Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Prévention du suicide : la formation des médecins généralistes et des jeunes eux-mêmes parmi les pistes les plus efficaces

Publié le mercredi 17 mars 2021

WASHINGTON, 15 mars 2021 (APMnews) - La formation des médecins généralistes et celles des jeunes eux-mêmes apparaissent parmi les approches les plus efficaces dans la prévention des comportements suicidaires, selon une méta-analyse américaine.

Entre 2005 et 2019, le nombre d'articles publiés sur la prévention du suicide a quadruplé par rapport à la littérature sur ce sujet au cours des 40 années précédentes, observent le Dr John Mann et ses collègues de l'université Columbia à New York dans l'American Journal of Psychiatry (AJP).

Dans cette méta-analyse, ils ont voulu déterminer les actions les plus efficaces sur les comportements suicidaires en particulier, et non aux idées suicidaires, en raison de leurs liens plus étroits avec les tentatives de suicide et les suicides.

Ils ont identifié plus de 20 000 articles publiés entre 2005 et 2019 et en ont finalement analysé 97, dont des essais cliniques randomisés et des études épidémiologiques évaluant différentes stratégies de prévention, à la fois des programmes de formation, le dépistage des personnes à risque élevé de suicide, les traitements pharmacologiques, les psychothérapies, les outils d'e-santé…

Selon l'analyse des données, les actions de prévention les plus efficaces sont tout d'abord la formation des médecins de premier recours dans la prise en charge de la dépression et l'évaluation de tels programmes à d'autres spécialités non psychiatriques, comme les gynécologues-obstétriciens.

Ensuite, les programmes d'éducation à la santé mentale ciblant directement les lycéens sont efficaces, mais pas ceux qui passent par l'intermédiaire des enseignants, et il faudrait évaluer leur extension aux collégiens.En prévention secondaire, l'éducation des patients hospitalisés avant leur sortie ou de passage aux urgences à cause d'une crise suicidaire représente également une méthode efficace, avec ensuite des contacts de suivi et un programme d'accompagnement par un psychiatre.

La troisième mesure efficace est de réduire l'accès aux armes à feu, qui représente une problématique particulière aux Etats-Unis.

D'autres approches sont également efficaces pour réduire le risque de comportements suicidaires mais apparaissent plus difficiles à élargir, notamment les psychothérapies efficaces, poursuivent les chercheurs.

Et inversement, d'autres options semblent facilement extensibles mais n'ont pas encore démontré leur efficacité prophylactique: la kétamine d'action rapide, le repérage des patients à risque sur internet, la surveillance à l'aide d'outils numériques, en particulier pour déterminer un passage à l'acte imminent, ajoutent-ils.

(AJP, édition en ligne du 18 février)

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APM news

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