Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Faible recommandation en faveur du cannabis médical dans la douleur chronique

Publié le mercredi 15 septembre 2021

LONDRES, 14 septembre 2021 (APMnews) - Un panel international a émis une recommandation "faible" en faveur du recours au cannabis médical ou des cannabinoïdes dans le traitement de la douleur chronique en plus de la prise en charge habituelle lorsqu'elle apparaît insuffisante, selon un article paru dans The BMJ.

Cet article relève de l'initiative prise par la revue médicale britannique de publier des "recommandations rapides" sur des sujets pour lesquels la pratique clinique a encore besoin de repères.

"Concernant le cannabis médical, une confusion sur son rôle dans la prise en charge de la douleur chronique a émergé avec la légalisation croissante de cet usage dans le monde, une consommation croissante par les patients, une formation insuffisante des prescripteurs lors de leurs études, et des orientations différentes entre les professionnels et les agences sanitaires", observent Jason Busse de l'université McMaster à Hamilton (Canada) et ses collègues.

Outre des médecins expérimentés, ce panel international a inclus des patients et des méthodologistes pour examiner la littérature et formuler des recommandations selon l'approche GRADE.

L'analyse a porté sur 32 essais cliniques randomisés évaluant principalement du tétrahydrocannabinol (THC) et/ou du cannabidiol (CBD), issus de la plante en majorité, sous forme de gélules ou spray par voie orale, pour le traitement de douleur chronique d'origine cancéreuse ou non (neuropathique, nociceptive ou nociplastique).

Il apparaît que le cannabis (ou les cannabinoïdes à usage médical, non inhalés), permet une "très petite hausse de la part des patients avec une douleur chronique obtenant une amélioration importante de la douleur et de la qualité du sommeil", avec un niveau de preuves élevé et modéré respectivement.

De manière similaire, il est démontré qu'il est possible d'obtenir une amélioration importante de l'état fonctionnel du patient sur le plan physique, mais pour seulement une très petite part de patients en plus.

Le niveau de preuves est de modéré à élevé pour de même une très petite part de patients obtenant une amélioration des troubles cognitifs, des nausées et vomissements, de la somnolence, des vertiges.

Le cannabis à visée médicale n'a en revanche pas de bénéfice sur le fonctionnement émotionnel ou social.

Le niveau de preuves était faible ou incertain sur un impact du cannabis médical, sur le recours aux opioïdes ou le risque d'une dépendance notamment.

Du point de vue des patients, ils préfèrent notamment des produits associant THC et CBD avec davantage de CDB.

Sur le plan pratique, le panel préconise, en cas de réponse insuffisante au traitement habituel, de débuter avec des produits à base de CBD à faible dose et d'augmenter progressivement la concentration et l'apport de THC en fonction de la réponse clinique et la tolérance du traitement, qui doit être étroitement surveillée.

"Des travaux de recherche sont encore nécessaires pour apporter des réponses à de nombreuses questions, comme l'efficacité selon les différents types de douleur, les doses et formulations optimales, le rapport bénéfice/risque d'un usage prolongé", ajoute le panel.

(The BMJ, édition en ligne du 9 septembre)

 

 

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APM news

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