Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Conduites addictives des enfants en situation de rue : interculturation et résilience

Mis à jour le lundi 13 août 2018

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Addictive behavior of street children: Interculturation and resilience
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T. Kommegnea, P. Denouxa, A. Bernoussia, E.F. Njiengweb

aUniversité de Picardie Jules-Verne, UFR de psychologie, chemin du Thil, 80025 Amiens, France
bUniversité de Douala/hôpital Laquintinie, Douala, Cameroun

Résumé

Cette recherche fait partie d’une étude plus large sur la prévention des enfants en situation de rue au Cameroun et participe d’une profonde interrogation sur la pathologie de rue, incluant des symptômes tels que les conduites addictives. À l’instar du VIH sida, ces conduites constituent le principal facteur de risque avec lequel beaucoup de professionnels travaillant sur les questions de rue ont désormais à composer.
Objectif.Suivant une approche de psychologie interculturelle, nous examinons la typologie des pratiques addictives, leur rôle initiatique et leur fonction dans l’intégration du système-rue, et analysons également leur importance dans les stratégies de survie. Après une revue des controverses théoriques nourrissant le débat, nous interrogeons, à travers le prisme de la théorie générale des addictions et particulièrement du modèle de la gestion hédonique, l’impact de ces pratiques sur la carrière de rue. Les addictions permettent de résister à l’adversité, de se désister ou alors d’amorcer un néodéveloppement harmonieux malgré l’horreur des dures expériences de la rue.
Méthodologie.Nous avons conduit une étude qualitative et quantitative sur un échantillon de 148 enfants en situation de rue et avons proposé à 124 d’entre eux un questionnaire investiguant les comportements addictifs et les stratégies de survie en contexte de rue. Nous avons particulièrement approfondi la carrière de rue de 24 sujets par des entretiens et des tests standardisés afin de mesurer l’impact de ces pratiques sur la résilience, à travers l’estime de soi (SEI de Coopersmith), la tolérance à la frustration (P-F de Rosenzweig), et le sentiment d’efficacité personnelle (échelle SE de Sherer).
Résultats.Nous observons que la carrière de rue est essentiellement traumatique et que les conduites addictives engageant différentes stratégies d’intégration sont fortement corrélées à travers les stratégies identitaires et les compétences interculturelles au processus d’interculturation. L’addiction n’est pas significativement corrélée à l’estime de soi mais elle est fortement liée à l’efficacité personnelle et à la capacité à tolérer la frustration. Si elles permettent aux enfants d’affronter l’adversité, elles constituent un réel obstacle à la résilience.
© L’Encéphale, Paris, 2013.

Summary

This research belongs to a more comprehensive study on the care of street children in Cameroon. The idea is to develop an analysis of the street pathology where symptoms such as addictive behavior and drug addiction can be found. Beside HIV AIDS, addictive behaviors are the main risk factors that many professionals have to face with while dealing with the street problems today.
Aim. — Through an intercultural approach, we examined the practices of addictive typology, their initiatory role and their function in the integration of the street system. We also analysed their importance in the survival strategies. After an overview of theoretical controversies that feed the debate on addictions, we questioned the impact of these practices on the street career through the prism of general theory of addictions, particularly the hedonic management model. Addiction helps to resist adversity, it helps to desist and then to begin a harmonious neodevelopment despite the horrors of the street experience.
Methodology.We undertook a quantitative and qualitative study on a sample of 148 street children. We proposed to 128 of them a questionnaire focused on addictive behaviors and survival strategies in the street context. We notably evaluated the street career of 24 of them, using interviews and standardized tests to assess self-esteem (Coopersmith’s SEI) frustration tolerance (Rosenweig’s P-F) and self-efficacy (Sherer’s SE Scale) in order to measure the impact of addictive behaviors on the resilience process.
Results.We found that the street career is essentially traumatic, and that addictive behaviors involving various integration strategies are strongly linked to the interculturation process through the identity strategies and the intercultural competences. Addiction itself is not significantly related to self-esteem issues but strongly impacts on self-efficacy and the ability to tolerate frustration. They allow the street children to withstand the street adversity but are a real obstacle to their resilience process.
© L’Encéphale, Paris, 2013.

