Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

L’histoire de la Mindfulness à l’épreuve des données actuelles de la littérature : questions en suspens

Mis à jour le jeudi 25 septembre 2014
The history of Mindfulness put to the test of current scientific data: Unresolved questions
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M. Trousselarda,c,d, D. Steilerb,d, D. Claveriea, F. Caninia,c

a Unité de neurophysiologie du stress, département neurosciences et contraintes opérationnelles, institut de recherche biomédicale des armées, 91223 Brétigny-sur-Orge cedex, France
b Département homme, organisation et société, Grenoble École de management, 12 rue Pierre-Sémard, BP 127, 38003 Grenoble cedex 01, France
c École du Val-de-Grâce, 1, place Alphonse-Laveran, 75005 Paris, France
d Chaire de Minfulness, bien-être au travail, et paix économique, Grenoble École de management, 12 rue Pierre-Sémard, BP 127, 38003 Grenoble cedex 01, France

Résumé

La Mindfulness ou pleine conscience a une longue histoire. Cette inclinaison permettant le développement de la concentration, de l’attention et de l’acceptation sans jugement envers tout ce qui est vécu dans le moment présent, se développe par la pratique de la méditation. À la fois, disposition et pratique, la Mindfulness est associée à des effets bénéfiques dans de nombreux champs de la santé mentale et physique. Cet article se propose de faire le point d’une part sur les mécanismes physiologiques et neurobiologiques qui sont actuellement proposés pour expliquer les bienfaits de la Mindfulness et d’autre part sur les nombreuses questions qui restent en suspens. La spécificité de la pratique de la méditation de pleine conscience sur ces mécanismes est considérée au regard des techniques de relaxation. Enfin, les données récentes sur les  modifications du fonctionnement du cerveau au repos (Brain Default Mode) induites parla pratique de la Mindfulness, apportent des pistes de réflexion pour mieux comprendre ses  bénéfices dans le champ de la santé.
© L’Encéphale, Paris, 2014.

Summary

The first part of this paper describes the long history of the concept of Mindfulness. Contrary to the belief that Mindfulness only has Buddhist and Hindu origins, it is also rooted in Jewish, Islamic and Christian religions. Furthermore, western philosophers have described a mindful path to become more aware of thoughts, feelings, and bodily sensations. Mindfulness can be considered as a universal human ability embodied to foster clear thinking and open-heartedness. As such, this form of being requires no particular religious or cultural belief system. The current acceptance of what a mindful path is, refers to a psychological quality that involves bringing one’s complete attention to present experience on a moment-to-moment basis, in a particular way: in the present moment, and non judgmentally. Although such a definition is well accepted in France, the French translation for Mindfulness is not easy to use: being conscious and being aware are translated with the same French word. The French language fails to clearly separate the dimensional attributes of a mindful subject from the ways for developing mindfulness through formal meditation practice. In line with this conception, stability and assessments of Mindfulness mainly were examined. How this disposition allows the development of concentration, attention and acceptance moment by moment in a non judgmental way is described in the second part. Particular attention is paid to its positive effects in several aspects of mental and physical health. In particular, positive effects on the ability to cope with stress are described from a physiological point of view. Third, this article intends to present neurobiological aspects currently proposed to explain the benefits of Mindfulness meditation. Modifications of cerebral networks and neurobiological functioning are described in relation to expertise in meditation practice. The hypothesis of the role of meditation on neuroplasticity is also discussed. Furthermore, the specific impact of Mindfulness meditation practice on these mechanisms will be considered in comparison with relaxation techniques. With the increasing growth of well-designed and well-controlled meditation research, however, future studies will be needed to compare between different meditation techniques. This will enable researchers to outline the effects of the  technique-specific differences on behavior ,cognitive function, underlying physiology and  neurobiology and clinical effectiveness. Finally, the most recent data on the changes in functioning of a resting brain (Brain Default Mode) induced by a Mindfulness practice,   demonstrate differences in the default-mode network that are consistent with decreased mind-wandering. That is a way to better understand possible neural mechanisms of meditation for health benefits of Mindfulness.
© L’Encéphale, Paris, 2014.

