de la Personnalité Borderline (TPB) partagent des similitudes cliniques avec au premier plan les dimensions de dysrégulation émotionnelle et d’impulsivité. Depuis quelques années, la littérature semble mettre en lumière des processus neurodéveloppementaux multifactoriels, parfois communs, qui pourraient expliquer ces chevauchements sémiologiques et dont les manifestations débuteraient de fait pendant l’enfance. Or, jusqu'ici peu de travaux se sont intéressés aux questions thérapeutiques, neuroscientifiques et leurs conséquences cliniques, en particulier dans les populations pédiatriques.
Méthode
Nous avons donc réalisé une revue systématique de la littérature, selon la méthodologie PRISMA, incluant 20 articles issus de diverses bases de données (cf Tableau 1 Résumé des études incluses) afin d’explorer les spécificités pédiatriques, l’apport des neurosciences dans la compréhension des deux troubles, et d’évaluer les perspectives thérapeutiques.
Résultats
Chez l’enfant, la littérature consultée évoque la possibilité d’une organisation borderline précoce pendant le développement. Les études concernées insistent donc sur l’importance d’une détection du TPB et d’une intervention précoce à l’adolescence, d’autant plus que le profil symptomatique est souvent plus sévère en cas de comorbidité et associé à un pronostic fonctionnel péjoré. Par ailleurs, certaines études thérapeutiques suggèrent une amélioration des symptômes communs par l’utilisation de psychostimulants, mais nécessitent d’être répliquées avant toute généralisation dans les pratiques cliniques. Enfin les apports neuroscientifiques apportent un éclairage sur des mécanismes subtils tantôt distincts tantôt communs sous-tendant la symptomatologie clinique chevauchant les deux diagnostics.
Conclusion
À la lumière de cette revue de la littérature sont soulevés plusieurs axes de réflexion : tout d'abord la question de la prévention et du dépistage de cette co-occurrence, afin de proposer des stratégies d'intervention précoce et d'améliorer les trajectoires pronostiques. Concernant les interventions thérapeutiques, il serait intéressant d'évaluer la pertinence de certaines approches transdiagnostiques, notamment non médicamenteuses, ciblant les symptômes communs aux deux troubles. De nouvelles études restent néanmoins nécessaires afin de mieux comprendre la pathogenèse, évaluer l'éventuel continuum clinique entre ces catégories nosographiques, identifier les profils de patients les plus à risque afin de limiter les conséquences bio-psycho-sociales néfastes.