Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Les demandes en santé mentale auprès des généralistes toujours plus importantes qu'avant la crise sanitaire (Drees)

Publié le mercredi 6 octobre 2021

PARIS, 6 octobre 2021 - Si les demandes en santé mentale auprès des médecins généralistes "semblent se stabiliser" depuis fin 2020, elles étaient toujours plus importantes entre avril et juillet 2021 qu'avant la crise sanitaire, constate la direction de la recherche, des études et de l'évaluation des statistiques (Drees), dans une étude publiée le 06 octobre 2021.

Cette étude est réalisée grâce à une enquête intitulée "quatrième Panel d'observation des pratiques et des conditions d'exercice en médecine générale", menée auprès de 3 300 généralistes libéraux, installés au 1er janvier 2018, ayant au moins 200 patients dont ils sont le médecin traitant, et sans mode d'exercice particulier exclusif, dans la France entière, hors Mayotte.

Lors de la quatrième vague d'enquête, entre novembre et décembre 2020, 72 % des médecins généralistes avaient estimé que les demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou dépressifs avaient été plus soutenues qu'avant l'épidémie de Covid-19.

La Drees publie le 06 octobre 2021 les résultats de la cinquième vague, à laquelle plus de 1 550 médecins ont répondu par internet ou par téléphone entre le 23 avril et le 16 juillet 2021.

"En avril-juillet 2021, les demandes de soins pour stress, troubles anxieux ou dépressifs restent plus soutenues qu'avant l'épidémie de Covid-19", constate ainsi la Drees, précisant qu'à nouveau, "72 % des médecins généralistes estiment que ces demandes sont plus fréquentes qu'à l'ordinaire". Un médecin sur cinq estime même "que leur nombre a augmenté de plus de 50 %".

"La tendance à la hausse de ce type de demandes, observée tout au long de l'année 2020, semble se stabiliser à un niveau élevé depuis fin 2020", souligne la Drees.

"Ceci traduit probablement la persistance, sur le moyen terme, d'une souffrance psychologique dans la population, liée aux conséquences sociales et économiques de la pandémie et des mesures mises en place pour l'endiguer", juge-t-elle.

Selon la direction, "ces résultats sont cohérents avec la forte augmentation de l'usage de médicaments antidépresseurs, anxiolytiques et hypnotiques depuis le début de la crise sanitaire en France" et avec la "hausse des syndromes dépressifs majeurs pour l'ensemble de la population pendant la crise sanitaire en 2020 par rapport à ce qui était observé en 2019", étudiée grâce à la première vague de l'enquête EpiCov.

En avril-juillet 2021, seuls 2 % des généralistes estiment que les demandes de soins liés à la santé mentale (stress, troubles anxieux ou dépressifs) ont diminué par rapport à une semaine ordinaire, avant de le début de l'épidemie de Covid-19. Drees.

"Comme cela a été observé fin 2020, les femmes et les médecins jeunes déclarent plus souvent réaliser plus de consultations pour les motifs liés à la santé mentale (84 % des médecins de moins de 50 ans constatent une hausse de ces consultations, contre 71 % des 50-59 ans et 64 % des 60 ans ou plus)", relève la Drees.

"Les médecins ayant un volume d'activité moins soutenu en temps normal sont également plus nombreux à indiquer une hausse du nombre de consultations liées à du stress, des troubles anxieux ou dépressifs (79 %, contre 70 % pour les autres médecins)", ce qui "pourrait peut-être s'expliquer par une plus grande disponibilité de ces praticiens pour suivre ces pathologies", souligne la Drees.

"Cette association est également retrouvée parmi les médecins exerçant dans les territoires les plus dotés en médecins généralistes", ajoute la direction.

Les trois quarts des médecins interrogés dans un département une semaine où l'intensité épidémique est modérée ou forte "constatent une hausse des demandes de soins liées à la santé mentale", rapporte la Drees, "contre 66 % des autres médecins".

Pour les autres motifs de consultation que la santé mentale, les niveaux semblent être revenus à la normale, constate la Drees.

"Pour la première fois depuis avril 2020, les médecins sont plus nombreux à déclarer un surcroît d'activité plutôt qu'une activité moindre par rapport à celle qu'ils avaient avant la crise", constate la direction, qui estime que cela "pourrait potentiellement s'expliquer par des effets de reports de soins, qui n'ont pas pu être pris en charge pendant les vagues épidémiques de 2020".

Dans une autre enquête publiée le 06 octobre, la Drees rapporte, grâce aux résultats issus de la deuxième vague de l'enquête EpiCov, que le "taux de syndromes dépressifs baisse entre mai et novembre 2020 pour retrouver des niveaux proches de ceux de 2019, sauf chez les jeunes".

 

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