Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

TDAH : les troubles du sommeil, comorbidité la plus fréquente avec les troubles anxiodépressifs chez l'adulte

Publié le mercredi 16 juin 2021

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PARIS, 11 juin 2021 (APMnews) - Les troubles du sommeil figurent, avec la dépression et l'anxiété, parmi les comorbidités les plus fréquentes rapportées par les adultes atteints de trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), selon les résultats d'une enquête sur le parcours de soins présentés jeudi lors d'un colloque sur le sommeil et les troubles du neurodéveloppement (TND).

Cette thématique était au coeur de la première journée de recherche participative du groupement d'intérêt scientifique (GIS) autisme et TND, qui s'est tenu virtuellement jeudi. S'appuyant sur des témoignages de patients et de familles diffusés tout le long de la journée, les cliniciens ont plaidé pour une évaluation systématique du sommeil.

L'association HyperSupers a présenté les données d'une étude participative menée avec l'université Paris-Nanterre, de mai à septembre 2020, auprès de 450 patients adultes. Dans cette population, la prévalence est estimée à 2,8%. Le TDAH apparaît dans l'enfance mais peut persister toute la vie, avec principalement comme symptômes une inattention, une hyperactivité et impulsivité, a rappelé la présidente de l'association, Christine Gétin.

Un diagnostic et une prise en charge précoces réduisent l'impact du TDAH sur la vie psychosociale et les risques d'autres troubles psychiatriques. Cependant, des enfants sont parfois non diagnostiqués et le restent jusqu'à l'âge adulte. Cette enquête avait pour but de mieux documenter le parcours de soins des patients adultes.

Un questionnaire anonyme a été diffusé aux membres de l'association et les réponses de 450 personnes ont été analysées. Dans cet échantillon, l'âge moyen était de 41,6 ans, avec 70% de femmes et 30% d'hommes; les répondants ont déclaré avoir ressenti de premières difficultés à 21,3 ans en moyenne, mais la moitié avant 18 ans. Par ailleurs, 18% étaient sans emploi (vs environ 9% en population générale).

Concernant les troubles qui coexistent, l'anxiété est le plus fréquemment rapporté, par un quart des répondants. Viennent ensuite la dépression et les troubles du sommeil, par 16% pour les deux.

Lucia Romo de l'Institut de psychiatrie et neurosciences de Paris (Inserm, université de Paris), également professeur à l'université de Nanterre et psychologue clinicienne au CH Sainte-Anne à Paris, a présenté les résultats détaillés de cette enquête sur le sommeil à laquelle 341 personnes ont répondu.

Dans cet échantillon, ils sont notamment 10,9% et 8,9% à s'endormir en plus d'une heure respectivement en semaine et le week-end. Environ un quart à près d'un tiers déclarent au moins trois réveils nocturnes, 24,3% en semaine et 31,9% le week-end.

Concernant la qualité du sommeil et du réveil, les deux tiers (65,7%) déclarent ne pas dormir suffisamment en semaine et encore plus de la moitié (52,2%) le week-end. Et même ceux qui pensent dormir suffisamment semblent fatigués au réveil car ils sont 83,9% à se déclarer ainsi en semaine et 74,2% le week-end.

Les trois quarts des patients estiment également que leurs troubles émotionnels ou du comportement ont souvent ou très souvent un retentissement sur leur sommeil. D'autres conséquences peuvent aussi avoir un impact sur le sommeil, note-t-on: 61,8% estiment aussi que leurs troubles émotionnels ou du comportement induisent souvent ou très souvent un usage abusif des écrans (télé, ordinateur, jeux vidéo), d'alcool pour 33,8% ou de cigarettes pour 35,1%.

Ces résultats montrent l'importance d'évaluer le sommeil notamment chez les adultes avec un TDAH, à la fois les habitudes de sommeil, la durée, le nombre de réveils, la qualité du sommeil et l'état au moment du lever, a conclu la chercheuse. Les problèmes de sommeil peuvent être pris en charge par des interventions en psychoéducation et en thérapie cognitivo-comportementale.

Il est également nécessaire d'évaluer la psychopathologie associée au TDAH, surtout l'anxiété, la dépression, le stress et les problématiques addictives, qui peuvent aussi avoir des répercussions sur le sommeil. Inversement, chez des patients ayant des troubles addictifs, anxieux et/ou dépressifs, il faut rechercher un éventuel TDAH.

Le double diagnostic peut exister et dans ce cas, une double prise en charge est nécessaire.

Source :

APM news

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Intérêt de la mélatonine dans les troubles du sommeil associés à des pathologies neurologiques (société savante)

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