Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Risque de diabète de type 2 confirmé avec des antidépresseurs chez les jeunes mais d'ampleur limitée

Publié le mardi 29 septembre 2020

WASHINGTON, 16 septembre 2020 (APMnews) - Les antidépresseurs de la famille des inhibiteurs de la recapture sélective de la sérotonine (ISRS) sont associés à un risque accru de diabète de type 2 chez les enfants et adolescents, confirme une étude américaine qui tempère toutefois l'ampleur de l'effet.

De précédentes études suggèrent que ces médicaments sont associés à un diabète de type 2 chez les enfants et adolescents mais les données restent limitées, rappellent Jenny Sun de la Harvard Chan School of Public Health et ses collègues dans JAMA Psychiatry.

En l'absence d'essais cliniques randomisés, ils ont utilisé des données en vie réelle issues de deux bases de données nationales (une assurance publique et une assurance privée) et analysé une cohorte de plus de 1,5 million de patients entre 10 et 19 ans avec un diagnostic correspondant à une indication d'ISRS entre le 1er novembre 2018 et le 6 décembre 2019.

Dans cette cohorte (15,1 ans en moyenne, 58,3% de femmes), un tiers des patients avaient au moins deux dispensations d'ISRS, avec un suivi de 2,2 ans en moyenne.

Dans le groupe des patients couverts par l'assurance publique, l'initiation d'un traitement antidépresseur par ISRS était associée de manière significative à un risque de diabète de type 2 augmenté de 13% par rapport à des patients non traités.

Le risque de diabète de type 2 était plus élevé avec un traitement par ISRS en continu, avec une hausse de 33%, correspondant à 6,6 cas de diabète de type 2 pour 10 000 patients traités par ISRS pendant au moins deux ans.

En revanche, ces résultats n'étaient pas observés dans le groupe des patients avec une assurance privée.

Les résultats étaient similaires pour les patients traités par ISRS par rapport à ceux qui suivaient une psychothérapie.

Par ailleurs, le risque de diabète de type 2 n'était pas accru avec le bupropion et parmi les ISRS, les chercheurs n'ont pas identifié un médicament associé au risque de diabète plus qu'un autre par rapport à la fluoxétine.

Ces résultats tendent à confirmer que les enfants et adolescents qui débutent un traitement antidépresseur par ISRS sont exposés à un risque de diabète de type 2, mais celui-ci semble faible, plus modeste que ce qui a été rapporté précédemment, concluent les chercheurs.

Ce petit risque potentiel doit être examiné au regard des bénéfices des ISRS attendus dans les indications prévues dans cette population, commentent-ils.

(JAMA Psychiatry, édition en ligne du 2 septembre)

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