trait-horiz
 

Introduction

Pour aborder cet article nous avons souhaité appréhender l’origine historique de la Mindfulness, ou pleine conscience comme présence du développement de l’attention ou de la conscience, à travers les principaux courants spirituels, philosophiques, psychologiques et psychothérapiques de notre monde. Contrairement à la croyance la plus fréquente, la Mindfulness n’est pas uniquement dérivée de la pensée bouddhiste bien que celle-ci ait su préserver et transmettre de manière vivante son concept basé sur une attention nue, ou pleine conscience, et ses pratiques s’appuyant sur la méditation. On retrouve la Mindfulness dans l’hindouisme, l’islam, la chrétienté comme nous le renseigne l’encyclopédie Gale and Thomson sur les religions [1] tout autant que dans les philosophies grecques anciennes ou européennes modernes. Ainsi, pour prendre quelques exemples, les Upanishads (1500 av. J.-C) décrivent l’importance de développer l’attention ou la contemplation avec l’intention de réduire et d’apaiser le flot des pensées ou des activités automatiques en fixant son attention sur la respiration.

La tradition bouddhiste fait remonter ces pratiques au 6e siècle av. J.-C. et utilise deux principales approches de méditation pour apprendre à accepter le présent tel qu’il est : les méditations de Samatha (attention vigilante) et Vipassana (vision pénétrante) qui ont elles aussi pour objet de réduire les perturbations mentales et de permettre une connaissance plus juste des phénomènes. Dans le taoïsme (environ 6e siècle av. J.-C.), c’est à travers des techniques de focalisation de l’attention sur la respiration, par des pratiques immobiles (zuowan, à traduire littéralement par "s’assoir et oublier") ou en action (tai qi quan) que le travail sur la conscience des phénomènes est abordé. Si la présence du développement de l’attention ou de la conscience est peu mentionnée dans les grands courants monothéistes, elle a néanmoins existé et perdure dans certains rituels de prière attentive dans la Kabbale pour la religion juive, de prière du choeur dans la religion chrétienne orthodoxe et bien sûr, sans être la seule dans la pratique des  derviches tourneurs pour l’Islam avec comme but une réduction de l’éparpillement de l’attention. Différents philosophes occidentaux se sont penchés sur le phénomène de pleine conscience. Montaigne en est certainement le plus ancien avec son idée clé du « vivre à propos » : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude et à moi » [2]. Spinoza (17e siècle) ventera la reconnaissance des émotions destructrices et leur acceptation comme remède à leur meilleure gestion [3]. Enfin, pour clore ce tour des approches, au 20e siècle, Husserl et ensuite d’Heidegger [4,5] expliqueront par la phénoménologie, la science du vécu, comment l’expérience que l’instant peut mener à une certaine libération.
Le Professeur Kabat-Zinn, qui a écrit son premier article sur le sujet en 1982, a proposé en 2003 la définition suivante : « la Mindfulness est un état de conscience qui résulte du fait de porter son attention, intentionnellement, au moment présent, sans jugement, sur l’expérience qui se déploie moment après moment [6] ». La Mindfulness est également définie comme une inclinaison permettant le développement de la concentration, de l’attention et de l’acceptation, sans jugement, envers tout ce qui est vécu dans le moment présent [7]. La notion de Mindfulness renvoie donc à une attention « nue », dépouillée de toute interprétation, dans laquelle la conscience perceptive est cultivée à tout moment [8,9].

Le terme de mindfulness a été traduit de façon variable dans la langue française. Les traductions transformant la brièveté lumineuse du vocable anglo-saxon en mots composés d’utilisation « lourde », voire de néologisme, reflètent mal sa signification complexe ou subtile. L’ambiguïté de la notion de Mindfulness renvoie à deux acceptions non exclusives : un « état d’esprit », propriété émergente involontaire d’un cerveau entraîné à une certaine façon de percevoir, et la méditation comme moyen d’atteindre cette manière de percevoir, voire encore l’association des deux. Ainsi, P. Grossman décrit la Mindfulness comme pouvant être à la fois un état d’esprit, un trait d’esprit, un type particulier de processus mental ou encore la méthode pour cultiver un de ces différents aspects [10]. Le terme mindfulness traduirait ainsi à la fois l’action et le but de l’action.