trait-horiz
 

Bien marginales il y a quelques années [1], les conduites addictives sont devenues une préoccupation majeure et même un écueil que doivent surmonter de nombreuses organisations engagées dans la prise en charge des enfants en situation de rue. Les drogues et le VIH/SIDA constituent les principaux risques d’exacerbation de la vulnérabilité à laquelle font face des millions d’enfants en détresse dans le monde1 [2,3]. L’addiction apparaît de plus en plus comme symptomatique d’une pathologie de rue, et devrait susciter au regard de ses conséquences multiformes, plusieurs interrogations. N’est-elle pas symptomatique aussi bien de la souffrance, que de l’errance psychique de l’enfant en quête d’identité [4] ? Alors qu’elle paraît salvatrice pour le sujet, ne constitue-t-elle pas en même temps un obstacle à son accompagnement socioéducatif, et surtout à tout projet d’insertion ? Pour interroger la fonction de ces pratiques et leur impact sur la carrière de l’enfant, nous allons invoquer sous un regard psycho-dynamique tout d’abord, quelques controverses théoriques qui alimentent les débats sur les addictions [5] depuis le début du XXsiècle. Nous nous focaliserons ensuite sur le modèle hédonique de Brown [6] qui a alimenté la théorie générale des addictions [7], pour donner une signification à cette dynamique comportementale.

Si nous faisons l’hypothèse que les conduites addictives sont des symptômes de la pathologie de rue participant des stratégies de survie, constituent-elles uniquement des modes de résistance à l’adversité, de désistance, c’est-à-dire de mise à distance du réel traumatique, ou alors influencent-elles le processus de résilience de l’enfant confronté aux traumatismes multiformes de la rue ?

Hillis et ses collaborateurs ont publié en février 2012, les résultats d’une enquête particulièrement alarmante sur la prévalence du VIH SIDA chez des jeunes en situation de rue à St Petersburg. Sur un total de 900 jeunes de 14 à 19 ans testés, ils constatent que le taux de prévalence excède 30%, ce qui constitue un seuil très rarement évoqué dans la littérature sur le sujet. La situation d’orphelin dans cette étude apparaît comme un paramètre de grande vulnérabilité, tout comme l’absence de toit (32%). Ils remarquent également que cette prévalence varie selon que les sujets utilisent ou non des drogues.
 

Problématique psychopathologique des addictions

Divers travaux sur la psychopathologie des conduites addictives laissent apparaître des controverses qui ont alimenté de nombreux débats théoriques [8—13]. Deux courants principaux s’opposent, les uns faisant des addictions une maladie, les autres les considérant comme un simple symptôme d’une souffrance psychique, un processus général commun, voire un mode d’être au monde [7]. Une première hypothèse purement psychologique, repose sur la théorie de l’attachement développée par Bowlby et Spitz dès le milieu du XXsiècle. Quoiqu’il soit admis qu’il n’existe pas de personnalité addictive, ni de structure profonde stable spécifique à l’addiction [14,15], de nombreux cliniciens et chercheurs se rejoignent sur l’idée d’une vulnérabilité ou d’une prédisposition aux addictions, qui trouverait ses sources dans les formes d’attachement de la prime enfance [16]. Dans cette hypothèse, il pourrait être établi une relation entre les formes d’attachement et la vulnérabilité du sujet, ce qui permet d’envisager l’addiction à travers ce prisme, comme une pathologie du lien [17—20], lien avec les premiers objets de la vie et particulièrement avec la figure maternelle dont l’absence pourrait générer secondairement l’aliénation addictive [21]. Il est fait l’hypothèse que les enfants qui ont connu un attachement sécure auraient à l’adolescence, la souplesse nécessaire pour opérer des choix qu’impose la vie en société, ceux qui n’en ont pas eu pouvant tenter d’éviter les frustrations des interactions sociales, en se réfugiant dans des conduites de dépendance, pour rechercher un soulagement illusoire [22].

Une seconde hypothèse psychologique d’explication des conduites addictives, est celle de la personnalité des sujets. Alors qu’il est admis que les conduites addictives sont le lot aussi bien du pervers qui s’en sert pour entretenir son déni transgressif, du psychotique qui tente de soutenir ou d’écraser son délire, le névrotique aurait également recours aux drogues pour étourdir sa culpabilité [14]. La controverse entretenue sur la proximité entre addictions et état-limite, a laissé au fil des années la place à de nombreuses discussions cliniques sur l’économie psychique des patients dépendants [4,23]. McDougal [24] évoque dans ses théorisations la fonction défensive des conduites addictives, qui installent le sujet dans une incapacité à faire preuve d’introspection. L’addiction serait un « acte-symptôme » [25] qui témoigne de la fragilité psychique liée à la défaillance de l’organisation du Moi. Jeammet [26] en se rapprochant de la théorie de l’objet transitionnel de Winnicott [27], inscrit lui aussi les conduites addictives dans une problématique narcissique et de relation d’objet. Les failles narcissiques conduiraient le sujet à rechercher une dépendance à un objet extérieur, qui lui donne l’impression de maintenir un équilibre intérieur sécurisant [10].

