Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Psychiatrie : comment les établissements font face à la 4e vague de Covid‐19

Publié le vendredi 10 septembre 2021

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PARIS, 31 août 2021 (APMnews) - Les établissements autorisés en psychiatrie ont su faire face, dans l'ensemble, à l'été du variant delta, assurent les membres de la cellule nationale Covid psy, mise en place par la direction générale de l'offre de soins (DGOS) et le groupe opérationnel de psychiatrie (GOP), qui donnent aussi aux hôpitaux des recommandations, notamment sur l'application du pass sanitaire et la poursuite de la campagne vaccinale, dans un communiqué transmis lundi 30 août 2021.

La cellule nationale Covid psy, copilotée par le GOP et la DGOS, s'est réunie jeudi 26 août, est-il précisé dans le communiqué.Si "la vaccination de la population française ne cesse de progresser, y compris dans les établissements de santé (taux de vaccination entre 80 et 95 %)", la cellule relève pour autant que "le rebond épidémique annonçant la 4ème vague est, malheureusement, bien là et particulièrement préoccupant, voire dramatique dans certaines régions"."Les conséquences sur la santé physique et mentale sont alarmantes. Des renforts en personnels sanitaires intégrant des équipes Cump [cellule d'urgence médico-psychologique] ont été envoyés sur ces territoires et départements d'outre-mer, malgré les pénuries de personnels liées à la période estivale et aux difficultés de recrutement", souligne-t-elle."Une course contre la montre est bien engagée pour freiner et lutter contre le nouveau variant delta compte tenu des contagiosités, d'où l'importance de vacciner le plus de personnes possible dans un délai court", encourage-t-elle, notant que "la vaccination est le meilleur rempart contre les formes graves de Covid-19".La cellule nationale Covid psy rapporte qu'"en pratique, les établissements autorisés en psychiatrie ont maintenu les protocoles sanitaires dans leurs structures pour assurer la sécurité des patients, mis à profit la reprise de l'activité pour renforcer les actions d'éducation à la santé, mais aussi poursuivi l'accompagnement de la vaccination des patients psychiatriques vers les dispositifs de droit commun, tout en organisant aussi pour certains établissements publics de santé mentale (EPSM) des vaccinations en interne pour les patients peu accessibles aux campagnes de vaccination ainsi que pour leurs professionnels"."Les EPSM demeurent toujours en alerte, avec une filière de soin sous tension, tant pour l'activité en intra qu'en extrahospitalier, avec un pic de tension en début d'été, alors que les effectifs soignants sont allégés en raison des congés annuels", poursuit-elle.Les prises en charge "restent soutenues dans les services de soin et aux urgences psychiatriques".La cellule assure aussi que "dans des établissements autorisés en psychiatrie, des cas de clusters ou des cas sporadiques [de Covid-19] ont été relevés et gérés en interne dans chaque unité de soin grâce à l'acquisition d'expérience professionnelle sur la gestion de la Covid" et que "peu d'unités Covid-psy dédiées ont été réouvertes"."Peu de cas graves de patients ont été signalés et [ont] justifié un transfert en MCO [médecine, chirurgie, obstétrique]", note-t-elle."La mobilisation et la détermination des professionnels de la psychiatrie restent de mise pour assurer leur mission de soin habituelle, prendre en charge des patients contaminés dans les unités concernées, renforcer la vigilance des patients à haut risque sur le plan social, continuer le suivi des patients vulnérables sur le plan psychopathologique et cognitif, enfin éviter de nombreuses situations dramatiques sur le plan somatique au vu des comorbidités associées à un risque grave de Covid-19", assure la cellule.