Les traductions hésitent entre ces deux pôles. Les auteurs qui utilisent la traduction de « méditation pleine conscience » conservent cette ambiguïté, l’association semblant décrire cette dimension comme une action volontaire ou comme un « état d’esprit » atteint notamment par la pratique d’exercices de méditation [11]. C’est pourquoi d’autres auteurs utilisent préférentiellement la traduction « pleine conscience » [12], sans préjuger de la manière d’atteindre cet état. Dans un souci d’exactitude de terme, et devant l’ambiguïté consubstantielle de la traduction, nous utiliserons donc dans ce travail le terme de Mindfulness comme un véritable néologisme. Par convention, un sujet mindful est considéré ayant une forte intensité d’éveil en conscience (meilleure capacité à observer, accepter et suspendre son jugement sur l’expérience en cours) et la propriété d’éveil en pleine conscience est la Mindfulness.

L’évolution conceptuelle allant d’une philosophie de la vie vers une conception psychologique a mis au coeur de la Mindfulness les interventions permettant au cerveau de fonctionner selon ce mode mindful. Les pratiques initiales se sont basées sur le yoga et la méditation pour développer la Mindfulness afin de faire face aux agressions extérieures ou environnementales [13]. Elles s’appuient sur des exercices intégrés dans la vie quotidienne, pouvant reposer sur la méditation, l’analyse corporelle ou bien le yoga « en pleine conscience ». La méditation consiste à se concentrer sur ses sensations lors d’exercices respiratoires représentant alors une ligne de base attentionnelle, permettant ainsi de notifier toute autre sensation corporelle par rapport à ce référentiel. L’analyse corporelle consiste à focaliser son attention de façon séquentielle sur les différentes parties corporelles sans interprétation subjective. Le yoga « en pleine conscience » consiste à développer la concentration sur les sensations corporelles lors de mouvements [6]. Cette stratégie est complétée par la poursuite des exercices d’action en pleine conscience dans la vie quotidienne (manger, marcher, etc.). Le focus attentionnel sur la respiration au cours de la méditation sert d’ancrage au sujet. Ce point focal lui permettra, lorsqu’il prend conscience des sensations plus ou moins douloureuses, des émotions plus ou moins pénibles et surtout des pensées associées qui provoquent des jugements ou des ruminations, de prendre note, de laisser aller ces informations et de revenir au présent de sa respiration, comme élément de sa réalité, instant après instant.

Les pratiques visant à développer la Mindfulness cristallise l’ambiguïté de « l’objet Mindfulness ». On fait des exercices codifiés en espérant acquérir une capacité, ici la Mindfulness, et cette capacité survient de manière involontaire ; autrement dit, on devient mindful, c’est-à-dire présent à soi même, à son insu. Une ambiguïté sémantique existe également entre l’entraînement conduisant à l’émergence de la Mindfulness et la propriété émergente de la Mindfulness. Enfin, il convient de rappeler que si dans les cultures orientales, les pratiques visant à développer la Mindfulness sont toujours partie prenantes de la pratique religieuse, et de la philosophie de vie, dans le monde occidental, les pratiques se développent sous le couvert de la science, indépendamment de tout contexte religieux ou philosophique.

Les pratiques développant la capacité d’un individu à être en Mindfulness ont été individualisées sous forme de programmes d’intervention différemment formalisées et poursuivant des buts distincts [14]. Parmi elles, il faut relever « la réduction du stress basée sur la Mindfulness » (Mindfulness-Based Stress Reduction, MBSR, [14—16]), premier programme utilisé centré sur la prise en charge des douleurs chroniques, puis « les thérapies cognitives basées sur la  Mindfulness » dans le cadre des dépressions (Mindfulness-Based Cognitive Therapy, MBCT, [17]), la thérapie comportementale dialectique (Dialectical Behavior Therapy, DBT, [18]) et la thérapie d’approbation et d’engagement (Acceptance and Commitment Therapy, ACT, [19]). Récemment, ces approches ont été adaptées pour s’ouvrir à d’autres champs de la prise en charge psychiatrique : addiction [20], dépression sévère [21] et troubles bipolaires [22]. Dans tous les cas, les interventions développant la Mindfulness, la conservation et a fortiori l’amélioration du niveau de Mindfulness passent par une pratique régulière et quotidienne des exercices enseignés [14].