L’hypothèse traumatique est tout aussi retenue pour expliquer les addictions aussi bien comportementales, qu’aux drogues diverses. La variabilité des contextes traumatiques identifiés dans les recherches donne à croire qu’il n’est pas aisé de trouver une origine exclusive et univoque au coeur du comportement addictif. Ces traumatismes, surtout ceux qui surviennent précocement (deuils, carences affectives, maltraitances diverses, traumatismes sexuels...) constituent des circonstances de rupture brutale, qui correspondent au « miroir brisé », dont le sujet peine à retrouver les morceaux [12]2. Le sujet dont le miroir est brisé, désemparé, se vide identitairement, narcissiquement, et sombre dans une distorsion cognitive qui le conduit à se comporter comme si la société non seulement l’avait lésé, mais avait une dette à son endroit. Il tente par son addiction, de panser des blessures auxquelles il ne veut plus penser. Alors que les théories psychopathologiques inscrivent l’addiction dans le registre d’une morbidité pathologique essentielle, les hédonistes envisagent une constitution addictive potentielle propre à tous les humains, et qu’il nous importe d’analyser pour explorer les conduites des enfants en situation de rue.

2Le Miroir brisé fait référence au stade du miroir de Jacques Lacan. Pour Lacan, ce stade est celui où se constitue le Moi par la découverte de l’image de soi, un Moi différent du Moi fusionnel avec la mère. Le miroir brisé dont parle Olivenstein correspond à un échec du stade du miroir, à un moment traumatique où l’enfant est confronté à une image de soi morcelée, brisée, qui évoque la relation antérieure, l’indifférenciation et la fusion avec la mère. Cette brisure qui survient dans la relation mère-enfant, quand l’économie libidinale est défectueuse, serait la conséquence d’un ou de plusieurs chocs que la mère renvoie à l’enfant.
 

Du modèle hédonique à la théorie générale des addictions

Les recherches de Brown sur les joueurs pathologiques [6] s’inscrivent dans le prolongement de la théorie du renversement psychologique d’Apter [28] qui a décrit les différents moyens par lesquels l’être humain recherche des états psychologiques ou des expériences intéressantes et excitantes, en s’inspirant de la théorie des émotions d’Eysenck. Le postulat premier est que tout sujet évoluerait quotidiennement entre deux polarités émotionnelles, l’activité addictive visant à faire passer d’un état d’émoussement dysphorique dit télique (anxiété, dépression) à un état d’excitation dit paratélique. C’est sur le lit des vulnérabilités personnelles (psychologiques, biologiques, génétiques, sociales) que se développeraient graduellement des pratiques dont le choix dépend de l’environnement, de l’accessibilité, ainsi que de leurs effets hédoniques. L’addiction est ainsi une réponse à un conflit perpétuel ou à une souffrance psychique, la saillance addictive étant à percevoir comme une recherche de modification de la conscience, de l’humeur, mais aussi comme une tentative de maintien du Soi dans un état subjectif d’excitation et d’évasion, ou de sortie du Soi habituel [7].

Dans la même dynamique que Brown, Loonis [29] a développé la théorie générale de l’addiction basée sur le concept de système d’actions. Le postulat théorique est que nos activités au quotidien visent soit une fonction pragmatique d’adaptation au monde, soit une fonction « pragmalogique », selon une logique d’actions centrées essentiellement sur la gestion des émotions. Le présupposé de ce modèle est que nous serions tous situés sur un continuum addictif3, les uns disposant de systèmes d’actions vicariant là où d’autres ne recourent automatiquement qu’à un surinvestissement d’actions pour maintenir un équilibre hédonique.

Ce système d’action s’élaborerait dans la prime enfance par le biais des diverses interactions entre le sujet et son environnement, des modèles culturels, du parenting, et constituerait sa disposition narcissique [10]. Cette théorie qui, à l’extrême, postule que nous sommes tous des addicts, intègre les modèles classiques de compréhension des addictions (neurobiologiques, psychosociales...) et permet d’inscrire les conduites addictives diverses dans le cadre d’un dysfonctionnement du système de gestion hédonique qui détermine une souffrance psychique intrinsèque.

Ce bref aperçu sur les controverses théoriques nous permet de constater que l’addiction est loin d’être une préoccupation épistémologique exclusive de la modernité, puisqu’elle est restée une réalité conjoncturelle de la condition humaine dans toutes les sociétés. Face au conflit psychique intérieur, comme devant l’adversité que génèrent les interactions sociales, certains sujets ont recours aux amortisseurs sociaux pour réaliser une escapade, ou pour faire face au fardeau de la vie, comme s’il s’agissait d’une thérapeutique à leur souffrance [30,31]. Qu’en est-il de l’addiction des sujets en situation d’exclusion sociale, notamment celles des enfants errant dans la rue ?

