Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Les neurosciences au service de l'innovation thérapeutique, l'invention d'un antidépresseur

Antidépresseurs et profil de tolérance

Mis à jour le mercredi 11 octobre 2017

dans
Lundbeck

Extraits du symposium "dépression" organisé par Lundbeck au 15e Congrès de l'Encéphale

Session "tolérance"

Conférencier : David Gourion (Paris)

Antidépresseurs et tolérance : déterminants et prise en charge des principaux effets indésirables

Revue de littérature

Antidepressant and tolerance: Determinants and management of major side effects

D.J. Davida, D. Gourionb

aInserm, UVSQ, CESP, université Paris-Saclay, université Paris-Sud, 5, rue J.-B.-Clement, tour D1, 2eétage, 92296 Chatenay-Malabry cedex, France
b17, rue des Marronniers, 75016 Paris, France 

Résumé

La prise en charge du trouble dépressif majeur (TDM) a pour objectif principal la rémission des symptômes dépressifs, tout en réduisant les possibles complications et les risques de rechutes. Par ailleurs, s’il faut attendre plusieurs semaines pour que les antidépresseurs puissent démontrer une pleine efficacité, leurs effets indésirables apparaissent beaucoup plus rapidement et peuvent être la source d’une mauvaise observance. Cet aspect a souvent pour conséquences la réduction des doses et/ou le changement de molécule qui ont pour conséquences de retarder la rémission.

Cette revue s’attache à présenter, à partir des propriétés pharmacologiques des grandes classes d’antidépresseur (inhibiteur de la monoamine-oxydase [IMAO] ; antidépresseur tricyclique [ATC] ; inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine [ISRS] et inhibiteur de recapture de la sérotonine et de la noradrénaline [IRSN]), les mécanismes pharmacologiques impliqués dans leurs effets indésirables en se focalisant sur les dysfonctions sexuelles, les nausées/vomissements et les variations pondérales ainsi que les troubles du sommeil. 
Si la dopamine par l’activation des récepteurs D1/2, la noradrénaline par le contrôle du système nerveux autonome facilite le désir sexuel, l’augmentation de la transmission sérotoninergique l’inhibe via l’activation des récepteurs 5-HT1B/2A/2C. Les médicaments responsables des nausées/vomissements ont pour principales caractéristiques d’activer les récepteurs aux opiacés ou les récepteurs sérotoninergique 5-HT3et/ou dopaminergique D2.

Enfin, parmi les causes responsables de la prise de poids sous antidépresseur, là encore, la neurotransmission monoaminergique y joue un rôle important. Le blocage des récepteurs sérotoninergiques 5-HT2C et histaminergique H1 est directement responsable de la prise de poids. Enfin, l’activation des récepteurs sérotoninergiques postsynaptiques et notamment des récepteurs 5-HT1A/1B/3/7 va modifier la vigilance, les mouvements oculaires rapides lors du sommeil ou tout bonnement la durée du sommeil.

En conclusion, si l’activation des récepteurs 5-HT, DA ou NA suite à l’augmentation de la neurotransmission monoaminergique, via le blocage de la recapture ou l’inhibition de la MAO participe directement à l’activité antidépressive, elle est aussi responsable des effets indésirables, causes d’une mauvaise observance et donc d’échecs thérapeutiques. Enfin, il ne faut pas sous-estimer la place parfois considérable de l’effet nocebo dans la survenue d’effets indésirables. L’antidépresseur de demain aurait pour objectif d’avoir une efficacité rapide chez des patients non répondeurs ou résistants aux molécules actuellement disponibles tout en améliorant certains effets de tolérance.

© 2016 L’Encéphale, Paris.

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