Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

L'Esketamine améliore le fonctionnement chez les patients souffrant de DRT

Mis à jour le mercredi 7 août 2024

Auteurs

A REIF (1), S MULHERN-HAUGHEY (2), C VON HOLT (3), Y GODINOV (4), AH YOUNG (5,6), C WICART (7)

  1. Department of Psychiatry, Psychosomatic Medicine and Psychotherapy, University Hospital Frankfurt, Frankfurt, Germany, Francfort, ALLEMAGNE
  2. Janssen EMEA, Dublin, IRLANDE
  3. Janssen EMEA, Neuss, ALLEMAGNE
  4. Janssen EMEA, Sofia, BULGARIE
  5. Institute of Psychiatry, Psychology and Neuroscience, King’s College London, Department of Psychological Medicine, Londres, ROYAUME-UNI
  6. South London and Maudsley NHS Foundation Trust, Bethlem Royal Hospital, Bekenham, ROYAUME-UNI
  7. Janssen Cilag France, Issy-Les-Moulineaux, FRANCE

Résumé

Introduction

Dans ESCAPE-TRD (NCT04338321), une plus grande proportion de patient souffrant de dépression résistante au traitement (DRT) ont atteint la rémission et l’ont maintenue sans rechute avec l’eskétamine en pulvérisation nasale (PN) versus la quétiapine à libération prolongée (Q-XR). Nous rapportons les effets sur le fonctionnement et la productivité de l’eskétamine PN par rapport à Q-XR.

Méthode

Les patients ont été randomisés en 1:1 à l’eskétamine PN ou Q-XR,  dosés selon les RCPs, avec un inhibiteur sélectif continu de la recapture de la sérotonine ou de la noradrénaline  (ISRS / IRSN).

Changement par rapport à la valeur initiale (Baseline) (CfB) du score total de l'échelle d'invalidité de Sheehan (SDS), la rémission fonctionnelle (score total SDS ≤6 ; test Khi-2 de Cochran-Mantel-Haenszel ajusté pour l'âge/l'échec au traitement), et le délai jusqu'à la rémission fonctionnelle (modèle de risques proportionnels de Cox ajusté pour l'âge/l'échec au traitement) ont été comparés entre les bras.

Les CfB concernant l’absentéisme, le présentéisme, la perte de productivité au travail et la déficience de l’activité quotidienne de l’échelle WPAI (Work Productivity and Activity Impairment) ont été évalués.

Résultats

336 patients ont été randomisés à l’eskétamine PN; 340 dans le groupe Q-XR­. Les scores SDS et WPAI à l’inclusion étaient comparables entre les bras. Le score SDS a diminué au cours du temps dans les deux bras; le CfB était plus important avec l’eskétamine PN vs Q-XR (Jour 29 jusqu’à  la semaine 32). Dans l’ensemble, le CfB jusqu’à la semaine 32 était significativement plus élevé dans le bras eskétamine PN vs Q-XR (−10.0 vs −8.3; différence entre traitement [95% IC]: −1.7 [−2.7, −0.7]; p=0.001).
 
Les taux de remission fonctionnelle ont augmenté au fil du temps et étaient plus importants avec l’eskétamine PN vs Q-XR dès la semaine 16 (semaine 32: 34.2% vs 19.7%; rapport de cotes [95% IC]: 2.135 [1.504, 3.029]). L’eskétamine a significativement amélioré le délai jusqu’à la rémission fonctionnelle vs Q-XR (hazard ratio [95% IC]: 1.870 [1.459, 2.397]; p<0.001).
 
Les scores WPAI ont diminué au fil du temps; le CfB était plus important dans le bras eskétamine PN vs Q-XR (absentéisme: −20.7 vs −15.1, p=0.042; présentéisme: −32.2 vs −22.7, p<0.001; perte de productivité au travail: −35.7 vs −24.6, p<0.001; déficience de l’activité quotidienne : −33.3 vs −28.7, p=0.009).

Conclusion

Les patients recevant de l’esketamine PN + ISRS / IRSN ont connu des améliorations plus importantes du fonctionnement / productivité sur 32 semaines par rapport à Q-XR + ISRS / IRSN

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