Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

L'électroconvulsivothérapie réduit le risque de suicide chez les patients bipolaires

Publié le vendredi 25 septembre 2020

VIENNE, 14 septembre 2020 (APMnews) - L'électroconvulsivothérapie (ECT) est associée à un risque réduit de suicide en particulier chez les patients atteints d'un trouble bipolaire, selon une étude présentée au congrès virtuel de l'European College of Neuropsychopharmacology (ECNP).

Selon ces résultats, l'ECT a permis de réduire le risque de suicide de 84% chez les patients à risque élevé et d'apporter un traitement efficace à environ 72% des patients, souligne la société savante dans un communiqué diffusé dimanche.

Il existe des traitements pharmacologiques efficaces pour le trouble bipolaire mais près d'un tiers des patients y sont résistants. L'ECT est utilisée principalement dans l'épisode dépressif majeur, beaucoup moins pour le trouble bipolaire et en particulier les états mixtes.

L'ECT est un traitement qui a démontré son efficacité mais elle est sous-utilisée depuis l'avènement des traitements pharmacologiques et un a priori négatif de ces "électrochocs". En Italie, où cette thérapie a été mise au point, il reste très peu d'établissements où sont adressés les patients en échec thérapeutique, notamment la clinique psychiatrique de Pise, indique le principal auteur, le Dr Giulio Emilio Brancati dans le communiqué.

L'étude a été menée sur 670 patients adultes bipolaires, avec épisode dépressif majeur (score HDRS17 d'au moins 8 points), qui ont été traités par au moins trois séances d'ECT entre janvier 2006 et juillet 2019, selon le résumé de la communication. Ils étaient 20% à avoir un score d'au moins points sur l'échelle YMRS, c'est-à-dire à avoir un diagnostic d'épisode mixte.

Sur l'échelle BPRS-EV, plus de 5% des patients avaient un score élevé de sévérité pour l'ensemble des 24 items sauf l'excès de confiance en soi, celui-ci étant observé chez seulement 18 patients. La dépression, l'anxiété, les pensées inhabituelles et l'affect émoussé étaient sévères chez plus d'un tiers des patients.

Dans la cohorte, 93% des patients étaient en échec d'un traitement pharmacologique et en moyenne, ils ont testé cinq médicaments sans succès, précise le Dr Brancati dans le communiqué.

Après les séances l'ECT, le taux de réponse était de plus de 80% pour l'ensemble des construits psychopathologiques évalués, c'est-à-dire plus de 80% des patients présentaient une réduction de la sévérité des symptômes (moins de 5 points).

Les meilleurs taux de réponse étaient observés pour l'hyperactivité motrice, l'excès de confiance en soi, l'excitation, la tension, les pensées et les comportements suicidaires, les comportements étrangers et la culpabilité (plus de 95%).

Le taux de réponse pour la suicidalité était de 84,4% en particulier chez les personnes à risque élevé de suicide avant traitement qui n'avaient plus de pensée suicidaire après l'ECT.

Une rémission (disparition du symptôme ou score inférieur ou égal à 2 points) était observée chez plus de 60% des patients pour les tics et les manières sévères, le manque de coopération, l'hostilité, l'excitation, l'hyperactivité motrice et la suspicion.

A l'opposé, le taux de rémission n'était que de 27,4% pour la dépression, l'affect émoussé, les pensées inhabituelles, les préoccupations somatiques, l'anxiété et la négligence de soi.

Le score de l'ensemble des signes cliniques avait diminué de manière significative après les séances d'ECT. Les améliorations les plus importantes étaient observées sur la suicidalité, les signes catatoniques et mixtes, concluent les chercheurs.

Source :

APM news

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