Cette recherche ambitionne d’explorer l’ampleur des conduites addictives au sein de cette population, mais aussi et surtout de comprendre leurs intrications avec la dynamique d’interculturationdes sujets. Dans une perspective interculturelle, en postulant une interdépendance entre l’addiction de rue et les stratégies identitaires [32], nous interrogeons le rôle qu’elle jouerait dans le processus de résilience des sujets confrontés durablement à l’adversité. Concevant la rue comme un univers de chocs et de confrontations culturels (culture familiale, culture républicaine et culture hybride de rue), la survie y apparaît comme tributaire de la possibilité qu’a le sujet à développer des aptitudes de métabolisation des différences, des stratégies identitaires, mais aussi des compétences interculturelles dont les dimensions cognitives et verbales ont particulièrement retenu notre attention dans cette étude.

Il ne nous semble pas superflu par ailleurs, de souligner l’importance des controverses théoriques sur le contenu et la mesure de la résilience, objets de nombreux débats aussi bien dans le domaine des recherches cliniques, que dans celui du travail social et éducatif [9,21,33]. Ainsi, sans ignorer le caractère restrictif auquel pourrait s’apparenter notre choix, la résilience, ici prise comme processus de développement harmonieux d’un sujet confronté à des traumatismes divers, est limitativement envisagée à travers l’estime de soi, la tolérance à la frustration et le sentiment d’efficacité personnelle qui garantiraient au sujet la possibilité de se projeter au-delà du spectre de l’horreur d’une vie de rue.

3Loonis présume d’ailleurs que notre cerveau étant régi sur un modèle de satisfaction des émotions, nous sommes tous des drogués. Dans cette perception, il existerait une addiction universelle qui suppose une soif permanente de satisfaction et d’excitation qui nous habite du matin au soir et que nous ne pouvons arrêter. L’addiction se définissant par rapport à la dépendance et à la tolérance, la bonne question serait la pertinence de l’hypothèse de cette pseudo-addiction, potentiellement universelle.
4L’interculturation est à percevoir comme l’ensemble des processus par lesquels les individus interagissent lorsqu’ils appartiennent à deux ou plusieurs entités sociales se réclamant de cultures différentes, mais aussi comme les processus par lesquels ils engagent cette différence et tendent à la métaboliser [37].
 

Méthodologie : population et protocole

Pour cerner ce qu’il en est des enfants en situation de rue, population d’accès particulièrement difficile, nous avons entrepris une étude quantitative et qualitative auprès de 148 sujets âgés de dix à 18 ans vivant en situation de rue dans la ville de Douala au Cameroun. Après une phase d’observation participante de 12 mois centrée sur la culture de rue et les stratégies de survie, nous avons, dans la phase quantitative, élaboré un questionnaire permettant d’explorer les conduites addictives des sujets dont les principales modalités sont les jeux de hasard avec ou sans mises financières, et l’usage des substances psychoactives. Nous nous sommes intéressés au choix de la pratique addictive, aux motivations des sujets et à leur sentiment de dépendance, à la dynamique d’interculturation dans la rue (identification, stratégies identitaires, et compétences interculturelles), ainsi qu’à l’estime de soi que nous avons mesurée par un test d’auto-évaluation (SEI de Coopersmith). Nous avons, dans une seconde phase qualitative et par des entretiens successifs, exploré la carrière de rue ainsi que les pratiques addictives de 24 jeunes, leurs pratiques addictives, et mesuré leur capacité de résilience à travers l’estime de soi (SEI de Coopersmith), la tolérance à la frustration (Test P-F de Rosenzweig) ainsi que le sentiment d’efficacité personnelle (Sherer et al.).

Dans la démarche de collecte d’informations, nous avons privilégié non pas un test standardisé pour mesurer l’addiction des sujets, mais un questionnaire, en raison de la grande variabilité des conduites et substances psychoactives utilisées. La dimension projective du questionnaire a été privilégiée pour évaluer les stratégies identitaires que mobilisent les enfants dans la situation de rue. Ainsi les sujets ont été appelés à dire non plus ce qu’ils font pour s’en sortir, mais à donner des conseils à un jeune imaginaire qui se trouverait dans les situations difficiles et adverses de la rue. Notre postulat projectif se fonde sur le constat que la fiabilité des réponses (proximité avec ce que nous observons empiriquement dans la rue) est meilleure lorsque l’enfant parle d’un autre, plutôt que lorsqu’il parle de lui-même. Les informations obtenues dans la phase quantitative de notre recherche ont fait l’objet d’une exploitation statistique (logiciel SPSS), alors que les données des entretiens ont été traitées avec un logiciel d’analyse textuelle (ALCESTE). L’objectif de ce traitement est de permettre une analyse lexicale des données textuelles issues des entretiens. S’il est sûr que cette technique permet une exploration des mondes lexicaux d’un locuteur, elle n’en repose pas moins sur un postulat qui les fait correspondre à des univers mentaux. En présupposant une identité de structure, nous ouvrons, sous la réserve précitée, la possibilité de parcourir l’agencement des référents sémantiques à l’intérieur de cette population.