Si la Mindfulness a été utilisée en clinique dès les années 1980 pour réduire le stress dû à la maladie, aux douleurs chroniques, aux traitements pénibles, et in fine améliorer la qualité de vie de nombreux patients. Initialement développés dans les hôpitaux, ses champs d’application se sont ouverts à la médecine générale dans le cadre de la gestion du stress [23], et diversifiés pour venir en aide à d’autres catégories de population dans la tourmente (dans les prisons,en entreprise, auprès des personnes âgées, auprès des étudiants, des juristes, etc.). Depuis ces 20 dernières années, la Mindfulness est devenue un objet d’étude pour les cliniciens, et dans une moindre mesure pour les psychologues expérimentalistes.

Fonctionnement physiopsychologique du sujet mindful

Les méthodes développant la Mindfulness, et in fine la Mindfulness per se, induisent de nombreux effets bénéfiques dans le champ de la santé, qu’ils soient physiologiques ou psychologiques.

Indépendamment de la manière dont la Mindfulness émerge, c’est l’ensemble du fonctionnement psychique qui est impacté par le travail de reconstruction mental que l’entraînement à la  Mindfulness suppose. La Mindfulness améliorerait la qualité de la relation du sujet à lui-même et au monde. Elle accroît la perception environnementale, du soi et des émotions [24]. Ce faisant elle interrompt les réponses affectives automatiques, et permet la diminution de leur intensité et de leur durée [25]. La Mindfulness engendre un détachement du sujet, permettant une régulation de l’expérience affective [26]. Les sujets mindful ont une capacité accrue de faire face (coping) à des expériences affectives comparativement aux sujets témoins [27—29]. La Mindfulness augmente la flexibilité comportementale [24]. La Mindfulness apporterait ainsi aux sujets la pratiquant un nombre accru de stratégies de réponses émotionnelles adaptées [29]. De plus, la Mindfulness améliore les scores dans les situations de conflit attentionnel, et ceci avec une moindre anxiété [30].

Outre le fonctionnement de la psyché, il semble que les sujets considérés comme mindful présentent des caractéristiques physiologiques particulières à de nombreux égards. Ces caractéristiques ont été observées au repos mais plus fréquemment lorsque le sujet s’active et se confronte au monde.

Les sujets mindful présentent une meilleure régulation de la cortisolémie [31—34]. Cela se traduit par une diminution plus rapide du taux de cortisol après le pic matinal et un taux de cortisol nocturne légèrement plus élevé au coucher qu’au lever [35]. Cette meilleure régulation est contemporaine de l’activation du cortex préfrontal et de l’inhibition amygdalienne [35],  correspondant ainsi à l’inhibition des voies du stress [33]. Ainsi, des étudiants soumis à un stress mental de calcul présentent une moindre élévation du cortisol s’ils ont pratiqué des exercices de méditation (Integrative Body-Mental Training; 30). Le tonus parasympathique est augmenté chez les sujets pratiquant la Mindfulness que ce soit lors d’exercices de méditation ou face à un stress [36,37]. Une observation analogue est faite pour d’autres types de méditation [38]. Les sujets mindful présentent également une amélioration de la fonction immunitaire avec une augmentation post-vaccinale des taux d’anticorps contre la grippe plus intense que chez des sujets témoins [39].

La neurobiologie de la Mindfulness

Les mécanismes neurobiologiques sous-tendant la Mindfulness sont étudiés expérimentalement d’une part en comparant les différences de fonctionnement cérébral entre entre experts mindful et sujets naïfs et d’autre part en évaluant les modifications de fonctionnement du cerveau secondairement à la pratique de la méditation Mindfulness.

Les sujets mindful présentent une plus grande activation frontale que les sujets non mindful [40,41]. Cet effet pourrait être associé à une synchronisation des fréquences rapides de l’électro-encéphalogramme (EEG) [42], ou à une augmentation paroxystique des fréquences rapides au niveau du cortex frontal [43]. Comparativement à des sujets témoins, le sujet mindful présente une inhibition bilatérale de l’activité amygdalienne, une activation du cortex préfrontal (portions ventrolatérales bilatérales, ventromédiales, médianes et dorsolatérales) et de l’insulabilatérale [44—46]. Les sujets maîtrisant la Mindfulness présentent une activation prédominante de l’hémisphère gauche [35]. Ils ont également une augmentation de la quantité de leur substance grise (SG) dans des structures comme l’insula, le cortex préfrontal, le gyrus temporal inférieur et l’hippocampe [47].

