Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Prévention du suicide : un mois après son lancement, le numéro national a reçu plus de 12 000 appels

Publié le mercredi 8 décembre 2021

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PARIS, 2 décembre 2021 (APMnews) - Le numéro national de prévention du suicide, le 3114, a reçu 12 286 appels entre le 1er octobre et le 1er novembre, a fait savoir Marie-Hélène Déchaux, directrice opérationnelle au pôle national du dispositif.

Elle s'est exprimée par le biais d'une visioconférence, retransmise lors du Congrès français de psychiatrie (CFP) qui se déroulait à la fois à Montpellier et en ligne. Plusieurs membres du pôle national du numéro national de prévention du suicide se sont exprimés lors d'une session.

Ouvert depuis le 1er octobre, le numéro national de prévention du suicide (2NPS) est accessible 24 heures sur 24, grâce à des centres (certains ouverts en journée, d'autres 24 heures sur 24) en cours de déploiement sur le territoire.

Entre le 1er octobre et le 1er novembre, le numéro national a reçu 12 286 appels, "ce qui témoigne, particulièrement pour les centres H24, d'une activité assez soutenue", a souligné Marie-Hélène Dechaux.

Charles-Edouard Notredame, coordinateur national adjoint du numéro national suicide, joint par APMnews, a précisé qu'au 22 novembre, plus de 15 000 appels étaient dénombrés. Il y a eu un "coup d'accélérateur" au lancement du numéro unique avec environ 900 appels par jour, et le leur nombre s'est depuis stabilisé, autour de 300 appels quotidiens.

Ces appels durent en moyenne 20 minutes, a observé mercredi Marie-Hélène Déchaux, précisant que ce numéro "s'adresse certes aux personnes [directement] concernées" mais "aussi à toutes [celles] concernées par l'ensemble du spectre suicidaire", tels que les proches, les personnes endeuillées par un suicide ou encore les professionnels.

Charles-Edouard Notredame a expliqué à APMnews que, si des données précises sur les profils des appelants ne sont pas encore disponibles, les "impressions cliniques" montrent que "les trois profils" des populations visées par le dispositif (personnes concernées, proches/proches endeuillés et soignants) "appellent tous".

Les personnes concernées sont les plus nombreuses à appeler, suivies par les professionnels de santé et par les personnes endeuillées. De même toutes les tranches d'âges, "même les plus jeunes", se sont emparées du 3114, a-t-il souligné.

Marie-Hélène Dechaux a annoncé que 10 centres sont "ouverts sur le territoire", dont "certains de manière complète mais pas tous". Trois centres fonctionnent 24 heures sur 24.

Lors de son intervention, Christophe Debien, responsable du déploiement national du dispositif, a annoncé que le centre de La Réunion, qui couvrira également le territoire de Mayotte, ouvrira "aux alentours du 15-18 décembre".

Il a rappelé que l'outre-mer est aujourd'hui couvert par le centre de Montpellier. D'autres centres ouvriront au premier trimestre de l'année 2022, a-t-il ajouté.

Formation initiale et modules complémentaires

Pierre Grandgenèvre, psychiatre et chargé de la formation des répondants au pôle national, a rappelé que les répondants ont tous participé à une formation initiale, comportant "différents modules".

Le premier module est une présentation des outils et des différents pôles du 3114, le deuxième aborde la manière dont les répondants peuvent établir un lien avec l'appelant, le troisième s'attache à leur apprendre à "identifier le problème" et le quatrième à "porter assistance".

Un cinquième et "dernier module concerne plutôt des appels spécifiques", dont "les appels fréquents", les "appels des endeuillés", les "appels des enfants et adolescents" et "les appels des tiers", a-t-il rappelé.

Le pôle national réfléchit désormais à la mise en place de "modules complémentaires", dont "la question du genre", le "handicap", les "inégalités sociales".

Par exemple, si tous les répondants sont sensibilisés à prendre en charge les appels des personnes endeuillées, un module complémentaire sera lancé, début 2022, sur cette thématique, a précisé Charles-Edouard Notredame, expliquant qu'a priori, tous les appelants participeront aux modules complémentaires.

En 2022, le dispositif s'enrichira également d'un chat, a expliqué Margot Morgiève, chercheuse au pôle national.

Marie-Hélène Dechaux a rappelé que le 3114 "n'est pas qu'un numéro national de prévention du suicide" mais aussi "un outil supplémentaire au service d'une stratégie globale prévention du suicide", portée par la feuille de route santé mentale et psychiatrie.

S'agissant du suicide, la feuille de route prévoit "également le déploiement et la généralisation du dispositif VigilanS", le "déploiement de la formation rénovée en prévention du suicide", et le déploiement du travail de lutte contre la contagion suicidaire Papageno, a-t-elle souligné.

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APM news

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