Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Les personnes exposées au diabète de la mère durant la grossesse ont un risque augmenté de pathologies psychiatriques

Publié le jeudi 21 octobre 2021

WASHINGTON, 18 octobre 2021 - Les personnes nées d'une mère qui présentait un diabète durant la grossesse, qu'il s'agisse d'un diabète gestationnel ou pré-existant, ont, à l'âge adulte, un risque augmenté de nombreuses pathologies psychiatriques, montre une étude épidémiologique de grande taille et avec un suivi jusqu'à près de 40 ans, publiée par JAMA Network Open.

L'hypothèse d'une influence du diabète de la mère sur le risque psychiatrique des enfants passe par plusieurs mécanismes, tels que le stress oxydatif ou l'hypoxie du foetus, rappellent Raquel Nogueira, de l'hôpital universitaire d'Aarhus (Danemark) et ses collègues.

Des études épidémiologiques ont suggéré que l'exposition au diabète maternel augmenterait dans l'enfance les risques de trouble du spectre autistique et de trouble déficitaire de l'attention, avec ou sans hyperactivité, (TDAH).

Mais pour d'autres maladies psychiatriques, les données sont limitées, en raison notamment du fait que les personnes ont rarement été suivies au-delà de l'adolescence.

Les chercheurs comblent ce manque en publiant des données couvrant toute la population danoise avec un suivi de certaines personnes jusqu'à l'âge de 39 ans.

L'étude porte sur 2,4 millions de personnes nées entre 1978 et 2016, dont 1 % étaient nées d'une mère diabétique de type 1, 0,3 % d'une mère diabétique de type 2 et 1,1 % dont la mère a eu un diabète gestationnel. Parmi l'ensemble des personnes suivies, 6,4 % ont développé une pathologie psychiatrique.

Il s'avère qu'un diabète maternel durant la grossesse, quelle qu'en soit la cause, a été associé à une augmentation de 15 % du risque de pathologie psychiatrique.

Plus précisément, le risque de schizophrénie était augmenté de 55 %, celui d'anxiété de 22 %, celui de déficience intellectuelle de 29 %, celui de trouble du développement (incluant l'autisme) de 16 % et celui de trouble du comportement (incluant le TDAH) de 17 %.

Il n'y avait pas, en revanche, d'augmentation statistiquement significative de risque d'addiction, de trouble bipolaire ou de dépression, de trouble de l'alimentation et de trouble de la personnalité.

"Globalement, nos résultats soulignent l'importance de stratégies efficaces pour prévenir, dépister et traiter le diabète chez les femmes en âge de procréer, pour leur santé et pour la santé mentale de leurs enfants", concluent les chercheurs danois.

(JAMA Network Open, publication en ligne du 14 octobre)

 

Source : 

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