Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

La dépression nous résistera-t-elle toujours ?

Mis à jour le lundi 8 mars 2021

Compte rendu du Congrès de l'Encéphale 2021, édition digitale

Toujours au cœur des préoccupations et surtout dans le contexte de la crise sanitaire, les sessions ayant trait à la dépression ont été saluées par les congressistes. Car certaines caractéristiques de la dépression restent de véritables enjeux à la fois diagnostiques et thérapeutiques. 

La session « dépression(s) bipolaire(s) : et si elles étaient plusieurs ? » était consacrée à cette polarité qui domine la maladie bipolaire tant en fréquence qu’en impact fonctionnel. Les experts ont exploré les signatures cliniques et physiopathologiques qui semblent émerger, en parallèle de nouvelles stratégies médicamenteuses.

Si l’impact de la saisonnalité ne fait plus de doute sur la santé mentale, la session novatrice « le climat et les infortunes de l’humeur », a également décortiqué celui des facteurs météorologiques dans les fluctuations thymiques et les conduites suicidaires.

Enfin, le symposium « la dépression : éclats d’âmes », sous la présidence des Professeurs Richieri et Sauvaget a été l’occasion d’éclaircir les enjeux de la dépression résistante. Coraline Hingray, qui travaille en collaboration avec un service de Neurologie spécialisé dans l’épilepsie, a utilisé l’éclairage de ce trouble neurologique pour rappeler les étapes cruciales du diagnostic de dépression résistante : s’assurer de l’observance, vérifier le diagnostic psychiatrique, caractériser finement les symptômes de la dépression, explorer les facteurs modifiables (pharmacologiques, comorbidités psychiatriques, addictologiques et somatiques), explorer les comorbidités traumatiques et les événements de vie, caractériser les facteurs de stress actuels.

Cette démarche permet d’éliminer une pseudo-résistance et de mettre en œuvre un plan d’action offensif individualisé pour le patient !
À cet effet, Maud Rotharmel a évoqué les enjeux indispensables de la prise en charge : agir vite, avec fluidité, en individualisant le traitement.

Il est impératif de permettre aux patients de pouvoir accéder à un traitement de troisième ligne le plus tôt possible car le facteur qui pèse le plus lourd dans le pronostic est la durée de dépression non traitée.

Il n’existe pas aujourd’hui de preuve pour préférer un traitement à un autre en troisième ligne, et la place de l’eskétamine est à déterminer, porteuse d’espoir par sa facilité d’utilisation, sa bonne tolérance et sa rapidité d’action jusqu’ici inconnue dans notre pharmacopée.  

Claire Jaffré
Interne de Psychiatrie, Doctorante en Neurosciences
Institut du Cerveau et de la Moelle Épinière, Paris

Le Compte rendu de l'Encéphale 2021

 

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