Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Troubles de l’usage de substances psychoactives, suivi gynéco obstétrical et périnatalité des patientes

Publié le mardi 4 février 2020

dans

Auteurs

BOUCHEZ H.1, MESSAOUDI N.1

1 Centre d'addictologie hospitalière SESAME / CSAPA ambulatoire Le Mail , Amiens, FRANCE

Résumé

Objectifs

Les femmes présentant des troubles de l’usage (TU) de substance(s) psychoactive(s) (SPA) sont une cible prioritaire dans la prise en charge en addictologie du fait de leurs problématiques féminines et de leurs vulnérabilités spécifiques, avec des conséquences sur leur santé et celle de leurs enfants. Peu de dispositifs d’addictologie spécifiques aux femmes existent. L’objectif de l’étude était de réaliser un état des lieux du suivi gynéco-obstétrical et de la périnatalité des patientes afin d’évaluer l’intérêt d’une consultation dédiée.

Méthode

Étude quantitative descriptive auprès de patientes recrutées dans deux centres de soins en addictologie (CSAPA ambulatoire et centre d’addictologie hospitalière) à Amiens.

Résultats

57 patientes ont été incluses, âgées de 41 ± 12 ans. 77% avaient été ou étaient suivies pour au moins un trouble psychiatrique avec prédominance des troubles anxiodépressifs. 54% des patientes n’avaient pas de suivi gynécologique régulier avec un retard moyen de suivi de 5,4 ans. 71% déclaraient que les TU de SPA avaient pu influencer ce retard. Concernant le frottis cervico-utérin, 42 % des patientes étaient en retard (3,4 ans) et 36 % de retard à la mammographie (5,2 ans). 49% de femmes en âge de procréer étaient sans contraception et 32% avait subi au moins une IVG. 60% avaient déjà eu un rapport sexuel à risque, avec l’absence de contrôle sérologique dans les suites pour 38% d’entre elles. 74% déclaraient avoir subi de la violence psychologique et/ou physique et 2/3 déclaraient vivre dans un environnement familial actuel insécure. Seules 8% des grossesses avaient bénéficié d’une consultation préconceptionnelle malgré une réduction significative des consommations de SPA pendant la grossesse (p<10-6). 20% des enfants avaient eu des complications néonatales (hospitalisation néonatalogie ou soins intensifs) ; 47% nécessitaient un suivi spécialisé dont 22% en pédopsychiatrie et 17% bénéficiaient d’une prise en charge scolaire spécialisée. Au total, 90% des patientes étaient favorables à une consultation gynécologique dédiée au sein des centres de soins en addictologie dont l’ensemble pour l’accès à un suivi général gynécologique, 65% intéressées par l’abord du dépistage des IST, 43% pour le suivi de grossesse et 29% pour l’accès à un planning familial.

Conclusion

Le suivi gynéco-obstétrical des femmes n’était pas optimal avec un retentissement sur leurs enfants. Intérêt du développement de consultations gynéco-obstétricales dédiées au sein des structures de soins spécialisées en addictologie.

Le poster

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Troubles de l’usage de substances psychoactives, suivi gynéco obstétrical et périnatalité des patientes

 

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