Le fonctionnement des différentes structures cérébrale sa également été analysé en imagerie par résonnance magnétique (IRM) chez des sujets pratiquant des exercices de MBCT. La répétition de ces exercices crée principalement un renforcement de la connectivité entre l’insula et la partie médiale du cortex préfrontal [45]. L’entraînement régulier aboutit à une activation plus importante du cortex préfrontal et une atténuation plus prononcée de l’activité amygdalienne lors de ces exercices [44]. Ceci donne donc au cortex frontal une fonction inhibitrice sur les  structures sous-corticales [48]. Ces données sont en cohérence avec le fait que des sujets sains aient une corrélation positive entre scores de conscience émotionnelle et activité du cortex cingulaire droit durant des processus émotionnels [49]. Les structures dopaminergiques seraient également impliquées dans la genèse des effets de la méditation : on observe en PET-SCAN une décharge accrue de dopamine dans la zone ventrale du striatum et le nucleus accumbens, matérialisée par la diminution du taux de fixation du 11C-raclopride (un antagoniste des récepteurs dopaminergique D2) [50].

La répétition des entraînements suppose un biais puisque les effets observés au niveau du fonctionnement cérébral pourraient être reliés soit à la Mindfulness, soit à la répétition des exercices, soit à l’addition des deux. Il est démontré qu’un entraînement intensif se traduit par une augmentation significative de la SG des régions impliquées dans les tâches entraînées : cet épaississement s’observe au niveau mi-temporal et de la scissure pariétale gauche chez les sujets apprenant à jongler [51] ou au niveau du cortex pariétal inférieur gauche chez les sujets apprenant une deuxième langue [52]. L’augmentation de la substance grise au niveau de l’insula, du cortex préfrontal, du gyrus temporal inférieur et de l’hippocampe chez les sujets pratiquant les MBSR pourrait donc être un signe indirect de l’activité de ces zones lors de ces exercices [47]. Cette augmentation de la SG est d’autant plus grande que le nombre d’heures de pratique est élevé. Une étude récente montre également que les sujets ayant une pratique d’une vingtaine d’années de méditation présentent une augmentation de la gyrification corticale au niveau des gyri pré-central gauche et fusiforme droit, du cuneus droit, et de l’insula [53]. Cette  augmentation de la gyrification corticale, qui représente le processus par lequel la surface du cerveau évolue pour créer de nouveaux sillons corticaux, est d’autant plus importante que le nombre d’années de pratique est important. Ces nouvelles formations sont supposées venir renforcer les processus neuronaux, en augmentant les connexions neuronales, et en particulier en améliorant les processus de traitement de l’information, de prise de décision et de gestion de la mémoire [53]. En d’autres termes, la pratique de la Mindfulness modifie la structure cérébrale, particulièrement au niveau des zones de traitement de l’information corporelle, et du contrôle du stress.

Un des mécanismes neurobiologiques impliqué dans les caractéristiques associées à la Mindfulness pourrait reposer sur les mécanismes de neuroprotection et de neuroplasticité, comme le suggèrent des études récentes [54,55]. Cette question demande à être approfondie. Néanmoins, les données actuelles impliquant les neurotrophines dans la dépression chez l’animal [8,55—57] et chez l’homme [58,59] et l’effet bénéfique de la pratique de la méditation Mindfulness sur cette souffrance constituent des arguments justifiant la poursuite des études.

La spécificité de la Mindfulness au regard des techniques de relaxation

Les modifications cérébrales observées chez les sujets pratiquant la Mindfulness sont également présentes chez les sujets pratiquants d’autres types de méditation. La relaxation musculaire ou l’hypnose entraînent également des modifications cérébrales de même type. Néanmoins, les rares études permettant la comparaison entre ces différentes techniques suggèrent qu’il existe une spécificité d’action cérébrale de la pratique de la Mindfulness. En ce qui concerne les différentes méditations, il convient de les séparer au regard du support/objet de concentration qu’elles utilisent. La Mindfulness privilégie l’expérience de la focalisation sur la respiration et l’état antérieur, certaines méditations focalisent l’attention sur un objet ou une répétition de sons (mantra), enfin d’autres méditations sont centrées sur l’expérience émotionnelle positive (compassion, joie, gratitude). Si chacune de ces méditations active systématiquement les réseaux fronto-pariétal et fronto-limbique [60], les méditations centrées sur l’objet se caractérisent par une activation importante du réseau fronto-pariétal [61—63], celles centrées sur l’expérience émotionnelle par une activation du réseau fronto-limbique [42,64], et la méditation Mindfulness par une activation privilégiée de l’insula et de l’aire cingulaire antérieure [65].

