Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Phase II positive pour l'ibudilast dans le trouble de l'usage de l'alcool

Publié le mercredi 7 juillet 2021

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LONDRES, 24 juin 2021 (APMnews) - L'ibudilast, un inhibiteur non sélectif de phosphodiestérase, semble réduire le risque de consommation massive d'alcool, sans toutefois avoir un effet sur l'humeur, dans un essai clinique de phase II, selon les résultats publiés dans Translational Psychiatry.

Développé par MediciNova, l'ibudilast (composé MN-166) semble aussi agir sur le circuit cérébral de la récompense. Ce premier essai clinique montre que ce produit a démontré un grand potentiel dans la réduction du trouble de l'usage de l'alcool, se félicite le directeur médical de la société américaine, Kazuko Matsuda, dans un communiqué.

Cette étude clinique, menée avec le National Institute of Drug Abuse (NIDA) et le National Institute of Alcohol Abuse and Alcoholism (NIAAA), repose sur l'hypothèse neuro-immunologique de l'alcoolisme : la consommation excessive d'alcool activerait la microglie et augmenterait l'inflammation cérébrale puis la mort neuronale, rappellent Erica Grodin de l'université de Californie à Los Angeles et ses collègues.

En outre, l'humeur est aussi une caractéristique centrale des troubles de l'usage de l'alcool et la neuro-inflammation a également été impliquée dans les troubles de l'humeur.

Après des résultats positifs sur la prise d'alcool chez l'animal, les chercheurs ont évalué l'ibudilast chez 52 adultes avec des troubles de l'usage de l'alcool légers à sévères et une consommation au moins modérée (plus de 14 verres par semaine pour les hommes et plus de 7 pour les femmes au cours des 30 jours précédant l'inclusion), sans recherche particulière de traitement.

Ils ont été randomisés en double aveugle entre l'ibudilast (20 mg deux fois par jour pendant J1 et J2 puis 50 mg deux fois par jour) et un placebo pendant deux semaines.

A l'issue de la période de traitement, il apparaît que l'ibudilast n'a eu aucun effet significatif sur l'humeur négative des patients, que ce soit les jours avec ou sans prise d'alcool.

En revanche, l'ibudilast était associée de manière significative sur le plan statistique à un risque relatif rapproché (OR) de consommation massive d'alcool de 0,55 par rapport au placebo.

Par ailleurs, des examens d'imagerie IRM fonctionnelle ont mis en évidence que l'activation du striatum ventral par la prise d'alcool était atténuée chez les patients traités par ibudilast.

Ces résultats suggèrent que l'effet modulateur de l'ibudilast sur l'activation du striatum ventral réduit la motivation induite par l'alcool dans le cerveau, concluent les chercheurs.

Une autre phase II est en cours pour évaluer l'ibudilast en double aveugle auprès de quelque 130 patients avec un trouble de l'usage de l'alcool mais en demande d'une prise en charge sur trois mois, selon le registre américain des essais cliniques www.ClinicalTrials.gov, note-t-on.

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APM news

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