Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Les unités d'interventions complexes : un exemple à Genève

Publié le mardi 4 février 2020

dans

Auteurs

BOUKAKIOU R.1, TOMULESCU S.1, PRADA P.1

1 Hopitaux Universitaires de Genève, Genève, SUISSE

Résumé

Objectifs

Les unités médico-psychiatriques (Medical-Psychiatry Units) ont évolué vers des unités d’intervention complexe (ou Complex Intervention Unit). Le MPU Study Group a défini les critères d’une UIC [1] par : la prise en charge de comorbidités psychiatriques et somatiques aigus [2], la présence d’une équipe pluridisciplinaire, et un milieu disposant de matériels de soins somatiques et des conditions de sécurité psychiatriques.
Nous présentons l’Unité de Psychiatrie Hospitalière Adulte (UPHA) des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) afin d’étudier ces caractéristiques.

Méthode

Une analyse descriptive est faite sur les hospitalisations à l’UPHA entre le 01/05/2018 et le 01/10/2019, comprenant une évaluation du Health of  the Nation Outcome Scales (HoNOS) d’entrée et de sortie, la durée moyenne de séjour et le délai moyen d’admission (DMA).
Une analyse des moyens est faite.
Une série de quatre cas est rapportée afin de représenter la diversité des pathologies traitées.

Résultats

Deux-cents cinquante-neuf hospitalisations ont été recensées. Le score HoNOS moyen d’entrée était de 30, celui de sortie de 13. La DMS était de 25.4 jours et le DMA de 2.5 jours.
L’UPHA dépend du département de psychiatrie des HUG. Pour 18 lits, l’équipe est composée de 4 psychiatres, 1.5 internistes, 1 soignant pour 4 patients, 1 assistante sociale et 3 pluri professionnels de santé. De nombreux consultants y sont actifs. L’unité est un milieu psychiatrique ouvert avec possibilité de contrôle des portes, où tous les soins médicaux peuvent y être dispensés à l’exception d’une surveillance constante des paramètres vitaux et des chimiothérapies.
Nos cas cliniques illustrent une situation où le trouble psychiatrique cause le trouble somatique (catatonie), où le trouble psychiatrique aggrave le trouble somatique (anorexie mentale sur diabète de type 1 post carcinome du pancréas), où le trouble psychiatrique est comorbide indépendamment du trouble psychiatrique (schizophrénie et iléus), et où le trouble somatique cause le trouble psychiatrique (psychose sur tacrolimus).  

Conclusion

Les UIC traitent des patients complexes avec un état de santé et de fonctionnement psychosocial gravement altérés mesurés par le HoNOS. Le travail de prise en charge pluridisciplinaire y est conséquent et la collaboration entre les médecins psychiatres et internistes est déterminante.
Elles nécessitent des moyens suffisants, et les DMS y sont relativement longues.
Les UIC ouvrent un accès aux soins rapides avec une DMA courte à des patients difficiles à prendre en charge et très consommateurs de soins.
Elles permettent une déstigmatisation de cette population par une meilleure connaissance de la part de tous les professionnels de soins impliqués. La tarification des soins doit y être adaptée.

Le poster

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Les unités d'intervention complexe

 

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