Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Intérêt de l'exercice physique dans un environnement virtuel sur la fragilité de patients déments

Publié le mardi 27 août 2019

WASHINGTON, 23 août 2019 (APMnews) - Les "exergames", des exercices physiques réalisés dans un environnement virtuel, semblent réduire le niveau de fragilité de patients atteints de démence, suggère un essai clinique néerlandais.

Les patients déments sont souvent plus fragiles physiquement, plus sédentaires et participent moins souvent à des exercices physiques par rapport à des personnes âgées en bonne santé, rappellent le Dr Esther Karssemeijer de l'université Radboud de Nimègue et ses collègues dans Journal of the American Medical Directors Association (JAMDA).

Pour aider ces patients à avoir une activité et potentiellement réduire cette fragilité, ils se sont intéressés à la réalité virtuelle, une nouvelle façon de pratiquer des exercices physiques et/ou cognitifs de manière amusante.

Pour cette étude, ils ont inclus 115 personnes âgées (79,2 ans en moyenne), avec une démence légère à modérée, vivant pour la majeure partie à domicile, puis les ont randomisés entre des exergames et des séances d'aérobic.

Dans les deux groupes, l'exercice physique consistait à pédaler sur un vélo stationnaire pendant 30 à 50 min. Dans le premier, le vélo était connecté à un écran représentant une route, un paysage et différentes consignes étaient données aux patients comme tâches cognitives; dans le second, les patients pédalaient simplement.

Après 12 semaines, l'observance thérapeutique tendait à être meilleure avec l'activité en environnement virtuel (87,3% vs 81,1%).

Une réduction statistiquement significative de l'index de fragilité pour l'activité physique (EFIP) était observée chez les patients ayant fait du vélo dans un environnement virtuel, avec une différence de 0,034 point par rapport au groupe contrôle.

Les données pour les critères secondaires n'ont toutefois pas mis en évidence de bénéfice de l'activité physique en environnement virtuel sur les tests de mobilité, de force et d'équilibre.

Ces résultats sont globalement prometteurs car ils montrent pour la première fois la faisabilité de cette approche chez des patients déments fragiles. La réduction observée de la fragilité peut avoir des effets bénéfiques sur la santé de ces personnes, concluent les chercheurs.

Source : APMnews

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