Nous avons dans cette recherche entrepris une description des conduites addictives, et analysé leurs relations avec la dynamique d’interculturation, ainsi que la nature des liens éventuels entre elles et la résilience des sujets, en faisant l’hypothèse que les conduites addictives qui participent des stratégies identitaires constituent des moyens d’adaptation à l’adversité de la rue, mais représentent un obstacle au processus de résilience des sujets.

Résultats

Nous avons constaté que plus de 70 % de l’échantillon consomment de façon intermittente ou permanente des drogues et que seulement 28,9 % des sujets disent ne rien prendre. Vingt-cinq virgule sept pour cent recherchent une anesthésie psychique, à travers le désir de ne plus réfléchir (aussi bien sur leur passé traumatique que sur le futur incertain). Quarante-trois pour cent estiment qu’ils continuent dans ces pratiques parce qu’ils n’arrivent plus à abandonner, alors que 10,3 % recherchent le sommeil dans leurs conduites addictives. Le sentiment de dépendance est remarquable, avec 36 % des sujets qui se disent contrariés à l’idée d’abandonner, et 19,6 % qui ont déjà essayé, plusieurs fois, sans succès. Les substances psychoactives communes chez ces jeunes sont par ordre de préférence le cannabis (29,6 %), les mixtures de drogues (25,4 %), la cigarette (19,7 %), la thaï (9,9 %), l’essence (7 %), la cocaïne (4,2 %) ainsi que le pétrole (2,8 %) et la colle forte (1,4 %)5. L’alcool n’est curieusement presque pas cité dans les drogues usitées, probablement en raison d’un coût élevé pour des effets mineurs, comparé aux autres psychoactifs disponibles. Par ailleurs, l’alcool est associé dans cet environnement, à des consommateurs beaucoup plus âgés pointés comme la lie de la société.

Comme pour les drogues diverses, 70 % des sujets sont engagés dans des jeux de hasard avec pour caractéristique particulière la mise incontrôlée de l’argent qu’ils sont obligés de voler. Ces jeux incluent aussi bien les cartes en plein air, que le poker dans des casinos. Vingt-deux virgule deux pour cent le font pour éviter les soucis (rôle anesthésique), 16,7 % pour se faire accepter par les amis de rue (rôle d’intégration et de socialisation), 14,4 % pour se sentir bien (fonction hédonique), 12,2 % pour gagner de l’argent (fonction économique). Trente-neuf pour cent des sujets s’estiment incapables d’abandonner, 18,4 % ayant essayé déjà plusieurs fois sans succès, ce qui traduit le niveau de souffrance dont ils ont conscience, indicateur majeur de l’addiction.

La mixture renvoie à la poly-consommation chez de nombreux enfants qui, dans la recherche de sensation utilisent sans préférence particulière la drogue qu’ils ont à portée de main. Alors que le cannabis est ici du fait de son accessibilité la drogue la plus utilisée, la cocaïne plus couteuse, connue sous l’appellation « caillou », est utilisée par les « durs » de la rue. La thaï qui est un mélange de cannabis et de cocaïne est le psycho-actif de substitution, lorsque le cannabis, affectueusement appelé « dieu », n’est plus efficace.
 

Addictions et dynamique d’interculturation

Pour explorer la fonction des addictions dans la dynamique d’interculturation, nous avons examiné les liens entre ces conduites et les processus identificatoires du sujet, d’une part, et avec les stratégies identitaires d’autre part. Nous avons pour cela calculé le coefficient de contingence C, le seuil de signification retenu étant p < 0,05.

La dynamique identificatoire

L’analyse des données permet de remarquer que l’identité auto-attribuée de « tout puissant », reflet d’une hypertrophie du Moi, est significativement liée aux conduites addictives, notamment au choix des drogues (C = 0,387, p = 0,031), aux motivations des sujets (C = 0,346, p = 0,044), ainsi qu’au sentiment de dépendance (C = 0,287, p = 0,042).

L’identité prescrite est significativement liée aussi bien au choix des drogues (C = 0,585, p = 0,032) qu’au sentiment de dépendance (C = 0,439, p = 0,031) ; les sujets qui s’estiment rejetés par l’entourage sont les plus dépendants.

