Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Les activités cognitives semblent retarder de cinq ans la survenue d'une démence d'Alzheimer chez les seniors

Publié le vendredi 30 juillet 2021

WASHINGTON, 21 juillet 2021 (APMnews) - Le risque de démence liée à la maladie d'Alzheimer semble être retardé de cinq ans chez les personnes âgées de 80 ans qui ont des activités cognitives, suggère une étude américaine publiée dans Neurology.

Ces résultats suggèrent qu’"il n'est jamais trop tard pour commencer ce genre d'activités accessibles et peu coûteuses", comme lire, écrire, jouer aux cartes, faire des puzzles, se félicitent le premier auteur, Robert Wilson et ses collègues du Rush University Medical Center à Chicago, dans un communiqué de l'American Academy of Neurology (AAN).

En l'absence de traitement efficace, de nombreux travaux épidémiologiques portent sur l'identification de facteurs de risque potentiellement modifiables. "De précédents résultats ont déjà montré que les personnes ayant une activité cognitive élevée avaient un risque réduit de développer une démence", rappellent-ils.

En supposant que l'activité cognitive entretient la réserve cognitive, ils ont voulu savoir si elle permettait aussi chez des personnes plus âgées de retarder la survenue d'une démence liée à la maladie d'Alzheimer en particulier.

Pour cela, les chercheurs ont analysé les données de 1 903 personnes âgées (79,7 ans en moyenne, entre 53,3 et 100,5 ans) en bonne santé cognitive lors de leur inclusion dans une étude longitudinale sur le vieillissement et la démence. Elles devaient rapporter les activités stimulant les capacités cognitives auxquelles elles participaient et leur fréquence et subissaient un examen clinique annuel, présentant un score moyen de 3,2 points.

Au cours d'un suivi de 6,8 ans en moyenne, une maladie d'Alzheimer a été diagnostiquée chez 457 d'entre elles (424 cas probables et 33 cas possibles) à 88,6 ans en moyenne (entre 64,1 et 106,5 ans); elles étaient globalement plus âgées à l'inclusion (82,7 ans vs 78,7 ans) et avaient un niveau d'éducation moins élevé que celles restées sans démence.

Dans un modèle à durée de vie accélérée, un niveau plus élevé d'activité cognitive était associé à un âge plus avancé de survenue de démence d'Alzheimer: un score de 4 points était associé à une survenue à 93,6 ans en moyenne, alors qu'un score de 2,1 points était associé à un âge moyen de 88,6 ans.

Les analyses complémentaires sur les données ajustées sur les facteurs potentiels de confusion, notamment le niveau d'éducation et le sexe, ont donné des résultats similaires.

En revanche, les données d'anatomopathologie de 695 participants décédés n'ont pas mis en évidence d'association entre le niveau d'activité cognitive et les marqueurs post-mortem de maladie d'Alzheimer et d'autres démences.

Globalement, ces résultats suggèrent que chez les personnes âgées, un mode de vie cognitivement actif semble pouvoir retarder la survenue d'une démence d'Alzheimer de quelques années, concluent les chercheurs. D'autres travaux sont nécessaires pour confirmer ces résultats, notamment s'ils sont généralisables à des cohortes plus large, avec un écart d'âge et des expériences cognitives plus larges.

(Neurology, édition en ligne du 14 juillet)

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