Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Traits callous-unemotional et fonctionnement des jeunes avec troubles des conduites

Publié le jeudi 25 février 2021

dans

Auteurs

SQUILLACI M.1, BENOIT V.2

1 Université de Fribourg, Fribourg, SUISSE
2 Haute Ecole Pédagogique, Lausanne, SUISSE

Résumé

Introduction

De nombreuses études ont montré que les enfants et les adolescents qui présentent des troubles de conduites (TC) ont un risque accru de développer des comportements antisociaux graves et persistants à l'âge adulte. Des recherches montrent toutefois que tous les jeunes ne suivent pas une trajectoire négative et expliquent cette hétérogénéité notamment par la gravité des traits durs et non émotionnels (callous-unemotional [CU]), intégrés au DSM-5 en 2013. Notre recherche vise à examiner l’influence des traits CU sur les cinq dimensions du développement des enfants et des adolescents avec un TC. Les réponses sont articulées autour des cinq dimensions du modèle de l’AIDD (Schalock et al., 2010).

Méthode

Une revue systématique de la littérature menée à travers différentes bases de données (PubMed, Scopus et Web of Science) et utilisant différents mots-clés (callous, unemotional, conduct disorders, etc.) a permis d'analyser 55 études publiées entre 2015 et 2020 qui mesurent les effets bidirectionnels des traits de CU sur le fonctionnement des jeunes avec un TC. Les résultats ont été reportés selon la méthode PICOTS (Butler et al., 2017) et effectué en double aveugle en répertoriant différentes catégories comme l’auteur, l’année de publication, les caractéristiques de l’échantillon (âge, genre, caractéristiques développementales), les instruments d’évaluation ou les effets bidirectionnels des traits CU sur la santé physique, la santé mentale, les caractéristiques cognitives, verbales, sociales, interactives et contextuelles.

Résultats

Les résultats (sous forme de fréquence, graphiques, taille d’effets) relèvent des effets fortement contrastés selon les dimensions. Sur les 55 études, plus de la moitié ont mesuré les liens entre les traits CU et le fonctionnement intellectuel, spécifiquement au niveau des fonctions exécutives. Les résultats rapportent des ef­fets des traits CU aussi bien sur la compré­hension et l’interprétation des situations so­ciales, les capacités d’inhibition de réponses automatiques, que sur les compétences ré­flexives (Kim & Chang, 2019). La majorité des études (48 sur 55) indiquent des liens entre la sévérité des traits CU et les difficultés d’adaptation sociale. Au niveau de la santé mentale, les études ont relevé les liens entre les traits CU et la présence de différentes comorbidités (42 études sur 55), de traits spéci­fiques de personnalité et de troubles de régulation émo­tionnelle (p. ex. Milledge et al., 2019). Au niveau du contexte, les chercheurs mettent en évidence les difficultés au niveau de l’attachement entre l’enfant et ses parents.

Conclusion

Nos résultats soulignent l'importance d'évaluer la présence des traits CU dans la petite enfance pour prévenir l'apparition de troubles comorbides et mettent en évidence la nécessité de cibler les interventions multimodales afin d'influencer de manière positive les trajectoires de vie des enfants présentant des traits CU élevés.

 

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