Addictions, stratégies identitaires et compétences interculturelles

Nous avons retrouvé un lien non négligeable entre l’apprentissage de plusieurs langues de la rue comme stratégies d’intégration, et la dépendance aux drogues (C = 0,286, p = 0,035). De même, l’apprentissage du vol comme stratégie de survie est, de manière significative, lié au choix des drogues (C = 0,484, p = 0,000), ainsi qu’au sentiment de dépendance à celles-ci (C = 0,508, p = 0,000). L’oubli de l’éducation familiale comme stratégie de gestion des conflits, est significativement lié aussi bien au choix (C = 473, p = 0,000) qu’au sentiment de dépendance (C = 0,312, p = 0,015). Le recours à plusieurs noms, pour masquer son histoire et son identité est, de manière significative lié à la motivation des sujets à consommer des drogues (C = 0,408, p = 0,004) et à leur sentiment de dépendance à celles-ci (C = 0,305, p = 0,020). Accepter tout ce que les gens disent de soi comme stratégie de gestion des conflits et d’intégration, est de manière significative lié à la consommation des drogues (C = 0,313, p = 0,013).

Le lien entre les conduites addictives et la compétence interculturelle des sujets est établi, notamment la compétence langagière qui est significativement liée aussi bien au choix des drogues (C = 0,520, p = 0,004), aux motivations des sujets (C = 0.501, p = 0.001) qu’au sentiment de dépendance (C = 0,449, p = 0,000). Il en est de même de la capacité de négociation qui est significativement corrélée aux choix des drogues (C = 0,501, p = 0,012) et aux motivations des sujets (C = 0,446, p = 0,027). « Sciencer » (faire preuve de ruse) est significativement lié aux conduites addictives, notamment au type de drogues choisies (C = 0,606, p = 0,000) et aux motivations à la consommation (C = 447, p = 0,026).

Ces liens nous indiquent que les enfants s’engagent dans des conduites addictives en fonction de la manière dont ils se projettent identitairement, et selon les représentations qu’ils ont du regard que la société porte sur eux. La dynamique d’identification qui est au coeur de l’errance de la rue, organise l’économie psychique des sujets, généralement emportés dans un conflit entre identité auto-attribuée et identité prescrite, ce conflit qui, en les vidant narcissiquement, entretient une oscillation émotionnelle qui peut justifier le recours incessant au pare-excitation. Les diverses stratégies de gestion de conflit, d’intégration et d’évitement de l’angoisse dans la rue, sont teintées de drogues, pour une grande majorité d’enfants et participent aux différentes métabolisations que nécessite l’interculturation dans l’univers traumatique où le sujet peine à s’adapter face à l’adversité.

Addictions et résilience

Sans ignorer l’existence d’autres facteurs de vulnérabilité ou de protection, nous avons envisagé la résilience ici de manière restrictive à travers l’estime de soi, la tolérance à la frustration et le sentiment d’efficacité personnelle.

Addictions et estime de soi

L’hypothèse d’un lien entre les conduites addictives des sujets et leur estime de soi ne s’est pas totalement vérifiée. Nous constatons que 70 % des sujets de notre population ont une estime de soi très faible (SEIT < 20/50), mais nous observons aussi que cette pauvre estime n’est significativement liée ni au choix de la drogue (C = 0,416, p = 0,945), ni aux motivations pour la consommation (C = 0,420, p = 0,665), ni au sentiment de dépendance à celles-ci (C = 0,342, p = 0,390). En revanche, nous constatons que l’estime de soi est corrélée avec les jeux de hasard, notamment au sentiment de dépendance (C = 0,388 ; p = 0,039). Ainsi, plus les sujets s’estiment dépendants des jeux de hasard, plus l’estime de soi est faible.

Ce constat nous invite à interroger la fonction des addictions sur le jugement affectif que ces enfants portent sur leur personne, notamment la fonction dissociative de la drogue. La recherche de sensation du parcours hédonique déconnecterait le Moi du corps pour lui donner une élasticité [14], et installerait l’enfant, par l’hypertrophie mégalomaniaque, dans un paradis artificiel dont le sentiment de toute puissance que nous avons antérieurement identifié est l’indicateur principal. L’allègement surmoïque de la pratique addictive n’est donc pas sans incidence sur les représentations du sujet, puisque le sentiment d’indépendance par rapport à la détresse de la vie que procure la dépendance à la drogue, installe de nombreux enfants sur un continuum où ils oscillent entre jouissance et suicide.

Addictions, tolérance à la frustration et efficacité personnelle

La grande majorité de ces sujets qui sont tous des boys6 a une très faible tolérance à la frustration 14/24, ce qui peut justifier les observations d’interactions sociales généralement teintées d’agressivité verbale ou physique. Une petite minorité (quatre sujets seulement) présente une tolérance à la frustration compatible avec un vivre ensemble interactionnel paisible, indispensable pour réussir une vie harmonieuse dans le groupe. Cela nous fonde à faire de ce trait de personnalité, une variable discriminante pour cette population, et nous conforte dans l’idée qu’il peut être considéré comme un indicateur non négligeable de la résilience en situation de rue.

