Psychiatrie clinique, biologique et thérapeutique

Covid-19 : près d'un tiers des internes déclarent des symptômes de stress post-traumatique (Isni)

Publié le lundi 25 mai 2020

PARIS, 22 mai 2020 (APMnews) - Près d'un tiers des internes disent avoir des symptômes de stress post-traumatique, dans une enquête réalisée par l'Intersyndicale nationale des internes (Isni) sur l'impact psychologique de l'épidémie de Covid-19 sur ces jeunes praticiens, dévoilée vendredi.

Les internes ont dû affronter la crise sanitaire du Covid-19, "en première ligne" au sein des équipes hospitalières dans la lutte contre l'épidémie. Pour connaître le retentissement de cette expérience sur leur santé mentale, l'Isni a mené une enquête en ligne par un questionnaire relayé par son réseau et sur internet.

Entre le 20 mars et le 11 mai, 892 internes en médecine de toutes les spécialités ont répondu. L'intersyndicale a utilisé des échelles d'évaluation utilisées en psychiatrie: l'HADS (Hospital Anxiety and Depresion Scale), pour détecter la présence de dépression et d'anxiété, et l’IES-R (Echelle révisée d’impact de l’événement) pour les symptômes de stress post-traumatique.

Selon les résultats de son enquête, 47,1% des internes présentent des symptômes d’anxiété, 18,4% des symptômes de dépression (score supérieur ou égal à 11, correspondant aux cas "certains") et 29,8% de stress post-traumatique (symptômes modérés et sévères).

"Ces résultats montrent un impact très péjoratif de l’épidémie de Covid sur la santé mentale des internes en médecine", commente l'Isni, qui met également en ligne une série de témoignages. Ils "sont détaillés par discipline médicale et [pointent] une fréquence forte des symptômes dans toutes les spécialités".

Pour les symptômes de dépression, les résultats s'élèvent jusqu'à plus de 20% pour les internes en médecine générale (22,2%) et chirurgie (23,6%). Ils dépassent 50% s'agissant de l'anxiété (respectivement 51,3% et 50,9%). Dans ces deux spécialités, respectivement 35,9% et 40% des répondants ont déclaré présenter des symptômes de stress post-traumatique.

"L’épidémie a été très anxiogène pour les internes. L’arrivée d’un virus inconnu, la réalisation de nouvelles prises en charge de patients dans des états graves, la surcharge de travail, le manque d’encadrement, de tests de dépistage et de matériel de protection a accru le stress de ces jeunes professionnels", analyse l'Isni.

L'organisation relaie les cas fréquents de "cauchemars, reviviscences", l’"impression de ne pas arriver à faire face", le fait de "ne pas pouvoir en parler", ou encore l'"irritabilité" et les sentiments de "colère, anxiété, tristesse" ressentis chez les internes.

L'Isni a comparé ces résultats à ceux d'une enquête réalisée en 2017, qui avait déjà révélé un état psychologique précaire des internes en raison de la surcharge de travail, du "manque de formation et [de] l’isolement face aux responsabilités".

L'enquête réalisée pendant l'épidémie de Covid "montre une augmentation de la fréquence de ces symptômes".

En intégrant le seuil "de symptomatologie probable" (score compris entre 8 et 10), le résultat passe ainsi de près de 24% à 41,5% chez les internes en médecine générale pour la mesure des signes de dépression.

Les résultats de l'enquête de l'Isni

Source :

APM news

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