Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Plus d'anxiété et de dépression dans les secteurs de l'immobilier, des arts et spectacles et l'enseignement

Publié le jeudi 2 décembre 2021

SAINT-MAURICE (Val-de-Marne), 23 novembre 2021 (APMnews) - Les symptômes anxieux et dépressifs sont restés à des niveaux élevés en France sur l'ensemble de l'année 2020, en particulier chez les travailleurs des secteurs des activités financières et assurances, des arts, spectacles et activités récréatives et de l'enseignement, selon des données de l'enquête Coviprev publiées dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).

Coviprev est une enquête menée par vagues successives, interrogeant des échantillons de 2 000 adultes résidant en France métropolitaine représentatifs de la population. Elle a été mise en place au début du premier confinement en mars 2020 par Santé publique France pour connaître les comportements de la population au cours de cette "expérience inédite" et leur évolution.

De précédentes données pour la population générale ont déjà été publiées début 2021 et un an après le premier confinement.

Les résultats publiés portent sur les symptomatologies anxieuses et dépressives des actifs occupés, à savoir les personnes en emploi au moment de l'enquête, qu'elles travaillent, qu'elles soient au chômage partiel ou en arrêt de travail. Ils représentent entre 52% et 55% de l'échantillon selon la vague d'enquête.

Les analyses par secteur d'activité montrent notamment que lors du premier confinement, la prévalence des états anxieux était la plus élevée parmi les personnes travaillant dans les secteurs de l'immobilier (33,8%) et des finances et assurance (28,3%). Pour la dépression, les secteurs les plus touchés étaient les activités de services (24,6%), l'hébergement et la restauration (22,9%) et l'enseignement (22,6%).

Lors du déconfinement, ce sont les travailleurs du secteur des arts, spectacles et activités récréatives (33,8%) qui étaient plus touchés par l'anxiété mais aussi par la dépression (18,6%).

Enfin, lors du second confinement, la prévalence de l'anxiété était la plus élevée dans le secteur du commerce (26,5%) et celle de la dépression dans l'hébergement et la restauration (30,8%).

À l'inverse, travailler dans le secteur de la santé humaine et de l'action sociale, dans l'administration publique ou dans des activités spécialisées scientifiques et techniques semblaient protéger du risque de troubles anxieux. Les personnes du secteur de la santé humaine et de l'action sociale semblaient également mieux protégées contre le risque de dépression.

Les analyses par catégorie socioprofessionnelle indiquent que les professions intermédiaires ont un risque d'état anxieux réduit par rapport aux cadres. Les hommes en arrêt de travail, mais pas les femmes, avaient un risque accru de symptomatologie anxieuse.

Cette étude permet d'identifier des sous-groupes plus touchés par ces troubles de santé mentale, "première étape dans l'élaboration d'interventions ciblées". "Il semble qu'une vigilance particulière doit être apportée à certaines catégories de population", concluent les auteurs.

(BEH Covid-19, édition du 23 novembre)

Source :

APM news

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