Sans grande surprise, nous observons que huit des 24 enfants s’estiment personnellement efficaces, c’est-à-dire à la hauteur de faire face aux épreuves multiformes d’une vie de rue. Cela contraste avec la grande majorité (18/24) dont le locus of control est externe, l’incapacité de se projeter ou à se maintenir dans un projet durable, restreignant la perception de leur efficacité personnelle en contexte social. Lorsque le choix est possible, ne sont-ce pas majoritairement ceux qui, s’estimant « capables », quittent la niche familiale en comptant sur leurs propres potentialités physiques, intellectuelles et psychiques pour vaincre l’adversité, avant de se laisser dévaster par les quêtes hédoniques handicapantes ?

L’analyse lexicale nous a permis d’observer que les champs sémantiques qui caractérisent la carrière de rue opposent sur un premier axe factoriel, le passage à l’acte (addiction et délit) aux relations sociales, et sur le second les souffrances (souffrances familiales, souffrances dans la rue) au modèle (identification). La pauvreté de la chaîne relationnelle tout comme la capacité à se projeter dans un modèle d’identification varie ainsi avec le niveau d’engagement du sujet dans les conduites marginales.

L’identité est ainsi centrale à la carrière de rue (identité personnelle et identité groupale), l’intensité du conflit qu’elle génère dans les interactions sociales pouvant varier avec la tolérance à la frustration et le sentiment d’efficacité personnelle, deux facteurs de la personnalité dont nous semble tributaire le processus de reconstruction de soi [34]. Les conduites addictives participent ainsi de la gestion ou de la modération des conflits psychiques identitaires, ainsi que des dysphories potentiellement constitutionnelles, exacerbées par la sidération traumatique. Plus les sujets présentent au quotidien une centration sur des drogues ou ses substituts, plus ils font preuve d’agressivité dans les interactions sociales. L’univers sémantique des sujets rapproche l’inhibition, le doute sur soi et l’incapacité à se projeter positivement hors de la carrière de rue, des motivations aux drogues qui participent de la gestion du temps présent à laquelle se réduit la vie d’une majorité.

Une catégorisation sociale propre à la vie de rue, permet à ces enfants de s’identifier comme boys pour ceux qui utilisent des drogues, et de revendiquer l’identité de babylones lorsqu’ils n’en utilisent pas.
 

Discussion

Peu de recherches structurées sont réalisées sur la nature des liens entre la résilience et les addictions, ces concepts apparaissant même plutôt opposés [35]. Il n’est pas inutile de se demander pourquoi certains enfants malgré l’adversité de la rue ne recourent à aucune conduite addictive. Le rôle des traits de personnalité prédisposant décrits par Sarramon et al. [36] pourrait ici être invoqué. Il ne serait pas superflu non plus de voir si les sujets abstinents en situation de rue, sont plus résilients que les autres, et surtout s’ils le seront encore longtemps après l’épisode de la rue. Ainsi, n’avons-nous tramé que des conjectures qu’il faut approfondir dans une recherche longitudinale, la résilience étant loin d’être un état, ou une donnée figée [37—39].

La rue est essentiellement traumatique, les enfants dans cet univers interculturel, se trouvant contraints d’inventer des stratégies d’adaptation, de survie et identitaires. Pas étonnant de constater que les conduites marginales constituent pour beaucoup la seule alternative, les pratiques addictives diverses devant ici participer de la dynamique d’interculturation aux travers de stratégies identitaires qui permettent d’éviter ou de faire face à l’angoisse de l’adversité. Nos résultats en confirmant l’existence de liens entre addiction et stratégies de survie dans la situation de rue, se rapprochent de ceux de Didier [37] qui a établi un lien étroit entre les facteurs de résilience et les toxicodépendances, ainsi que ceux de Fernandez et Casagne-Pinel qui ont remarqué que les personnes âgées tentent de pallier les symptômes de détresse psychologique en consommant des psychotropes pour conserver leur intégrité psychique et leur identité [4].

Nous observons que l’effet inhibiteur de la drogue maintient le sujet dans la bulle traumatique par l’anesthésie psychique qu’elle procure, en laissant se développer un mode de fonctionnement axé sur la gestion de l’angoisse qu’il faut narcotiser pour résister à l’infortune quotidienne. Par une réponse factuelle au besoin impérieux, le sujet retrouve, dans une oscillation dysphorique de l’énergie suffisante pour écraser la demande et le besoin [14], avec l’illusion d’avoir soumis une fois pour toute l’angoisse envahissante qui l’éloigne du Nirvana7. L’addiction permet de résister, mais pas de résilier le contrat de l’alliance traumatique. Ainsi « quand tout devient insupportable, la drogue devient la résilience du pire. Elle évite souvent le suicide, la psychose, la dépression définitive et la mélancolie à perpétuité » comme le constate Didier ([37], p. 67). Nos observations sont bien proches de celles de Varescon soutenant que « l’addiction gomme toutes les failles, le mal-être physique et psychologique, les perturbations de l’image de soi ainsi que les difficultés interpersonnelles » ([35], p. 370), et participe de ce fait des stratégies d’adaptation du sujet.

