Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Burnout : comment le patient peut-il en parler à son entourage ?

Mis à jour le jeudi 5 novembre 2020

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Il ne faut pas confondre un burnout avec d’autres difficultés au travail comme le harcèlement ou des moments de stress professionnel. Dans ces situations, les interlocuteurs sont multiples : les collègues de travail, la hiérarchie dans l’entreprise, les syndicats, le médecin du travail, etc. À l’inverse, la personne en burnout se présente le plus souvent dans le déni de son épuisement1.

La phase dite de communication, d’évaluation et d’acceptation est primordiale pour lui permettre d’opérer une prise de conscience de son état et des effets délétères sur sa santé. Elle doit quitter son sentiment de toute puissance pour accueillir sa vulnérabilité et ainsi accepter le diagnostic et son impact.

De nombreux freins rendent la communication difficile, le burnout s’accompagnant de honte de ne pas y arriver, de culpabilité, du sentiment de trahir ses collègues et la confiance qu’on a placée en lui, de la crainte de perdre en crédibilité (“si je souffre, je suis faible et donc non performant…”), de la peur d’un manque de confidentialité, de l’appréhension d’être licencié, etc.
Il est tout aussi délicat d’en parler avec ses proches par crainte qu’ils ne comprennent pas la situation, de se sentir faible ou incapable vis-à-vis de sa famille.
Pourtant, le burnout peut être considéré comme une occasion inouïe et inespérée de modifier sa trajectoire de vie, sa trajectoire professionnelle, avant qu’il ne soit trop tard. La communication est indispensable mais au bon moment et avec le bon interlocuteur.

L’entourage, parfois à l’origine de la prise de conscience de la souffrance psychique générée par le travail, intervient aussi dans l’accompagnement du patient dans la guérison. Tout un mode de vie est à (re)découvrir avec, par exemple, une alimentation équilibrée prise à des horaires réguliers, une diminution de la consommation d’alcool et un arrêt du tabac, un respect des temps de sommeil, etc. Rappelons à ce titre la problématique de la communication par emails (et de certains médias sociaux), notamment au travers des smartphones, qui brouille la distinction entre vie professionnelle et vie privée, quand ce n’est pas même la distinction entre veille et sommeil. Le salarié va apprendre à décrocher du travail lorsqu’il est à la maison, pratiquer une activité sportive, enrichir sa vie sociale en dehors de ses collègues, apprécier les moments de solitude, prendre le temps, etc. En effet, bien souvent, le burnout se manifeste par une forme de désinsertion sur le plan professionnel, social et familial. C’est autant de domaines qu’il va falloir réinvestir.

Dr Éric HENSGEN
Centre Hospitalier Rouffach

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Références

  1. Delbrouck M. Comment traiter le burn-out. Principes de prise en charge du syndrome d’épuisement professionnel. Deboeck Supérieur 2011.

 

Ce contenu vous est proposé avec le soutien institutionnel de Lundbeck

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