Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

"Une nouvelle ambition" pour la feuille de route santé mentale et psychiatrie (Olivier Véran)

Publié le lundi 27 juillet 2020

PARIS, 21 juillet 2020 (APMnews) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a promis "une nouvelle ambition" pour la feuille de route santé mentale et psychiatrie, lors de la clôture du Ségur de la santé.

Trente-trois grandes mesures ont été retenues à l'issue de ce cycle de concertations et de négociations.

"Parmi les enjeux qui sont apparus avec une acuité nouvelle" avec la crise sanitaire liée au Covid-19, "il y a le renforcement de l'offre de soutien psychiatrique et psychologique de la population qui, d'ailleurs, a retenu toute l'attention du rapport de Nicole Notat", officiellement remis mardi, a assuré Olivier Véran.

"La crise sanitaire a révélé de manière criante la vulnérabilité psychique de nombreux Français et il est indispensable d'insuffler une nouvelle ambition à la feuille de route santé mentale et psychiatrie", a-t-il ainsi affirmé.

"Au-delà des accords sur les rémunérations, qui profiteront évidement aux professionnels de la psychiatrie", cette discipline "sera un pilier de notre politique d'investissement pour renforcer l'offre de soins psychiatrique et psychologique dans les régions en fonction des besoins de santé" territoriaux, a-t-il poursuivi.

Dans le dossier de presse des conclusions du Ségur de la santé, le gouvernement loue "la capacité de résilience des organisations territoriales de la psychiatrie (renforcement d’une offre ambulatoire alternative, ouverture de nombreuses unités Covid-19, actions de prévention et de suivi à distance des patients…) pour répondre à cette situation exceptionnelle".

Il annonce que la phase de signature des contrats territoriaux de santé mentale débutera "en début d’année 2021".

"La logique partenariale de l’élaboration des PTSM [projets territoriaux de santé mentale] doit être consolidée afin de compléter les parcours de soins, avec notamment le développement des articulations avec les autres acteurs des soins de proximité", assure-t-il aussi, citant les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP), les hôpitaux de proximité, ou encore les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

"Enfin, cette dynamique sera également complétée par la mesure du Ségur de la santé qui vise à renforcer les moyens en accompagnement psychologique de la population", ajoute-t-il.

Cette mesure 31 du Ségur est dotée d'un "budget annuel supplémentaire pour notre système de santé" de 40 millions d'euros, est-il précisé dans le dossier de presse.

Il est ainsi proposé de "mettre en place un numéro national de prévention du suicide 24h/24 7j/7", et de "recruter 160 psychologues supplémentaires dans les centres médico-psychologiques [CMP] pour un soutien psychologique accessible à tous", avec un financement de ces postes par le fonds d'intervention régional (FIR).

Le gouvernement annonce aussi le renforcement de l’"aller vers" au travers des cellules d’urgences médico-psychologiques (Cump), ainsi que l'"accès à des consultations de psychologues en ambulatoire dans des maisons de santé pluriprofessionnelles".

Il annonce au "second semestre 2020" la "délégation de crédits et [l']élaboration finale du dispositif" et, en "2021-2022", le "lancement du dispositif général de première ligne".

Rapport Notat : "Reconnaître le rôle des psychologues à tous les niveaux"

Dans son rapport qui a inspiré les mesures du Ségur, Nicole Notat préconise de "reconnaître le rôle des psychologues à tous les niveaux", au sein des cellules d'urgence médico-psychologique (Cump) à l'hôpital, dans les CMP "qui doivent être en contact régulier avec le médecin traitant du patient", et "en ambulatoire en relation avec le médecin traitant".

Mais "il convient préalablement de définir" le type de troubles pris en charge, "la sélection, par une labellisation ciblée, des profils de psychologues du vivier existant, correspondant aux attendus des soins de santé mentale", le cadre d'exercice de la profession de psychologue et "la voie de financement par l'assurance maladie", prévient-elle aussitôt.

Elle conseille donc de solliciter l'assurance maladie sur les modalités de prise en charge, ainsi que les agences régionales de santé (ARS) "pour la mise en relation sur un territoire entre les acteurs des PTSM et les professionnelles exerçant en exercice coordonné".

Il faut prévoir des "mesures financières" dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), ajoute-t-elle.

Dans les "conditions de réussite", Nicole Notat liste "l'adhésion des professionnels (psychologues, médecins généralistes…), ainsi que "l'homogénéité des formations avec un référentiel métier", et la finalisation des travaux en cours entre l'assurance maladie, la direction générale de l'offre de soins (DGOS) et la direction de la sécurité sociale (DSS), notamment. Dans un entretien à APMnews, début juillet, le délégué ministériel à la psychiatrie et à la santé mentale, Frank Bellivier, avait évoqué ces travaux qui visaient à "définir un premier cadre réglementaire qui permettrait de rembourser certaines activités des psychologues", sur la base d'un "binôme médecin généraliste-psychologue pour une activité de première ligne".

Dans son rapport, Nicole Notat appelle à un "point de vigilance" : "Seule la prise en charge sous prescription médicale devra être remboursée par l'assurance maladie."

Source :

APM news

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