Contrairement aux attentes, nous n’avons observé de lien significatif qu’entre l’estime de soi et l’addiction aux jeux de hasard, ce qui nous invite à souligner les limites d’un protocole de collecte de données sur des conduites délictuelles, socialement et juridiquement répréhensibles, par le biais d’un questionnaire. Nous reconnaissons ainsi comme Loonis et Apter qu’« il reste difficile d’évaluer l’importance des activités addictives au-delà du déni sans une intervention intrusive de l’évaluateur, ce qui peut en retour influencer les résultats » ([40], p. 10), des outils et des méthodes spécifiquement adaptés à cette population restant à parfaire.

Le sujet cherche dans la pratique addictive non seulement une sécurité du Moi que menacent des images traumatiques qu’il peine à refouler, ou tout autre besoin extérieur qu’il ne peut satisfaire, mais aussi le sentiment océanique freudien de plénitude que lui rappelle sa lune de miel.
 

Conclusion

Les conduites addictives s’apparentent à une tentative d’adaptation du sujet à l’adversité du temps présent qui l’empêche d’envisager l’entreprise de tricotage8 avec espoir. Comme dans des travaux antérieurs [33,35,41,42], nous observons que les addictions permettent de faire face, mais pas de se développer, et correspondent à une dynamique morbide de résilience. Elles permettent comme le remarquent Pourtois et al. [43], de résister, parfois de désister, mais jamais d’entreprendre un néodéveloppement susceptible de déboucher sur une ouverture projective, propice à des interactions sociales harmonieuses et épanouissantes. Réduit dans la dissociation post-traumatique à un mode présentiste de vie, la recherche de plaisir est pour ces enfants en situation de rue une régression salvatrice paradoxale dans laquelle ils croient retrouver une opportunité de réalisation de soi. Dans le symptôme addictif se cachent des procédés d’auto-guérison [4,31], le sujet faisant face à une souffrance profonde résultant d’une blessure à laquelle il faut non seulement éviter de penser, mais qu’il faut voiler et panser.

Si nous admettons que traumatisme rime avec perte de sens, il nous paraît défendable de penser que la résilience s’inscrit dans un processus de remise en sens des événements malheureux de l’existence. En nous inscrivant une fois de plus dans le modèle interprétatif de Pourtois et al. [43], l’identité apparaît centrale à la résilience, d’autant plus que traumatismes et épreuves traumatogènes conduisent le sujet à une perte ou à un doute sur son identité. Si l’enfant désiste ou résiste face à l’adversité, c’est bien pour rester soi, pour, malgré tout se conserver. S’il s’engage dans la désilience, c’est pour cesser d’être, aussi bien à ses propres yeux qu’aux yeux de son entourage, son développement « aliénatoire » ne pouvant que le maintenir dans la bulle traumatique d’éternelle victime. La résilience perçue comme néodéveloppement émancipatoire exige du sujet qu’il s’inscrive dans une dynamique de recherche de sens que la captivité addictive ne peut procurer. Ainsi, ces sujets qui tentent par la drogue de briser leurs soucis [44] finissent dans cette démarche, par briser la boussole de leur vie, et par se maintenir dans une errance suicidaire s’essayant à se protéger d’un passé mortifère.

Comment dès lors penser une intervention psychothérapeutique dans cet univers où conduites addictives et stratégies identitaires se tiennent dans une interdépendance ? En envisageant la résistance et la désistance addictives comme des temporalités contiguës d’un parcours de vie, comment penser une sortie de rue résiliente ? Une valorisation des capacités d’interculturation élaborées pendant la carrière de rue pourrait-elle favoriser une remise en sens et la renarcissisation de ces enfants souffrant de ne pouvoir se réinventer un monde ordonné et paisible qui les distancierait de la bulle traumatique ? Il devient dès lors urgent de favoriser l’accès à une authentique résilience, en leur donnant l’opportunité d’apprendre à aimer et à s’aimer, mais aussi de capitaliser positivement leurs expériences de la rue.

Cyrulnik assimile le processus de résilience à une entreprise de tricotage, chaque sujet confronté aux épreuves traumatiques, étant appelé à tisser son tricot toute la vie.
 

Déclaration d’intérêts

Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.

Références

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