Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Covid-19 : mortalité accrue chez les patients souffrant de troubles mentaux

Publié le vendredi 13 août 2021

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WASHINGTON, 29 juillet 2021 (APMnews) - Les patients présentant des troubles mentaux ont une mortalité liée au Covid-19 plus élevée que les autres, selon une méta-analyse publiée dans JAMA Psychiatry.

Les preuves relatives à une association entre troubles mentaux et conséquences du Covid-19 sont hétérogènes. On ignore en particulier si les patients atteints de troubles mentaux et du Covid-19 sont plus à risque de décès, auquel cas ils devraient être ciblés comme population à haut risque de forme sévère du Covid-19, expliquent Guillaume Fond de l'université Aix-Marseille et ses collègues.

Pour leur revue de la littérature médicale et leur méta-analyse, ils ont recherché les études de cohorte basées sur la population, portant sur tous les patients chez qui le Covid-19 a été identifié, et explorant l'association entre troubles mentaux et mortalité.

Ils ont retenu 16 études réalisées dans 7 pays (Danemark, France, Israël, Corée du Sud, Espagne, Royaume-Uni, Etats-Unis), portant sur 19.086 patients ayant des troubles mentaux, couvrant la période de décembre 2019 à juillet 2020. Ces études étaient de bonne qualité et ne présentaient pas de biais de publication, soulignent les auteurs.

La probabilité de décès lié au Covid-19, après ajustement, était significativement augmentée de 38% chez les patients ayant des troubles mentaux par rapport aux patients sans troubles mentaux.

Chez les patients ayant des troubles mentaux sévères (troubles du spectre schizophrénique et/ou trouble bipolaire), le risque de décès lié au Covid-19 était le plus élevé, augmenté de 67%.

Ces patients doivent donc être considérés comme à haut risque de forme sévère du Covid-19 et nécessitent des stratégies de prise en charge et de prévention renforcées, concluent les auteurs.

D'autres études doivent être menées pour évaluer précisément le risque associé à chaque trouble mental, mais les risques les plus élevés sont retrouvés dans les études incluant des patients schizophrènes et/ou bipolaires, notent-ils.

(JAMA Psychiatry, publication en ligne du 27 juillet)

Source : 

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