Management of trauma-related nightmares in PTSD: Can doxazosin serve as a pragmatic alternative to prazosin?
Auteurs : Gilles Sipahimalania,*, Jean-Baptiste Roseaub,g, Dorone Feingoldc, Marion Remadid, Chloé Lhermittee, Sonia Houssany-Pissotf, Dorothée Defontainea, Frédérique Gignoux-Fromenta,g, Sophie Annettea, Emeric Saguinc,d
a Department of Psychiatry, Percy Military Teaching Hospital, 92140 Clamart, France
b Department of Pneumology and Sleep Medicine, Clermont-Tonnerre Military Teaching Hospital, 29200 Brest, France
c Vigilance fatigue sommeil et Santé publique (VIFASOM) UMR 7330, université Paris Cité, 75005 Paris, France
d Department of Psychiatry, Bégin Military Teaching Hospital, 94160 Saint-Mandé, France
e Department of Hospital Pharmacy, Percy Military Teaching Hospital, 92140 Clamart, France
f Department of Cardiology, Percy Military Teaching Hospital, 92140 Clamart, France
g French Military Health Service Academy, École du Val-de-Grâce, 75005 Paris, France
Objectifs
Les cauchemars traumatiques, symptômes clés du trouble de stress post-traumatique (TSPT), reproduisent partiellement ou totalement l’événement traumatisant et s’accompagnent de réveils nocturnes et d’une forte détresse émotionnelle. Dans le contexte du retrait prochain de la prazosine en France, cet article explore le potentiel de la doxazosine comme alternative pharmacologique tout en soulignant la place centrale des approches psychothérapeutiques dans la prise en charge des cauchemars traumatiques.
Méthodes
Après un rappel clinique sur le cauchemar traumatique et les stratégies thérapeutiques existantes, médicamenteuses et non médicamenteuses, cette revue évalue les données disponibles sur la doxazosine, antagoniste sélectif des récepteurs adrénergiques, et propose un protocole d’initiation pratique pour les cliniciens.
Résultats
Bien que limitées et hétérogènes, les données disponibles suggèrent que la doxazosine pourrait réduire la fréquence et l’intensité des cauchemars traumatiques et améliorer la continuité du sommeil, en particulier chez les patients présentant une hyperactivation adrénergique marquée ou ayant répondu préalablement à la prazosine. La tolérance est globalement bonne, et les formes à libération prolongée permettent une prise au coucher adaptée. Toutefois, les essais randomisés contrôlés montrent des résultats contrastés, en raison notamment de petits effectifs, d’une hétérogénéité des populations étudiées et de comorbidités fréquentes telles que les troubles de l’usage de l’alcool. Les interventions psychothérapeutiques demeurent, dans l’ensemble des études, les traitements les plus étayés et les plus durables pour la prise en charge des cauchemars traumatiques. Les options pharmacologiques doivent être envisagées comme des adjuvants dans un parcours de soins structuré.
Conclusions
La doxazosine pourrait constituer une alternative pharmacologique pragmatique pour la gestion des cauchemars traumatiques dans le TSPT, en particulier dans le contexte du retrait de la prazosine. Son utilisation doit toutefois venir en complément – et non en substitution – des approches psychothérapeutiques de première intention, au sein d’un plan de traitement individualisé, coordonné et attentif aux effets indésirables. Des essais randomisés contrôlés de plus grande ampleur sont nécessaires pour préciser les posologies optimales, la durée de traitement et les facteurs prédictifs de réponse.