Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

La pimavansérine réduit significativement le risque de rechute dans la psychose associée à la démence

Publié le lundi 9 décembre 2019

SAN DIEGO (Californie), 5 décembre 2019 (APMnews) - La pimavansérine a conduit à une baisse significative de 65% du risque de rechute dans la psychose associée à la démence, selon des données de phase III présentées mercredi en session late-breaking au congrès Clinical Trials on Alzheimer's Disease (CTAD).

Aucun traitement n'est actuellement homologué dans le traitement des psychoses chez les patients atteints d'une démence, rappelle-t-on.

Erin Foff d'Acadia Pharmaceuticals a présenté les résultats de l'essai de phase III HARMONY évaluant l'efficacité et la sécurité de la pimavansérine dans la psychose associée à la démence. Ce composé, qui agit comme un agoniste inverse du récepteur 5-HT2A, est homologué aux Etats-Unis dans le traitement des hallucinations et des délires chez les patients atteints de la maladie de Parkinson, rappelle-t-on.

La biotech californienne avait annoncé en septembre avoir arrêté prématurément cet essai en raison de résultats positifs pour le critère principal d'évaluation, et prévoyait d'organiser une rencontre avec la Food and Drug Administration (FDA) américaine pour soumettre un dossier d'extension d'indication en 2020.

L'analyse contre placebo a porté sur 392 patients atteints de démence - en lien avec une maladie d'Alzheimer (67%), une maladie de Parkinson (14%), une démence vasculaire (10%), une démence à corps de Lewy (7%) et une dégénérescence frontotemporale (2%) - et présentant une psychose modérée à sévère.

Ils étaient âgés en moyenne de 74,5 ans. A l'inclusion, leur score SAPS-H+D moyen était de 24,4 (signe d'une psychose modérée à sévère) et leur score MMSE était de 16,7 en moyenne.

Pendant une première période en ouvert de 12 semaines, les patients ont reçu une dose quotidienne de 34 mg de pimavansérine, avec un ajustement possible à 20 mg pendant les 4 premières semaines. Puis ceux ayant répondu au traitement ont été randomisés en double aveugle et à parts égales entre une poursuite du traitement par pimavansérine et un placebo, pendant 26 semaines.

La pimavansérine a atteint le critère principal d'évaluation, défini par le délai entre la randomisation et la rechute de la psychose. Elle a ainsi conduit à une baisse statistiquement significative de 65% du risque de rechute psychotique par rapport au placebo, rapporte Acadia Pharmaceuticals dans un communiqué diffusé mercredi.

La biotech ajoute que le critère secondaire clef a également été atteint, avec une baisse de 55% du risque d'interruption du traitement chez les patients sous pimavansérine, par rapport à ceux sous placebo.

Le traitement a été bien toléré et les patients n'ont pas présenté de détérioration de la cognition ou de la motricité.

Le taux d'effets indésirables était de 41% sous pimavansérine et de 36,6% sous placebo, et le taux d'arrêts du traitement en raison d'effets indésirables était respectivement de 2,9% et 3,6%. Les effets secondaires les plus fréquents étaient des céphalées (9,5% des patients sous pimavansérine et 4,5% de ceux sous placebo) et des infections urinaires (respectivement 6,7% et 3,6%).

Des effets indésirables graves ont été observés chez 4,8% des patients sous pimavansérine et 3,6% de ceux sous placebo. Deux décès, que les investigateurs ont considéré comme étant non liés au traitement, sont survenus sous pimavansérine.

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APM news

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