Valentina DECIO (1), Philippe PIRARD (1), baptiste PIGNON (2), Nolwenn REGNAULT (1), Santé Mental GROUPE DE TRAVAIL (1), Sarah TEBEKA (1)
Au début de la pandémie de COVID-19, les données relatives aux populations générales du monde entier ont confirmé une augmentation significative des symptômes de dépression et d'anxiété entre les périodes pré et médiane de la pandémie. Cet impact semblait être plus fort chez les personnes touchées par la maladie que chez celles qui ne l'étaient pas, et ce d’autant plus que l’infection est sévère. Les données sur l'émergence de symptômes psychiatriques après une hospitalisation pour COVID-19 mettent en évidence la prévalence de plusieurs troubles, notamment trouble de stress post-traumatique, anxiété et dépression, qui peuvent persister jusqu'à 6 mois après la sortie de l'hôpital. Cependant, on ne sait toujours pas si les hospitalisations pour COVID-19, par rapport aux hospitalisations pour une autre raison, sont associées à un risque plus élevé de troubles psychiatriques graves ultérieurs et d'hospitalisations.
Nous avons mené une étude rétrospective longitudinale à l'échelle métropolitaine à partir des données du système national des données de santé (SNDS), en France. Nous avons comparé la proportion d'hospitalisations pour troubles psychiatriques dans les 12 mois suivant la sortie de l'hôpital chez les patients atteints de COVID-19 par rapport à ceux hospitalisés pour une autre raison, dans la population générale adulte en France métropolitaine, pendant la première vague de la pandémie de SRAS-CoV-2.
Parmi les 2 894 088 adultes hospitalisés, 96 313 (3,32%) ont été admis pour le COVID-19. La proportion de patients hospitalisés par la suite pour un trouble psychiatrique était plus élevée pour les patients COVID-19 (11,09% vs 9,24%, OR = 1,20 95%CI 1,18-1,23). Les analyses multivariées ont fourni des résultats similaires pour une hospitalisation pour trouble psychiatrique de tout type, et pour les troubles psychotiques et anxieux (respectivement aOR = 1,06 95%CI 1,04-1,09, aOR = 1,09 95%CI 1,02-1,17 et aOR = 1,11 95%CI 1,08-1,14).
L'hospitalisation initiale pour COVID-19 en unité de soins intensifs (USI) et les antécédents psychiatriques étaient associés à un risque plus élevé d'hospitalisation ultérieure pour tout trouble psychiatrique, qu’une hospitalisation pour une autre raison.
Comparativement aux hospitalisations pour d'autres raisons, les hospitalisations pour COVID-19 durant la première vague de la pandémie en France étaient associées à un risque plus élevé d'hospitalisation pour un trouble psychiatrique au cours des 12 mois suivant la sortie initiale. Ce résultat doit inciter les cliniciens à renforcer la surveillance et l'évaluation des symptômes psychiatriques après une sortie d'hôpital pour COVID-19, et à proposer une prise en charge post-hospitalière, notamment pour les personnes traitées en soins intensifs.
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