Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Effet modeste des psychothérapies pour l'anorexie mentale de l'adulte (méta-analyse)

Publié le mercredi 10 mars 2021

LONDRES, 8 mars 2021 (APMnews) - Les psychothérapies spécifiques semblent n'avoir qu'un effet modeste sur l'anorexie mentale de l'adulte et aucune n'apparaît clairement supérieure à une autre, ce qui souligne la nécessité de développer de nouvelles approches pour améliorer la prise en charge de ce trouble des conduites alimentaires, selon une étude internationale.

L'anorexie mentale émerge le plus souvent à l'adolescence ou au début de l'âge adulte et peut se chroniciser, avec un impact physique, psychologique et social; c'est le trouble psychiatrique dont la mortalité est la plus élevée. Plusieurs traitements ont été évalués en ambulatoire ou à l'hôpital mais sans que le meilleur n'émerge, rappellent Marco Solmi de l'université de Padoue et ses collègues australiens, britanniques et allemands dans The Lancet Psychiatry.

Les recommandations convergent pour proposer la psychothérapie en première ligne en ambulatoire, avant la pharmacothérapie, mais divergent sur l'intervention spécifique, les unes préconisant un spécialiste quel qu'il soit, mais au sein d'une approche multidisciplinaire, les autres une thérapie cognitivo-comportementale ou une thérapie familiale.

Pour faire le point, les chercheurs ont réalisé une revue systématique de la littérature puis une méta-analyse en réseau de 13 essais cliniques randomisés portant sur un total de 1 407 patients (97,4% de femmes, 25,3 ans en moyenne), avec un indice de masse corporelle (IMC) initial de 16,2 kg/m² en moyenne.

Ils ont ainsi comparé de manière indirecte le traitement "habituel" (prise en charge nutritionnelle et psychologique), la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), l'approche de Maudsley, la thérapie familiale, les thérapies psychodynamiques, une TCC orientée sur l'activité compulsive et un nouveau type de remédiation cognitive associée à la TCC.

Aucune de ces sept interventions n'a démontré sa supériorité sur les autres concernant l'IMC ou les symptômes d'anorexie.

En revanche, le taux d'abandon du traitement quelle que soit la cause était significativement inférieur sur le plan statistique avec la TCC par rapport aux thérapies psychodynamiques, avec un risque relatif rapproché (OR) de 0,54.

Globalement, le niveau de preuve était faible à très faible, ce qui indique qu'aucun résultat ne peut être considéré comme définitif ou universel, concluent les chercheurs. Cette méta-analyse souligne "la nécessité urgente de financer de nouvelles recherches pour développer et améliorer des thérapies pour les adultes atteints d'anorexie mentale", ajoutent-ils.

(The Lancet Psychiatry, vol. 8, n°3, p215-224)

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