Les activations induites par la pratique de la relaxation, outre celles des aires motrices primaires et secondaires en raison du relâchement musculaire, concernent principalement les régions limbiques et paralimbiques [66—68]. En comparaison avec la Mindfulness, les activations induites par la relaxation sont moins intenses, particulièrement au niveau de l’insula et de l’aire cingulaire antérieure et du réseau fronto-limbique [42,45,47,61—65]. La phase de relaxation dans le cadre d’une séance d’hypnose, produit des activations similaires [66,68]. Il n’existe pas de données, à notre connaissance, permettant de comparer les activations cérébrales induites par la relaxation hypnotique et la Mindfulness.

Bien que ces données proviennent d’études ne suivant pas des protocoles comparables, elles apportent un faisceau d’arguments cohérents pour considérer qu’il existe des modifications  structurelles et fonctionnelles du cerveau spécifiques à la Mindfulness. La prise en compte des différents patterns activés par la Mindfulness conduit à la caractérisation d’un cerveau  renforçant les réseaux impliquant :

  • les mécanismes attentionnels (réseau fronto-pariétal [60]) ;
  • la régulation des émotions (système limbique) ;
  • les processus de flexibilité mentale et de contrôle de l’inhibition (cortex préfrontal ; [69—73], et ;
  • les processus de représentation du corps, du soi et de la relation aux autres, mais aussi les mécanismes de régulation intéroceptive, dont la régulation autonome (insula, diencéphale notamment ; [65,73]). Ces changements régionaux d’activation apparaissent indépendants des effets physiologiques de relaxation physique, per se.

Conclusion

L’individu se construit et vit en société par la perception intégrée de lui-même et des autres dans un environnement en changement permanent. Juger de l’intensité d’un challenge environnemental ou de la gravité d’une dysfonction cérébrale pathologique revient à évaluer en creux la  perception de soi. in fine, ces éléments posent clairement la question des rapports entre la capacité de perception de soi d’un sujet mindful et la capacité d’adaptation aux challenges rencontrés. De façon générique, la tâche de méditation Mindfulness est de maintenir l’attention sur un objet, qu’il soit interne ou externe, en conscience et de rediriger son attention sur cet objet, dès lors que l’esprit vagabonde. Ce mode de fonctionnement reflète des pensées indépendantes de tous stimuli externes et se désactive lors des tâches cognitives. Il contribuerait au monitorage du soi. Il se caractérise par l’activation d’un réseau impliquant notamment le cortex préfrontal médian (qui contribuerait à la création des aspects multiples du « soi »), et le cortex cingulaire postérieur, appelé réseau par défaut ou réseau « tâche négatif ».

Il est important de noter que l’état d’esprit vagabond est associé à moins de sentiments de joie [74]. De surcroît, un excès d’utilisation ou la persistance de cet état peut s’accompagner d’une perturbation du contrôle attentionnel, voire d’une anxiété [75]. Il existe à notre connaissance une seule étude évaluant le mode de fonctionnement par défaut de sujets mindful comparativement à des sujets contrôles [76]. Cette étude montre que, comparative mentaux sujets contrôles, les sujets mindful :

  • rapportent moins d’état d’esprit vagabond durant la phase de méditation ;
  • ont une désactivation du réseau par défaut durant la phase de méditation, et ;
  • ont une modification de la fonctionnalité du cerveau caractérisée par l’apparition de couplages entre les aires cingulaire postérieure, cingulaire antérieure et pré-frontale dorso-latérale. La mise en évidence de cette connectivité implique de considérer que la pratique de la Mindfulness modifie fonctionnellement la régulation émotionnelle et cognitive du soi. Le fait, que ces différences soient présentes également à l’état de base, en dehors de toute tâche de méditation, suggère que la pratique de la Mindfulness modifie également structurellement le réseau par défaut.

Comprendre les bénéfices de la pratique de la Mindfulness sur l’adaptabilité et la santé implique de prendre en compte le fonctionnement du réseau par défaut des sujets mindful. Les études dans ce sens permettront de mieux appréhender la question d’une perception de soi et des autres « protectrices ».

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts enrelation avec cet article.

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