Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Parkinson : l'antipsychotique pimavansérine associé à un surrisque d'hospitalisations et de décès

Publié le mercredi 1 septembre 2021

WASHINGTON, 23 août 2021 (APMnews) - La prise de l'antipsychotique pimavansérine a été associée à un risque significativement accru d'hospitalisations et de décès chez des patients souffrant de maladie de Parkinson, selon une étude de cohorte américaine publiée dans Neurology.

Joseph Hwang de la Johns Hopkins University à Baltimore (Maryland) et ses collègues rappellent que la pimavansérine (Nuplazid*, Acadia Pharms) est un nouvel antipsychotique homologué aux Etats-Unis dans le traitement des hallucinations et des délires chez les patients atteints de maladie de Parkinson. Elle agit en bloquant les récepteurs 5-HT2A de la sérotonine.

Dans cette étude, ils ont eu pour objectif de déterminer le risque d'hospitalisation et de décès lié à l'utilisation de pimavansérine chez ces patients, d'une part parce que des signaux de sécurité concernant un "possible effet sur la mortalité" ont été observés dans des études (randomisées et observationnelles) et dans le cadre du signalement spontané d'effets indésirables, et d'autre part, parce qu'il a été montré que la prise d'antipsychotiques typiques ou atypiques doublait le risque de mortalité chez des malades de Parkinson.

Cette étude de cohorte rétrospective a été conduite entre novembre 2015 et fin 2018 chez des adultes de 65 ans et plus souffrant de maladie de Parkinson, à partir d'une base de données administrative de résidents d'établissements de soins de longue durée bénéficiant du système Medicare.

L'analyse a été menée sur une cohorte finale de 2.186 patients utilisateurs de pimavansérine et de 18.212 patients n'en prenant pas. L'appariement a été réalisé sur 24 caractéristiques initiales grâce à une pondération inverse de la probabilité d’avoir reçu le traitement, estimée par le score de propension.

Les données révèlent que la prise de pimavansérine était associée à un risque significativement accru de 24% d'hospitalisations toutes causes à 30 jours. Il n'y avait en revanche pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes s'agissant du risque d'hospitalisation à 90 jours.

La mortalité à 30 jours n'était pas affectée de façon significative par la prise de pimavansérine. En revanche, le fait d'être sous pimavansérine était associé à une hausse significative de la mortalité à 90 jours (+20%), de même qu'à 180 jours (+28%) et à un an (+56%).

Les chercheurs concluent que l'utilisation de pimavansérine chez des personnes âgées est associée à un risque accru d'hospitalisations à 1 mois après l'initiation du traitement et à un risque de décès augmenté pendant l'année suivant le début du traitement.

Ils estiment que ces données, obtenues dans le cadre d'une large cohorte en vie réelle au sein de centres de soins de longue durée, pourraient contribuer à éclairer les décisions relatives à la balance bénéfice-risque d'un traitement par pimavansérine chez les patients souffrant de maladie de Parkinson.

(Neurology, publication en ligne du 13 août)

Source : 

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