Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Profil des auteurs de violence intrafamiliale : A propos de 53 expertises pénales

Publié le mardi 15 mars 2022

dans

Auteurs

JABEUR M.BEN MOHAMED B.1CHAHDOURA A.1AJMI I.1ZAAFRANE F.1GAHA L.1

  1. Service de psychiatrie , CHU Fattouma Bourguiba , Monastir , Tunisie , Tunisie

Résumé

Introduction

 La violence intrafamiliale est aujourd’hui reconnue comme un véritable fléau social et suscite un intérêt particulier en raison de ses conséquences néfastes sur les victimes, sur les témoins et la société en général. L'objectif de notre travail est de déterminer le profil sociodémographique, clinique et criminologique des auteurs d’actes violents intrafamiliaux, examinés dans le cadre d’expertises pénales.

Méthode 

Nous avons mené une étude rétrospective qui a porté sur 53 rapports d’expertise pénale de sujets inculpés pour des agressions en milieu intrafamilial, au service de psychiatrie de Monastir au CHU Fattouma Bourguiba (Tunisie) durant la période allant de 2003 à 2018.

Résultats 

Les inculpés de notre série étaient des hommes dans 92,5% des cas. Leur âge moyen était de 33±11,19 ans avec des extrêmes de 16 et 71 ans. Ils étaient au chômage dans 49% des cas, vivant sans conjoint dans 62,2% des cas. Le support principal était qualifié de défaillant dans 43,4% des cas et l’intégration sociale était restreinte à absente chez 41,5% des inculpés inclus dans notre étude. Ils avaient des antécédents judiciaires dans 28,3% des cas et des antécédents psychiatriques dans 39,6% des cas. Ceux atteints d’une pathologie mentale grave représentaient 32%. La personnalité antisociale était la plus représentée parmi les troubles de la personnalité. L’acte violent était l’agression physique chez la majorité de notre population d’étude (26,4%), survenant le plus souvent dans un contexte impulsif. Le délire, quant à lui, était le motif du passage à l’acte pour 18,8% de notre échantillon. La victime était représentée par un membre de la famille élargie dans 34,6% des cas, suivi par l’un des parents dans 24,6% des cas et l’épouse dans 20,4%.  Le discernement au moment des faits a été jugé conservé chez 69,2% des participants.

Conclusion

Il ressort de nos résultats, que le profil des auteurs des actes violents intrafamiliaux est loin d’être fait exclusivement de patients souffrants de troubles mentaux. En effet, le contexte socio-économique, le niveau d’intégration sociale et les traits de personnalité apparaissent comme des éléments plus caractéristiques des sujets à risque de commettre ces actes. Il en découle que les stratégies préventives doivent cibler les aspects biologiques, psychologiques et sociaux de la violence intrafamiliale afin d’espérer minimiser ce fléau. 

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