Pass sanitaire: une enquête flash auprès des établissements

Au-delà du constat, les membres de la cellule évoquent dans leur communiqué l'obligation vaccinale des personnels des établissements de santé et constatent qu'"il demeure des professionnels indécis qui nécessitent une attention et une pédagogie particulières".Ainsi, "des échanges avec l'administration, les médecins et l'encadrement soignant au sein des équipes pluriprofessionnelles sont de nature, dans chaque unité de soin et service, à mieux informer les professionnels et appréhender les freins éventuels".Ils n'oublient pas que "la vaccination des patients souffrant de troubles psychiques est aussi un vrai enjeu", mais estiment que "la situation des patients souffrant de troubles psychiques a été prise en compte au vu de leur profil clinique, de leur parcours parfois chaotique, mais aussi de l'organisation des soins en psychiatrie dont la majorité des prises en charge est ambulatoire".Ils affirment néanmoins que "le pass sanitaire ne saurait constituer un obstacle à l'accès aux soins psychiatriques ambulatoires"."Une organisation pragmatique et sur mesure est mise en place pour accompagner ces nouvelles obligations légales", assure la cellule. Elle fait état d'une "enquête flash" portée par la Conférence des présidents de commission médicale d'établissement (CME) de centre hospitalier spécialisé (CHS), "adressée le 20 août aux CHS et aux CH pour recueillir les modalités d'organisation pour le pass sanitaire et relever d'éventuelles difficultés d'accès aux soins".La cellule Covid psy estime qu'en ambulatoire, "l'objectif" est de "délivrer [aux patients] une information appropriée à leur état de santé et à la nouvelle réglementation en vigueur relative au pass sanitaire, souligner l'importance de la vaccination et les accompagner si nécessaire pour la prise de RDV auprès des différents dispositifs de droit commun, enfin les aider à récupérer leur pass sanitaire téléchargeable" mais que "les nouvelles prises en charge et les suivis sont maintenus même si le patient ne dispose pas du pass sanitaire lors de son RDV ou lorsqu'il se présente spontanément pour un entretien de premier accueil infirmier"."Une attention particulière est portée aux patients ayant des comorbidités somatiques, en situation de précarité ou à haut risque sur le plan psychopathologique, y compris en programme de soin afin de ne pas fragiliser les prises en charge et entraîner de rupture de parcours s'ils ne disposent pas du passe sanitaire ou s'ils restent réticents en raison de leur état clinique", ajoute-t-elle.Elle encourage les équipes soignantes "à recenser les patients non encore vaccinés, à adapter au mieux l'information et proposer de les accompagner vers les centres de vaccination"."Pour les patients encore réticents ou ambivalents, leur situation est examinée et la prise en charge personnalisée le temps de les accompagner progressivement vers la vaccination. Aucun patient ne doit être mis sur le 'bord de la route'", prévient-elle.En hospitalisation, "les tests RT-PCR restent de mise et privilégiés au test antigénique pour toute nouvelle admission en unité de soin, que ce soit en entrée directe ou via les urgences avec accord des patients qui acceptent dans leur grande majorité".

La question de la 3ème dose

"Quel que soit le statut vaccinal (patient vacciné ou non), des tests virologiques sont pratiqués autant que de besoin, en fonction de certaines situations (retour de fugue par exemple, accès à des consultations spécialisées en MCO ou examens paracliniques exigés par des partenaires) ou devant des symptômes cliniques susceptibles de faire évoquer une infection par la Covid", demande-t-elle.Elle avertit que "l'absence d'un pass sanitaire ne peut être une entrave à la permission dès lors qu'ils [les patients] sont bien informés et en capacité de bien respecter les protocoles sanitaires"."Les patients sont informés de la possibilité d'un test virologique en cas de doute lors de retour de permission. Dans ce cas, les tests antigéniques peuvent être intéressants du fait de la rapidité du résultat et éviteraient d'isoler le patient plusieurs heures le temps de la réception du résultat", propose-t-elle. "En cas de résultat positif, un test PCR est pratiqué […]".Par ailleurs, "la question de la 3ème dose va également faire l'objet d'une attention particulière, les patients psychiatriques âgés de moins de 65 ans sont susceptibles d'intégrer les critères dans la mesure qu'ils sont à risque de développer des formes graves en raison de leur comorbidité", prévoit déjà la cellule Covid Psy.

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