Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Alzheimer : les femmes sous-représentées dans les essais cliniques évaluant de nouvelles molécules

Publié le mercredi 15 septembre 2021

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WASHINGTON, 14 septembre 2021 (APMnews) - La part des femmes incluses dans les essais cliniques menés sur la maladie d'Alzheimer est plus faible qu'en population générale alors qu'elles sont davantage touchées que les hommes, montre une méta-analyse publiée dans JAMA Network Open.

"Ces résultats soulignent la nécessité de développer des stratégies visant à augmenter la participation des femmes dans les essais cliniques sur la maladie d'Alzheimer", commentent le Dr Julie Martinkovla et ses collègues tchèques, suisses, norvégiens, australiens et autrichiens.

Il existe une hétérogénéité importante dans les facteurs de risque, la présentation et la progression de la maladie d'Alzheimer et les démences apparentées, potentiellement associée aux différences entre hommes et femmes.

"Celles-ci représentent une plus grande part des malades, en moyenne 68 % des cas en Europe et 62 % aux Etats-Unis", rappellent-ils.

Les différences femmes-hommes sont aussi probablement associées à l'efficacité d'un médicament testé mais elles sont finalement peu examinées.

Dans cette étude, les chercheurs ont réalisé une revue systématique de la littérature puis une méta-analyse de 77 articles concernant 56 essais cliniques randomisés, contrôlés portant sur un total de 39 575 malades d'Alzheimer.

Si les essais interventionnels incluaient 67,3 % de femmes lorsqu'ils étaient menés sur un médicament déjà homologué, cette proportion n'était que de 57,9 % pour des molécules expérimentales, une différence qui était statistiquement significative.

La part des femmes dans les essais cliniques menés sur de nouvelles molécules était aussi significativement inférieure à la moyenne des femmes touchées en Europe ou aux Etats-Unis.

L'analyse indique par ailleurs que les femmes étaient davantage incluses dans les essais cliniques menés sur des formes plus avancées de maladie d'Alzheimer et ceux menés en Europe.

Enfin, il apparaît que seulement 12,5 % des articles rapportaient des résultats en fonction du sexe, mais avec une tendance croissante dans le temps.

"Ces résultats montrent que globalement, dans les essais cliniques évaluant de nouvelles molécules dans la maladie d'Alzheimer, davantage de femmes que d'hommes sont incluses, mais en proportion moindre par rapport à la "vraie vie", ce qui suggère qu'il faudrait augmenter leur participation", concluent les chercheurs, faisant observer que cette sous-représentation existe notamment dans les études sur les accidents vasculaires cérébraux (AVC).

(JAMA Network Open, édition en ligne du 13 septembre)

 

Source : 

APM news

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